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Le jeudi 30 Octobre 2008, le Président de la République, Amadou Toumani Touré, a procédé à l’ouverture des travaux du Forum National sur l’Education, au Centre International de Conférence de Bamako (CICB), en présence du président du Comité d’organisation du Forum, le Pr. Salikou Sanogo, des deux ministres entre charge de l’Education, du président de l’Assemblée Nationale, des membres du Gouvernement, des Gouverneurs de régions, des Maires du District, des acteurs de l’Ecole…

Rappelons que depuis plus de six mois, sur l’initiative des plus hautes autorités du Mali, les acteurs de l’Ecole malienne se sont réunis en vue de diagnostiquer ses maux, de manière structurelle et conjoncturelle, et d’y apporter des solutions convenables durables, sinon pérennes.

De l’intervention du Pr Salikou Sanogo, il ressort que ces réunions ont été initiées à travers l’organisation de 2 ateliers avec les responsables techniques des deux départements en charge de l’Education, 20 ateliers thématiques qui ont regroupé plus de 1500 acteurs de l’Ecole, et des concertations régionales (en deux phases) dans toutes les régions du Mali, qui ont regroupé plus de 4000 citoyens. Ces réunions avaient pour but de se mettre à l’écoute des voix les plus réputées en la matière. D’où trois conférences de presse, des visites de courtoise faites à plusieurs couches de la société…

Découlant du processus de ces travaux, la finalité du Forum, déclinée dans le slogan des assises, à savoir “Vers un nouveau contrat social pour l’Ecole malienne !”, est ainsi de parvenir (entre autres) à une prise de conscience nationale que notre Ecole va mal et qu’aujourd’hui, elle est, d’une part, non seulement inadaptée aux évolutions majeures de la société malienne et à celle du monde, mais elle déverse chaque année une cohorte de jeunes déscolarisés et de jeunes diplômés sans emploi et sans perspectives d’avenir.

D’autre part, elle est en rupture avec ses propres valeurs cardinales et avec les valeurs de notre société, avec les engagements et les actions de l’ensemble des acteurs, pour la mise en œuvre d’une solution durable et soutenable pour construire l’école malienne de demain.

Durant les travaux (qui se dérouleront du 30 Octobre au 2 Novembre) les participants (Etat, parents, élèves et étudiants, enseignants, syndicats, secteur privé,…) feront, non pas seulement l’état des lieux, mais aussi un vrai examen de conscience sans complaisance, afin de répondre à cette exigence de rigueur, de profondeur, de réalisme, de pragmatisme et d’objectivité, sur la finalité de notre système et sur les voies et moyens de donner souffle et vie à la nouvelle école malienne. Les principaux acteurs et partenaires prendront également des engagements et poseront des actes devant la Nation entière.

Aussi, le forum vise-t-il ces objectifs : mettre l’ensemble des acteurs de l’Ecole face à leur responsabilité respective, sur la base d’un état des lieux participatif, sans concession, et prendre des engagements sur les réponses ; parvenir à un consensus national large et solide sur les solutions réalistes, durables et soutenables pour le pays, et à mettre en œuvre pour sortir de cette impasse.

L’appel du Président de la République


Aussi, le Président de la République, de signaler :
Nous savons tous, nous en avons tous conscience, que c’est une partie importante de l’avenir du Mali qui s’écrit dans ce Forum… Depuis des années, séminaire après séminaire, colloque après colloque, nous soulignons les incohérences de notre système éducatif et les succès obtenus en la matière par d’autres pays de la région, sans pour autant en tirer les enseignements pour nous mêmes ”.

Et ATT, d’interpeller :Aujourd’hui, nous nous devons tous, ensemble, d’approfondir le diagnostic, sans complaisance aucune, de notre système éducatif, appréhender les causes profondes de la crise qu’il traverse, dégager une vision partagée de la mission de notre école, face à l’avenir“.

En effet, qu’il s’agisse de la Réforme de 1962, du Séminaire National sur l’Education de 1978, des Etats Généraux de 1989, ou du Débat National de 1991, ces différentes concertations périodiques, autour de l’Ecole, ont permis d’impulser des orientations et Réformes importantes, a ajouté le Chef de l’Etat.

Les efforts du Gouvernement

Selon le Président de la République, si les maux de l’Ecole ne tenaient qu’aux seuls aspects de l’insuffisance des infrastructures, des effectifs pléthoriques, du manque d’enseignants, de bibliothèques ou de laboratoires, les efforts déployés par le Gouvernement et toutes les réalisations de ces dernières années, qui témoignent des dispositions à y apporter les réponses appropriées, auraient suffi à guérir les maux de notre Ecole.

Depuis plusieurs années, le Gouverment, avec l’appui des partenaires au développement, a œuvré à la réalisation d’infrastructures scolaires et universitaires, à la formation et au recrutement des enseignants, a fait savoir ATT. Ces efforts ont permis d’améliorer significativement les indicateurs de l’Ecole, avec une augmentation du taux brut qui se situe aujourd’hui à plus de 80%, devant permettre au pays d’avoir un système éducatif performant.

Conscient qu’un système éducatif performant est une gestion efficiente des ressources publiques affectées à l’Education, ATT indiquera que chaque ressource dépensée doit être soutenue par une activité débouchant sur des résultats concrets. C’est-à-dire que plus de jeunes Maliens sont instruits, qualifiés, et ont un emploi, plus les valeurs de la République sont respectées.

D’où l’engagement de l’Etat à accroître les ressources destinées à l’Education, qui représenteront 33,17% dans le Projet de Budget 2009 récemment adopter par le Conseil des Ministres, contre 30,98% dans le Budget 2008 rectifié.

Mon objectif est de porter ce ratio à 35%, à l’horizon 2012”, a-t-il souhaité, avant d’ajouter qu’un système éducatif performant, c’est aussi la valorisation de la fonction enseignante, l’amélioration des conditions de vie et de travail de l’enseignant, y compris la formation continue.

C’est également une bonne articulation entre les différents niveaux d’enseignement ; c’est un système qui ne laisse personne sur le chemin ; c’est créé des opportunités réelles d’insertion professionnelle, pour tous les sortants des différents ordres d’enseignement.

Moussa TOURE

31 Octobre 2008