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Conçu pour être un moment fort de mobilisation de la nation autour de l’école afin d’aboutir à des engagements de toutes les parties, le Forum national sur l’éducation doit aussi et surtout permettre de réunir un consensus large et solide autour des solutions réalistes concernant les problèmes majeurs de l’école. Mais certains de ses acteurs et non des moindres risquent de faire défection.

Le Forum national sur l’école, initié par le Premier ministre et qui doit se tenir en août 2008 est censé ouvrir de nouvelles perspectives pour l’école malienne plongée dans un guêpier.

Réussir à réunir tous les acteurs autour de la question de l’école est, selon de nombreux observateurs, l’une des conditions sine qua non, un préalable de la réussite du Forum qui vise, selon le président de la commission d’organisation, Salikou Sanogo, à « permettre à tout le monde de donner son avis sur l’école malienne afin de trouver des solutions aux problèmes qui l’assaillent ».
Mais, des affaires comme celles de l’agression du Pr.

Djibonding Dembélé et le maintien de la position de la Coordination des syndicats des enseignants du secondaire (Coses) qui a suspendu toutes ses activités pédagogiques n’incitent guère à l’optimisme une opinion nationale qui s’interroge sur la participation efficace des différentes couches socioprofessionnelles, notamment les enseignants.

Aujourd’hui, après la relaxe des présumés auteurs d’agression sur la personne de Djibonding Dembélé, le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) exige de l’Etat la poursuite et l’arrestation des vrais auteurs. « Les vrais auteurs de l’agression de notre camarade courent toujours.

Nous avons adressé une correspondance au gouvernement pour lui faire part de l’inquiétude de notre syndicat et l’on attend toujours la réponse », nous a confié le secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé.

De son côté, le secrétaire général de la Coses, Tiémoko Dao, explique que les rapports de sa Coordination avec l’Etat est dans un état de morosité. Il confirme que la Coses maintient son mot d’ordre de rétention de note et de boycott des examens. Il faut noter que les autorités ont organisé les examens de fin d’année (DEF, Cap BT et baccalauréat) sans les enseignants de la Coses. « Nous sommes à une période de morosité, rien n’a évolué », note-t-il.

A propos du forum, M. Dao révèle que la Coses est en pourparlers avec la commission d’organisation, mais conditionne déjà sa participation à l’acceptation de ses termes de références.

De petites phrases qui inclinent à penser que ces deux syndicats posent des préalables à leur participation à un forum qui est présenté comme la dernière chance de redressement de l’école malienne.

Amadou Waïgalo

22 Juillet 2008