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Les travaux du Forum national sur l’éducation ont débuté hier au Centre international de conférences de Bamako. Cette rencontre à laquelle prennent part quelque 600 partenaires de l’école malienne ambitionne de redonner à notre système éducatif les vertus qui faisaient sa fierté d’antan. Durant quatre jours, les participants tenteront, dans les différents ateliers, par le dialogue, la concertation et la compréhension mutuelle, d’accorder le système éducatif aux objectifs de développement socio-économique de notre pays.

La cérémonie d’ouverture était présidée par le chef de l’État, Amadou Toumani Touré. Il avait à ses côtés le Premier ministre, Modibo Sidibé, les deux ministres en charge de l’éducation, le professeur Amadou Touré et Mme Sidibé Aminata Diallo et le président du comité d’organisation du forum, le professeur Salikou Sanogo. Elle s’est déroulée en présence de nombreux responsables anciens et actuels du monde de l’éducation.

Dans son discours d’ouverture, le président de la République a rendu hommage aux partenaires de l’école et critiqué des comportements peu honorables qui ont cours dans le monde scolaire, tant du côté des enseignants que de celui des élèves.

Amadou Toumani Touré a félicité le comité d’organisation du forum pour le remarquable travail préparatoire fourni, les Maliens de la diaspora pour l’enthousiasme avec lequel ils ont accueilli la tenue de ces assises et la qualité des débats qu’ils ont animés sur internet à ce sujet. Ces actes témoignent de l’attention que les Maliens accordent au devenir de leur école et prouvent bien qu’ils sont toujours capables de sursaut, lorsque ce qu’ils ont de précieux est en cause.

Aujourd’hui, avec la tenue de ce forum, c’est toute la communauté éducative qui a fait le pari d’œuvrer ensemble pour sortir l’école malienne du cycle des perturbations et d’édifier un système éducatif à la dimension de nos ambitions. Le président Amadou Toumani Touré s’est félicité de ce sursaut national.

« Je suis persuadé, à la lumière des conclusions des rapports des concertations régionales, des écoutes et des contributions individuelles ou collectives, que l’espoir est permis et que notre communauté éducative peut gagner ce pari. Le pari de promouvoir les convictions qui sont les nôtres et qui me fondent à demeurer optimiste« , a-t-il indiqué.


35% à l’horizon 2012

Les maux dont souffre notre école sont nombreux et ne tiennent pas aux seuls aspects de l’insuffisance des infrastructures, des effectifs pléthoriques d’élèves, de la crise d’enseignants, de laboratoires ou de bibliothèques etc.

Sinon les efforts déployés par le gouvernement et toutes les réalisations de ces dernières années qui témoignent des dispositions à y apporter des réponses appropriées, auraient suffi à la guérir. Aussi, le chef de l’Etat a rappelé que le malaise est plus profond. C’est pourquoi depuis des années, séminaire après séminaire, colloque après colloque nous ne sommes pas parvenus à l’éradiquer entièrement.

Amadou Toumani Touré était donc fondé d’exhorter les uns et les autres à pratiquer ensemble un diagnostic sans complaisance de notre système éducatif afin d’appréhender les causes profondes de la crise qu’il traverse.

Ce n’est qu’alors que nous pourrons dégager une vision partagée de la mission à assigner à notre école et cette vision n’est autre qu’un système éducatif performant. Cela le chef de l’Etat en a déjà esquissé quelques contours : « un système éducatif performant, a-t-il dit, c’est un enseignement de qualité qui répond d’abord aux besoins réels de main d’œuvre de notre économie et dont les produits sont compétitifs au plan interne et externe. C’est aussi le respect des valeurs de base de l’école qui sont l’éthique, la déontologie, la discipline, le travail, le mérite, la réussite et la responsabilité . »

Parce que le système éducatif performant est aussi le lieu où on inculque à l’élève les valeurs qui en feront un citoyen conscient et responsable, pétri de l’amour de son pays, le président de la République a jugé qu’aucun parent ne saurait être absout de ses responsabilités de premier éducateur de ses enfants. Enfin le système éducatif performant aide et accompagne chaque enfant à poursuivre son parcours aussi loin que possible. C’est la gestion efficiente des ressources publiques affectées à l’éducation, la valorisation de la fonction enseignante, mais aussi une bonne articulation entre les différents ordres d’enseignement, afin de ne laisser personne sur le chemin.

Nous sommes encore loin de cet édifice avec notre école caractérisée par la déscolarisation précoce, le nombre croissant d’année en année, de diplômés sans emploi etc. Mais comme l’oiseau qui petit à petit fait son nid, l’édification d’une nation, d’un système éducatif performant s’inscrit dans le temps. Elle n’est jamais achevée et ne saurait être l’œuvre d’un seul régime encore moins d’une seule personne.

A ceux qui demandent tout de suite, à ceux qui ne veulent pas attendre, aux exigeants de tous bords, le chef de l’Etat a requis un peu plus de patience et surtout de soutien au gouvernement engagé, depuis quelques années, dans l’accroissement des ressources à allouer à l’éducation. Celles-ci représentent 33,1% dans le budget de 2009 contre 30,98% dans celui de 2008. L’objectif du président est de porter ce ratio à 35% à l’horizon 2012.

Pour conclure Amadou Toumani Touré a prié les partenaires de l’école d’accuser, de critiquer, mais aussi de pardonner et de trouver ensemble les moyens de rendre l’école malienne compétitive.
Auparavant le président du comité d’organisation du forum Salikou Sanogo avait remercié tous les partenaires de l’école pour leurs contributions combien inestimables et nécessaires à la réussite du forum.

C. DIAWARA

Essor du 31 Octobre 2008