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Le forum sur l’Education au Mali est considéré comme une rencontre ultime pour le Mali et les Maliens. Ce n’est pas la première fois qu’on organise un forum sur les problèmes de l‘école au Mali. La crise que connait l’école malienne est endémique et elle fait partie des situations qui ont conduit à la chute du régime de Moussa Traoré. Aussi, nul ne peut contester le rôle prépondérant joué par les élèves et étudiants dans les efforts de lutte ayant abouti à l’ouverture démocratique au Mali.

De même, des forces progressistes de la société civile et des acteurs politiques qui avaient procédé à un diagnostic sans complaisance de la situation politique et socio-économique avaient su conduire la lutte pour l’ouverture démocratique.


L’école, une préoccupation majeure

Cette démocratie est-elle une sinécure depuis sont aboutissement en Mars 1991? C’est cette question qui préoccupe beaucoup les Maliens, toutes sensibilités confondues. La crise scolaire qui perdure constitue une épine dans le processus démocratique malien.

L’école a été fortement politisée à la veille de l’ouverture démocratique. Malgré toute cette expérience accumulée au file des ans dans la pratique démocratique, les résultats obtenus dans le cadre de la gestion de l’école sont maigres.

En effet, plusieurs hauts cadres du pays dont des professeurs d’enseignement ont tenté vainement de résoudre la crise scolaire, au point que, souvent, on se demandait s’il y avait une réelle volonté politique d’obtenir des résultats tangibles et durables.

Mettre l’intérêt du pays avant tout

D’où l’organisation d’un forum sur l’école avec la participation de tous ceux qui sont intéressés par la question. Dans ce cadre, il y a eu plusieurs concertations en prélude à ce forum qui se veut la clé de voûte pour les problèmes de notre système éducatif. En sera-t-il véritablement le cas? Nul ne peut le jurer.

Espérons simplement que l’on soit en train d’aller là où se trouve la solution des problèmes qui se posent dans l’intérêt de toute la nation. Mais, pour ce faire, il importe que les parties prenantes aux concertation, puis au forum puissent se débarrasser des préjugés, de l’esprit revanchard pour s’intéresser uniquement à la recherche de solutions aux problèmes réels du système éducatif malien.

Les mentalités en cause

C’est seulement à ce prix que l’on peut être sûr d’arriver à des résultats satisfaisants. Auparavant, il faut souligner que les problèmes de l’école malienne, au-delà de sa forte politisation et des problèmes de son financement, surtout de la problématique de l’utilisation rationnelle des ressources affectées, sont aussi liés en partie aux mentalités, à une crise profonde d’éducation à la base qui défie tout esprit patriotique.

Aujourd’hui, plus que jamais, il faut une révolution culturelle car, les mentalités sont rétrogrades par rapport à l’évolution de la politique à un moment où nous assistons à tous les niveaux à la politisation à outrance de vie publique.

A défaut de pouvoir travailler à niveler ces deux aspects, il y a lieu d’accorder une attention particulière à la reconversion des mentalités, puisqu’après la révolution du 26 Mars, nous n’avons pas eu la chance de réussir le pari de la reconversion des mentalités pour l’atteinte des objectifs que nous visions à travers l’école qui est tout autre que ce que l’on voudrait qu’elle soit.


La crise est plus profonde qu’on l’imagine

Les relations entre les enseignants et les élèves et étudiants ne se sont jamais aussi dégradées que ces dernières années consécutivement aux crises du système éducatif malien. En effet, que n’a-t-on pas dit au sujet du comportement de certains enseignants qui défierait toute déontologie des enseignants.

On reproche en effet, à certains enseignants, de développer des relations d’amitié avec leurs élèves et étudiants, toute chose qui explique qu’il y a des comportements chez des enseignants qui méritent d’être corrigés. Au même moment, on constate avec regret que les élèves et étudiants ne sont pas toujours corrects envers leurs maitres.

Avec un tel arsenal d’indisciplines, il n’est pas évident que le climat dans l’espace scolaire et universitaire soit aussi sain qu’on le souhaite. Ce sont toutes ces lacunes et insuffisances qu’il faudra corriger pour avoir une école véritablement apaisée et performante.

Moussa SOW

16 Septembre 2008