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Le chef de l’Etat, qui a inauguré jeudi les travaux du Forum national sur l’éducation, a estimé jeudi que « si les enseignants prennent en otage les élèves, ils doivent aussi refuser leurs salaires ». Pour lui, on ne peut accepter une chose et son contraire.

Profitant de la tribune du Forum national sur l’éducation le jeudi 30 octobre 2008 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le président de la République, Amadou Toumani Touré, après un hommage à la corporation qu’il considère comme étant le métier le plus beau du monde, a été on ne peut plus rude à l’égard des enseignants.

Pour le chef de l’Etat, la profession d’enseignant dont il se réclame ne lui permet pas d’être indifférent aux problèmes de l’école même si parfois certains de ses « collègues enseignants » à ses dires ne le comprennent pas. « Je me suis engagé dans l’enseignement par devoir et par vocation. Donc, je ne peux être indifférent ». Selon ATT, le langage de vérité qu’il tient à ses « collègues » n’est pas pour les offenser.

« Lorsque j’ai dit que retenir les notes n’est pas élégant, ce n’était pas pour vous offenser » . Mais, a-t-il aussitôt regretté, d’autres ont compris autrement. « Je suis de même formation que vous ». Mais qu’à cela ne tienne ! Mais ATT dit ne pas toujours comprendre la rétention des notes, le refus d’évaluer. Sans être contre la grève, qui est d’ailleurs un droit, le président de la République ne peut toujours pas comprendre « pour quelle raison prendre en otage les enfants et accepter son salaire ».

Les violences à l’école, surtout celles exercées sur les maîtres par des élèves ou par des badauds recrutés pour la circonstance, ont été aussi abordées par ATT. « Le maître est sacré et inviolable », a-t-il dit. Le Mali, selon le chef de l’Etat, n’a jamais connu un tel comportement qui est de « bastonner » celui qui te donne le savoir qu’il dispense au prix d’un sacrifice énorme.

Pour ATT, s’il est bon de parler de la violence des élèves sur les maîtres, il est nécessaire de mettre le doigt sur le comportement de certains enseignants. Le respect chez nous s’entretient, a-t-il rappelé. « Ni yi yere ke mi ye, mi ye mi ye o yoyé » (Si tu te fais tel, on sait qui est qui).

Il a rendu un hommage de fierté à certains responsables qui ont porté haut le fableau de l’école malienne et qui ont été les majors de leur promotion dans les grandes écoles africaines. Il a cité, entre autres, le premier président du Mali indépendant Modibo Kéita, qui a été exemplaire lors de son passage à la prestigieuse Ecole William Ponty (Sénégal). L’école malienne, a-t-il ajouté, a formé dans le temps les meilleurs cadres de l’Afrique qui occupent aujourd’hui d’honorables responsabilités dans leurs pays respectifs.

Après tout, l’orateur du jour s’est demandé « comment on a fait pour en arriver là ». Une grosse pierre dans le jardin de tous les acteurs de l’école malienne mais aussi et surtout de ceux qui sont en contact direct avec les élèves et étudiants pour ne pas dire les enseignants.

Amadou Sidibé


Ils ont dit

Tiébilé Dramé ( président du Parena)

« Le Parena a préparé le Forum. Nous nous sommes rassemblés pour mettre, confronter nos idées. Je souhaite que le Forum national sur l’éducation soit une réussite ».


Pr. Bouba Diarra (directeur de l’EN Sup)

« Je souhait que les conclusions du Forum nous permettent de sortir l’école de la crise, de renforcer la formation des enseignants. L’enseignement est un métier, mais les gens y arrivent de partout sans formation ».

Counta Touré (société civile)

« Je souhaite que le Forum soit un remède aux problèmes de l’école malienne. Qu’après le Forum, chacun prenne ses responsabilités ! L’école est devenue un lieu de fantaisies, mais pas d’études ».

Moustapha Dicko(ancien ministre de l’Education nationale)

« Je pense qu’il est toujours bon de parler de l’école. Il est important de rassembler les idées pour faire avancer l’école ».

Adama Samassékou(ancien ministre de l’Education de base)

« Le Forum est une excellente opportunité pour mettre à plat les problèmes de l’école. Je voudrais qu’il tienne compte de l’importance des langues nationales. On ne pourra jamais faire une vraie école malienne sans la langue maternelle. Aucun pays du monde ne peut développer son école avec une langue étrangère ».


L’argent sur l’Ensemble instrumental

Avant l’intervention du président de la République à la cérémonie d’ouverture, l’Ensemble instrumental a interprété une chanson qui rend hommage aux enseignants. Cette chanson dit en substance que : « chacun, qu’il soit président de la République, ministre ou cadre, est passé entre les mains des enseignants ». La chanson a suscité l’engouement de nombreux enseignants présents qui ont arrosé le chanteur avec de billets de F CFA.


Embouteillage aux secrétariats

La cérémonie d’ouverture du Forum national sur l’éducation a été malheureusement marquée par des embouteillages aux secrétariats chargés de la distribution des documents. « On m’a invité mais l’on ne m’a rien donné », s’est plaint un enseignant. Chaque participant voulait avoir le premier ses documents.

Dix-sept ministres à l’ouverture

La cérémonie d’ouverture du Forum sur l’éducation a enregistré la présence de 16 membres du gouvernement en plus du Premier ministre. Ce qui explique l’importance capitale accordée par les autorités à cette rencontre consacrée à l’éducation. En outre, il y avait plusieurs anciens Premiers ministres et ex-ministres de l’Education nationale.


Rassemblés par

Sidiki Doumbia

31 Octobre 2008