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A l’occasion, toutes les têtes d’affiche du mouvement altermondialiste invités à Bamako étaient là et avaient tenu à rendre un dernier hommage au comité malien pour avoir accepté d’abriter l’événement.

Après un discours bilan de Diadié Yacouba Danioko, l’un des coordinateurs du comité national d’organisation sur la préparation du forum en terme de mobilisation des fonds et aussi de dispatching des différents ateliers à travers le territoire social mondial, c’est M. José Bové, qui au nom de tous les paysans du monde, prit le premier la parole.

« Pour nous paysans, déclara-t-il, ce forum social de Bamako a été un moment très important« . Pour la première fois, a-t-il ajouté, nous avons réuni des délégations paysannes venues de la totalité des pays d’Afrique.

« Sur ce continent, a-t-il poursuivi, les paysans représentent plus de 70% de la population. Il n’y a donc pas d’avenir pour une autre Afrique sans la participation des paysans« .

C’est avec la même vivacité dont il se caractérise que le leader de la confédération paysanne française, José Bové, dénoncera la mondialisation qui, selon lui, est en train de détruire la capacité de production. Face à la globalisation, comme alternative, il a proposé une agriculture paysanne.

Les OGM, dénoncés

Dans son discours, le défenseur de la cause paysanne a tiré profit du forum de Bamako pour, encore une fois, dénoncer les politiques de promotion des organismes génétiquement modifiés (OGM).

 » L’Agriculture paysanne c’est le droit des paysans aux semences, contre les OGM  » a-t-il déclaré. C’est en un mot le droit à la souveraineté alimentaire avant de remercier le comité malien pour avoir relevé le défi de l’organisation.

Il a eu une pensée pour les rescapés des drames des enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila, à qui il a dédié ce forum.

Après avoir remercié le comité national d’organisation, Taoufik Ben Abdallah du conseil social africain s’est félicité de la prouesse réalisée par le FSM de Bamako qui a réussi, pour la première fois, à faire participer au Forum plus de 40 pays africains. Une chose qui, à l’en croire, se passe pour la première fois dans un forum mondial.

« A Bamako, a-t-il indiqué, il s’agit pour nous de baliser le chemin de Nairobi« . Pour lui deux idées sous-tendent désormais leurs actions :
lancer la discussion sur le processus démocratique sur le continent afin d’élaborer la charte sur l’unité africaine, ensuite faire en sorte que le Forum de Nairobi change l’Afrique mais aussi le forum du Mali.

L’idée, a-t-il en outre ajouté, c’est qu’après Nairobi qu’on ne puisse plus dire que le forum social Mondial s’essouffle. « Ce que nous voulons c’est que le forum devienne un forum d’actions collectives où vont être élaborées des vraies stratégies de changement« .

Pour Bernard Bruno, membre du Conseil international, c’est en janvier 2005 que l’idée folle a été lancée d’organiser un forum Polycentrique c’est à dire avec plusieurs sites.

Un grand rendez-vous a été pris avec Nairobi, mais on ne savait pas que cela passera par Bamako, a-t-il déclaré.

Après avoir appelé à la solidarité avec le peuple opprimé de Palestine, M.
Bernard, sous un grand tonnerre d’applaudissements, invitera les participants à résister de plus belle à la pression néolibérale.

Enfin, c’est sous une grande ovation que le témoin a été remis à Wahukara, déléguée de Nairobi pour le prochain rendez-vous de 2007.

Presque en sanglots, elle a remercié le forum social africain, les participants avant de marteler : « personne ne peut arrêter cet avion pour un autre monde qui est non seulement possible mais qui arrivera… »

Oumar Diamoye

Un bosquet pour immortaliser l’événement

Pour marquer le passage du forum social mondial à Bamako, le ministère de l’Environnement a mis à la disposition du comité d’organisation du forum de Bamako une aire sur laquelle des enfants africains et européens ont planté près de 160 pieds d’eucalyptus et de palmiers.

Sis juste à l’angle du stade Omnisports Modibo Keïta, cet espace, selon Diadié Danioko, coordinateur du CNO, doit servir de témoin du passage du FSM à Bamako.

En laissant le soin aux enfants de planter ces nouveaux pieds d’arbres, il s’agit, selon lui de les préparer déjà à prendre la relève « c’est à eux qu’on va léguer le FSM… » a-t-il déclaré.

Dans un entretien qu’il nous a accordé M. Danioko est revenu sur les défis et les enjeux de l’événement. Selon lui un des grands acquis de la tenue du FSM chez nous, c’est d’avoir réussi à faire adhérer un grand nombre de nos compatriotes à la lutte du forum social.

« Il a fallu tenir cet événement chez nous pour que plusieurs personnes comprennent son enjeu mais aussi son utilité » a-t-il conclu.

25 janvier 2006.