Partager

Forum régional de la Cedeao sur la bioénergie : En vue de lutter contre le changement climatique et l’insécurité alimentaire

Le ministre de l’Énergie et de l’Eau du Mali, Habib Ouane, a procédé le lundi 19 mars à l’Hôtel Salam à l’ouverture du Forum régional de la CEDEAO sur la Bioénergie qui se déroulera jusqu’au 22 mars 2012. Avec plus de 200 participants venus du monde entier, ce Forum est organisé conjointement par le Centre régional pour les énergies renouvelables, le Brésil, les Pays-Bas, la Suède, les États-Unis d’Amérique, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et la FAO.

Après de brèves interventions des différents représentants du Brésil véritable exemple en matière de bioénergie et du PNUD sont tous deux unanimes dans l’urgence de collaborer efficacement avec la CEDEAO dans la réalisation de ce projet.

Le ministre de l’énergie et de l’eau du Mali, Habib Ouane, d’intervenir en soulignant que le présent forum se tient à un moment particulier pour le secteur de l’énergie de la sous-région, marqué par le renchérissement continu des prix des hydrocarbures, le faible taux d’accès des populations à l’électricité, le déficit chronique de l’offre face à la forte croissance de la demande d’énergie et l’état de vétusté des ouvrages de production, de transport et de distribution d’électricité, de surcroît aux capacités insuffisantes.

Cependant, le bois-énergie demeure toujours le premier poste de consommation dans les bilans énergétiques des États de notre espace sous régional, a-t-il ajouté.

Fort de ce constat, et afin de relever ces défis, les dirigeants de la sous région, à travers les institutions régionales, ont adopté des politiques volontaristes de développement du secteur de l’énergie, a déclaré le ministre de l’énergie et de l’eau. Il s’agit, d’après lui, du livre blanc de la CEDEAO fixant les objectifs de taux de couverture totale en énergie de la zone CEDEAO, du Programme d’Accès aux Services Énergétiques modernes, du Système d’Échanges d’Énergie Électrique Ouest Africain de la CEDEAO et de l’Initiative Régionale pour l’Énergie Durable de l’UEMOA.

Pour Habib Ouane, cette rencontre a deux objectifs essentiels. Celui d’initier le dialogue et l’échange d’expériences pour appuyer les États membres de la CEDEAO dans le processus d’élaboration de leurs stratégies en matière de bioénergie et celui de contribuer à la satisfaction des besoins énergétiques des populations et créer un secteur dynamique et durable de la bioénergie moderne, a-t-il dit.

Selon le ministre de l’énergie et de l’eau, ce forum doit favoriser la création d’une filière de la bioénergie dans le respect des conditions environnementales et sociales, élargir et accélérer le développement et le déploiement de la bioénergie moderne et durable, créer une synergie entre les différents acteurs de la filière, évaluer exactement notre potentiel en ressources naturelles et en effectuer la cartographie pour une production durable de biocarburants.

En plus de ceux-ci, il doit permettre, entre autres, de proposer des technologies matures de conversion efficiente de la biomasse en biocarburants, d’intégrer les systèmes aliment-énergie avec les systèmes agro forestiers et enfin et surtout dégager un consensus entre les différents acteurs concernés dans les pays de l’espace CEDEAO, à savoir les décideurs politiques, le secteur public, le secteur privé, la société civile et le public en général.

Par ailleurs, il a été relevé dans un document que durant ces dernières années, la biodiversité moderne a fait l’objet d’un intérêt dû, d’une part, à ses potentialités en matière de développement climatique rural et d’atténuation des effets du changement climatique et, d’autre part, à son importance comme énergie de substitution étant donné le prix élevé du pétrole.

Il a été, enfin, spécifié que les préoccupations concernant les impacts négatifs possibles du développement de la bioénergie moderne et les exigences de durabilité introduites dans des marchés d’importation clés ont entrainé l’élaboration d’une série de normes volontaires visant à assurer la durabilité de la production biométrique.

Moulaye HAIDARA

20 Mars 2012