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Samedi 29 mars 2008, les Tamasheq noirs ont vivement condamné les actes de violence dans la région de Kidal sous toutes ses formes. C’était à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de la 3e édition du forum culturel intercommunautaire TEMEDT à Gao.

En effet, les responsables de l’association TEMEDT estiment que la violence compromet gravement la construction d’une société de paix et d’équité pour tous. “Nous ne pouvons bâtir une nation équitable sans paix et nous sommes convaincus qu’elle constitue une condition pour le développement qui vient la renforcer lui-même. Il est donc possible de marcher sur (ces deux principes) pour permettre à notre pays d’avancer et de créer les conditions d’équité incontournables dans une nation démocratique”, a déclaré Mohamed Ag Akeratane, président de TEMEDT.

Pour ces raisons et pour le fait que toutes les pertes en vie humaines sont inutiles et improductives, Mohamed a lancé un appel. “Nous demandons aux uns et aux autres une retenue militaire et médiatique, et de l’humilité même dans la guerre car elle se terminera toujours sur une table de négociation”, a-t-il dit.

Si cette situation d’insécurité perdure, elle risque de compromettre les efforts de TEMEDT contre l’esclavage. Pour Ibrahim Ag Idbaltanat, président de la coordination régionale du bureau TEMEDT de Gao, l’esclavage revêt encore au Mali des caractères inadmissibles.

Les cas de violation des droits humains persistent encore, parfois sous la forme la plus dégradante dans ce Mali démocratique du XXIe siècle. Je vous prie messieurs d’avoir une pensée particulière pour Iddar Ag Ogazide et son fils Ahmed âgé de 3 ans ici parmi nous, grâce à l’aide de Dieu et des services de sécurité.
Iddar vient de fuir les chaînes de l’esclavage à la recherche de la dignité ; son fils prêté depuis décembre 2007 à une maîtresse lui a été rendu hier seulement grâce à la gendarmerie. Ses 2 petits frères encore adolescents et orphelins sont toujours avec un maître, il semble qu’aux yeux de la loi Iddar ne peut prétendre à leur libération, c’est aux intéressés de se plaindre
”, a dénoncé Ibrahim Ag Idbaltanat.

Face à de telles exactions, TEMEDT n’hésite pas. Elle essaye même de frapper fort : “la promotion et la protection des droits humains constituent une des lignes de travail de notre association. Les cas de violations que nous avons dénoncés devant les tribunaux sont encore au point mort”, a laissé entendre le président de TEMEDT.

Hélas, la déception de l’association est grande. “Nous avons touché tous les ressorts pour que l’action judiciaire soit enclenchée mais la triste réalité est que justice n’est pas rendue dans le cas d’Ekadaye, cas connu comme celui de la vaillante Taché de Ménaka. Justice n’est pas encore rendue dans l’enlèvement de Moumou, car il n’est pas encore retourné en famille”, a témoigné Mohamed Ag Akeratane.

L’association TEMEDT compte aujourd’hui 17 000 membres et est représentée dans toutes les régions du Mali par un bureau. La 3è édition a été l’occasion de réunir tous les bureaux régionaux à l’exception de celui de Kidal. “Les camarades de la coordination régionale TEMEDT de Kidal ont travaillé sans relâche depuis le 10 avril 2007, pour nous assurer un forum exceptionnel à Kidal. Mais les circonstances malheureuses et dramatiques ont anéanti leurs efforts et nous ont ainsi privé de tenir ce forum à Kidal”, a déclaré le président de TEMEDT.

En dehors de délégations venues du Mali, le forum de Gao a également connu la présence d’associations étrangères luttant contre l’esclavage. Ainsi étaient représentées les associations Timidria du Niger, SOS esclaves de la Mauritanie et Anti-slavery de Londres.

Soumaïla T Diarra

Envoyé spécial

03 avril 2008.