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C’est parti depuis hier pour trois jours les concertations régionales sur l’éducation pour examiner de façon globale et sans complaisance les problèmes liés à notre système éducatif. Il s’agit de contribuer ensemble, afin de sauver l’école malienne, à rebâtir le système éducatif. Pendant que le District de Bamako tenait sa concertation, au même moment, les huit régions tenaient également leurs concertations régionales sur l’éducation.

A Bamako, la cérémonie d’ouverture était présidée hier par le Gouverneur du District de Bamako, Ibrahima Féfé Koné, accompagné par le maire du District Adama Sangaré et le Directeur National de l’Education de Base Souleymane Koné, membre de la commission Enseignement de Base, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales. Les concertations seront animées par l’ensemble des acteurs et partenaires de l’école sans distinction.


Les thèmes à débattre

Au cours de ces trois jours de concertations régionales, les participants se pencheront sur divers thèmes. Il s’agira entre autres de la gestion du système éducatif malien ; la gestion de l’école à mode décentralisé, l’organisation générale notamment du système éducatif malien, les problèmes de formation des enseignants, ceux liés aux programmes scolaires, aux méthodes d’enseignement à l’éducation non formelle, les problèmes de filières de formation au niveau du secondaire et du supérieur, évidemment la gestion des bourses.

Pour examiner ses différents thèmes, les participants seront partagés entre plusieurs sous-commissions à l’issue desquelles ils formuleront à travers des discussions, des recommandations qui seront soumises au forum national sur l’éducation qui se tiendra dans la première semaine du mois de septembre prochain.


L’éducation en mode décentralisé

A la cérémonie de concertations régionales sur l’éducation, le maire du District de Bamako dira que l’examen du thème sur la question de l’école en mode décentralisé devra nous permettre d’aboutir à une lecture partagée des textes sur le transfert des compétences et des ressources, un des goulots d’étranglement de la gestion scolaire. Donc, il s’agit de trouver ensemble des solutions aux problèmes de notre école.

En effet, depuis 1990, notre école n’a pas connu une seule année scolaire normale. Il nous faut donc trouver des solutions aux maux qui rongent notre école, a-t-il déclaré. Par ailleurs, devenue alors un sujet d’inquiétudes pour toutes les couches sociales, la crise scolaire connaît des conséquences insupportables qui nous interpellent tous.

Il ne s’agit plus, disait-il, de mettre cette crise au compte du laxisme étatique ou des parents d’élèves, de l’interférence politique dans l’espace scolaire. Il s’agit en réalité d’une crise structurelle. La gestion de crises scolaires nous interpelle tous et il faut privilégier le dialogue et la concertation dans sa gestion. Tous les sacrifices doivent être faits pour l’avenir de nos enfants, a déclaré Adama Sangaré avant de souhaiter la bienvenue aux participants.


L’objectif

Selon Souleymane Koné, cette deuxième étape qui porte sur des concertations régionales pour les préparatifs du forum national sur l’éducation consiste à faire ressortir les spécificités régionales et locales les acteurs de l’école, leur vision sur les problèmes de l’éducation malienne. Le travail des commissions consiste également à écouter les gens qui exposeront leurs problèmes, motiveront leurs solutions et recommandations.

Ces commissions n’ont nullement le droit de juger ni de faire de partie pris mais ramener les gens au coeur du débat. En effet, bien avant, il y a eu des états généraux de l’éducation 1999, encore la table-ronde sur l’Education de Base en 1991, le débat national sur l’éducation, les journées de réflexion sur la nouvelle école fondamentale, des rencontres autour du PRODEC, bref, il faut évaluer le chemin parcouru, a confié le Directeur National de l’Education de Base.

Pour que ce forum ne soit pas un de plus, il faut profiter de la situation actuelle de l’école dans ses acquis et insuffisances en faisant des propositions de solutions. Car le système éducatif a tourné le dos à la qualité depuis deux décennies. Le système plonge de plus en plus dans la médiocrité, d’où la nécessité de mobilisation de tous autour de cette crise éducative.

Il a aussi fait ressortir la différence entre l’école républicaine de 1962 à l’école d’aujourd’hui. Selon lui, les deux systèmes sont incomparables si la réforme éducative de 1962 était dans un régime socialiste par contre, aujourd’hui nous sommes dans un régime libéral. Aussi, le niveau dans nos écoles actuelles, est médiocre contrairement au passé où un diplôme malien n’avait rien à envier aux autres dans la sous-région.

Les concertations viennent à point nommé

Dans son discours d’ouverture, le Gouverneur du District de Bamako a souligné que les concertations régionales sur l’éducation viennent à point nommé. En effet, dans nos campagnes comme dans nos villes, dans nos familles comme à l’école, l’éducation en général et l’éducation formelle en particulier, est devenue une préoccupation de tous les jours.

Les années scolaires sont endémiques et connaissent de grandes perturbations à tous les échelons, les cours ne sont plus dispensés avec sérieux, à cela s’ajoutent les pratiques antipédagogiques incompatibles avec nos valeurs traditionnelles. Il s’agit là du travail, de la discipline, de l’honnêteté et du courage. Toutes choses qui avaient fait la réputation de notre cher pays.

Selon Ibrahima Féfé Koné, la situation de l’école malienne mérite une attention particulière. Face à cette situation, nous n’avons pas le droit ni le choix de démissionner. Au contraire, nous devons être plus actifs dans le combat que nous menons pour la sauver. En plus, nous devons être plus imaginatifs, plus entreprenants face à la situation avec des moyens humains et matériels pour ainsi faire rayonner notre école.

Nous devons encore être en phase avec le monde moderne et pour cela aucun sacrifice ne sera de trop pour une solution durable de l’école venant de nous-mêmes, a indiqué ainsi le Gouverneur du District. Pour atteindre ces objectifs, nous devons rompre avec des solutions sectorielles et ponctuelles, celles importées ou le mimistisme plat qui ne mènent à rien de concret.

Par ailleurs, dans le District de Bamako, les problèmes de l’école sont nombreux et complexes d’après le Gouverneur, il touche tous les ordres d’enseignement comme si les responsables venaient d’ailleurs.

Où comme si nous attendions d’eux des solutions miracles ou divines pour sauver l’école malienne. Il a surtout rappelé que les plus hautes autorités de l’Etat attendent des participants une analyse approfondie pour qu’à jamais soit bannies dans nos langages officiels des années facultatives, blanches ou qui chevauchent.

Car l’école demeure le socle de l’unité, le rempart contre le sous-développement, la garantie de notre survie de demain pour le mieux être des générations futures.

Hady BARRY

26 Août 2008