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Regardons autrement le monde pour faire de la recherche pour l’être humain dans toute sa dimension. » Cette vérité a été assenée par le ministre algérien de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Saïd Barakat, lors de la toute première discussion du Forum ministériel mondial sur la recherche pour la santé.

Cette session qui s’est tenue lundi, quelques heures seulement après l’ouverture officielle du forum, était présidée par le ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, et a réuni ses homologues africains et d’autres pays. Au centre des discussions des ministres : le rapport de la rencontre préparatoire d’Alger qui contient notamment l’Appel à l’action ou la Déclaration de Bamako.

Dans ce document, qui sanctionnera la rencontre de Bamako, les ministres de la Santé et les représentants des ministres de 62 pays, invitent les gouvernements à donner la priorité au développement des politiques de recherche et d’innovation pour la santé. Ils estiment que la recherche n’est pas seulement l’apanage des pays développés. Les pays en développement doivent comprendre cela pour investir d’avantage dans ce secteur, soulignent-ils.

L’Appel à l’action de Bamako 2008 se veut aussi un plaidoyer pour l’amélioration des capacités des systèmes destinés à la mise en œuvre des politiques de recherche. Dans le document, les ministres de la Santé, en appellent à l’action pour assurer la traduction des connaissances par le développement d’interventions efficaces de politiques et de pratiques axées sur des bases factuelles, c’est-à-dire la gestion des résultats de la recherche.

Ils entendent engager les pouvoirs publics au renforcement de la collecte d’informations et de données fiables selon les normes internationales. A ce niveau, les ministres de la Santé souhaitent la maximisation de la mise à disposition -sans restriction- de ces données dans le domaine public.

Mais au delà des gouvernements, les partenaires et les autres parties concernées restent des alliés stratégiques en matière de recherche. Ils accompagnent à bien des égards, les efforts en matière de recherche pour la santé.

Leur réactivité est aussi nécessaire pour exploiter le potentiel de recherche en se basant sur les nouvelles sciences, les technologies émergentes et les innovations technologiques et sociales, afin d’aplanir les défis sanitaires. Ces défis s’annoncent comme des priorités liées au développement de la santé, à la sécurité sanitaire et aux systèmes de santé.

Les ministres et leurs représentants partagent la même vision sur la recherche pour la santé et les mêmes priorités ou presque en la matière. A ce titre, la recherche pour le développement de la santé figure en bonne place dans la Déclaration de Bamako.

L’objectif visé dans l’Appel à l’action de Bamako est de promouvoir le développement de produits et de technologies pour diminuer le déséquilibre actuel et l’iniquité relative à la différence en termes de ressources pour la recherche sur les maladies négligées.

L’Appel de Bamako est également une invite aux bailleurs de fonds de la recherche et de l’innovation mais aussi aux agences de développement. L’engagement de ces différents acteurs doit se concrétiser par l’investissement dans la recherche et le renforcement des capacités dans les pays africains.

A la lumière des discussions, il est apparu que le monde reste plongé dans une situation économique difficile et que les gouvernements doivent continuer à chercher les voies et moyens de sortir de cette impasse. La recherche sans être la panacée, peut permettre d’avoir des orientations et de planifier des stratégies efficaces d’intervention.

A Alger, les ministres s’étaient prononcés sur la question du financement de la recherche et avaient demandé aux bailleurs de fonds d’allouer 5% de leur intervention à la recherche. Pour le ministre burkinabé de la Santé, Seydou Bouda, il n’est pourtant pas nécessaire de fixer un taux. Le faire, juge-t-il, serait la négation du leadership en matière d’allocation budgétaire.

Le ministre Touré, président de séance, a souhaité que les questions déjà largement débattues à Alger, ne soient plus l’objet de discussions. « Les difficultés de la recherche ont été examinées. Nous avons pris des engagements. Il faut faire en sorte maintenant qu’on puisse les respecter d’ici fin 2009″, a-t-il fait remarquer.

B. DOUMBIA

19 Novembre 2008