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Le Programme accélérateur pour les fournisseurs miniers de la compagnie minière Barrick Gold Corporation a récompensé neuf entreprises locales en leur décernant des attestations de formation sur différents domaines nécessaires à leur épanouissement. Les récipiendaires sont: 3R, African Trade Market and Services (ATMAS), Mandé Sarl, Groupement d’intérêt économique (GIE) les amis de la nature, Entreprises Traoré et Frères Sarl, Metalica… C’était lors d’une cérémonie tenue samedi dernier.

D’un coût total estimé à 275 millions de Fcfa, ce programme a été organisé par la société Baobab Intelligence and Development (BID) pour une durée de 13 mois. Il est conçu pour aider les entreprises du secteur privé à restructurer leurs activités et élaborer des plans de transformation.

En 2020, Barrick était à près de 304 milliards de Fcfa/an de dépenses en biens et services hors carburant dont 50% provenaient du Mali, a expliqué son directeur-pays. «Ceci est principalement dû à l’insuffisance de l’offre de biens et services fournis par les entreprises maliennes par manque d’organisation, de financement ou de capacité», a évoqué N’Golo Sanogo, rappelant que 95% de la ressource humaine de la mine de Somilo est constitué de Maliens.

Ce programme a permis la création, en 13 mois, de plus de 180 emplois directs. 83% des entreprise formées ont pu augmenter leurs chiffres d’affaires de 15 à 80% et payer environ 200 millions de Fcfa de taxes. 75% d’entre elles arrivent à servir d’autres clients au-delà de Barrick et du secteur minier. En outre, 67% de ces entreprises sont parvenues à développer de nouveaux services pour créer plus de valeur au niveau local.

Le directeur général du Complexe Loulo Gounkoto a confirmé que son usine travaille étroitement avec les fournisseurs locaux et internationaux. La priorité est toujours accordée aux entreprises locales «dans notre processus d’approvisionnement », a ajouté Abbas Coulibaly. Avec un budget journalier estimé à 723 millions de Fcfa, la mine se doit d’aller vers les entreprises qui peuvent garantir la fourniture des produits et des services de qualité et dans le délai. «Nous avons tout à gagner à collaborer avec les entreprises locales, pourvu qu’elles puissent effectivement répondre à nos exigences», a insisté Abbas Coulibaly.

Le président directeur général de PROSLABS a, au nom des récipiendaires, salué la pertinence de cette formation. «Beaucoup d’entre nous avaient des problèmes de structuration, d’organisation, etc. », a reconnu Issaka Ba. En la matière, ce programme leur a permis de découvrir l’importance du marketing et de la communication, la stratégie de développement des affaires, la gestion des finances et la comptabilité, la logistique et les opérations, la gouvernance et l’éthique, les normes qualité, sécurité, environnement et la gestion du capital humain. « De ces acquis et séances de networking, des partenariats sont nés entre nous pour l’avenir. Nous avons plus confiance en nous et allons compétir hors du Mali », a-t-il soutenu.

La prochaine cohorte de 15 entreprises sera bientôt choisie pour la deuxième édition du Programme accélérateur pour les fournisseurs locaux, a annoncé le directeur exécutif de BID, Mahamadou Diakité.

En marge de cette cérémonie, Baobab Intelligence & Development a lancé la Plateforme « reliable suppliers». Cette infrastructure digitale met en relation les entreprises locales et les demandeurs de services/produits. Les acheteurs et demandeurs de service auront accès à une base de données constituée de fournisseurs certifiés pour répondre à leurs besoins et exigences. BTP, laboratoire, automobile, mécanique, énergie, équipement et location d’engins lourds, logistique et transport, agro-alimentaire, hydrocarbure sont, entre autres, secteurs d’activité qui figureront sur la plateforme. Elle permettra aux entreprises de faire des appels d’offre ciblés vers les fournisseurs qui remplissent leurs critères, rendant le processus plus efficace tout en gardant la transparence.

Les entreprises qui y figureront seront catégorisées par niveau (1 à 4), a précisé Mahamadou Diakité. Le directeur exécutif de Bid a expliqué que leur niveau dépendra de leurs chiffres d’affaires, la structuration de l’entreprise, l’existence d’un système financier, l’expertise technique de l’entreprise, le paiement des impôts, les accréditations et certifications acquises, etc.

L’objectif, selon lui, est de promouvoir le contenu local en mettant en place des entreprises locales fiables pour donner l’opportunité aux sociétés minières et autres clients stratégiques d’avoir accès aux entreprises locales structurées et répondant aux standards de gestion de qualité. Il s’agit également d’augmenter la part des entreprises locales en les amenant à se structurer afin d’être davantage compétitives.

Oumar SANKARÉ

SOURCE : ESSOR