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Dans un document qui nous est parvenu, le Pr. Dialla Konaté éclaire les lanternes sur la question de la mise en œuvre des recommandations issues du Forum national sur l’éducation, organisé en 2008 par le gouvernement pour résoudre les multiples problèmes dont souffre l’école malienne.

Trois ans après, ces problèmes persistent et se manifestent principalement par des grèves intempestives des syndicats d’enseignants. La question de la mise en œuvre de ces recommandations qui est présentement source de beaucoup de polémiques, doit faire objet de précision. En effet, c’est à cet exercice que le Pr. Dialla Konaté s’est attelé, car contrairement à ce que pensent beaucoup de personnes surtout les enseignants, la question n’est pas juridique.

Le Forum sur l’éducation, tenu en 2008, avait formulé 490 recommandations. L’éducation de base a à sa charge 137. Celles-ci visent, entre autres, l’application stricte du règlement intérieur de l’enseignement fondamental, l’utilisation des langues nationales dans les domaines de la vie publique, la poursuite de la mise en œuvre de la pédagogie convergente et du curriculum, la valorisation de la fonction enseignante, l’installation de structures centrales nouvelles, la création d’un fonds national pour l’éducation et la démocratisation de l’école.

Le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle est aussi concerné par la mise en œuvre des recommandations. Parmi celles qui le concernent figurent la révision de l’ensemble des programmes d’enseignement et la création de nouvelles filières et séries, la redéfinition des missions de la direction nationale de la formation professionnelle.

Parmi les 490 recommandations élaborées, 152 sont du ressort de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Ces recommandations se rangent en 4 axes. Le premier concerne la gouvernance, le deuxième la gestion des ressources humaines, le troisième vise les politiques, stratégies et plans de développement de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Le dernier axe est relatif aux œuvres universitaires.

Le Pr. Salikou Sanogo, ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales, précédemment président de la commission d’organisation du Forum national sur l’éducation, dans une déclaration faite dans un journal de la place, a affirmé clairement que le gouvernement ne s’était pas engagé à appliquer les recommandations du forum. « Cette déclaration est en contradiction avec mes déclarations précédentes rappelant constamment les engagements du gouvernement à appliquer les recommandations du Forum », déclarera le Pr. Konaté.

Se référant au discours officiel de clôture du Forum par le Premier ministre, le décret 08-724/PM-RM du 2 décembre 2008 de création du groupe de travail, le décret 08-723/PM-RM du 2 décembre 2008 de création du comité interministériel de suivi du Forum, le Pr. Dialla Konaté affirme que les deux décrets en leurs articles deux contredisent très clairement les déclarations du Premier ministre disant que les recommandations du Forum auront force de loi.

Ces articles, dira-t-il, établissent que le gouvernement en dernier ressort choisira lesquelles des recommandations il souhaite appliquer et le rythme et les délais. « Cela m’a amené à relire les textes du protocole du 22 janvier 2010 avec vigilance. Ce document n’est pas un engagement juridique à satisfaire les doléances de nos collègues », a-t-il poursuivi.

Au vu de tout cela, le Pr. Dialla Konaté a reconnu que le ministre Salikou Sanogo a raison « le gouvernement avait dit clairement (longtemps après le forum, il est vrai) qu’il n’appliquera que les recommandations de son choix et au moment de son choix ».

Ces éléments, selon le Pr. Dialla Konaté, devront nous amener à revoir une stratégie pour continuer la lutte en y associant une campagne d’explication. « Je suis prêt à utiliser mon compte professionnel de vidéoconférence pour organiser si cela est le souhait de la communauté, une conférence rassemblant des collègues avec le Snesup pour débattre de la stratégie et de considérer la continuation de la lutte par d’autres moyens que la grève illimitée ».

A côté de cela, il faut dire que le Mali a entamé le processus de basculement dans le système licence-master-doctorat (LMD). Le Pr. Dialla Konaté, convaincu que ce système est mal compris de la population, promet d’écrire très prochainement si son emploi du temps le permet, pour une explication sur ce sujet.

Amadou Waïgalo

Ramata S. Kéita

(stagiaire)

30 Juin 2010.