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Un Forum national pour la paix et la stabilité au Mali à Bamako du 17 au 19 février pour encourager le dialogue dans le but de réconcilier les cœurs et faciliter le retour des familles victimes d’actes de vandalisme lors des derniers événements. L’initiative d’une telle rencontre vient d’être clairement élaborée par la classe politique malienne, qui a mandaté Tiébilé Dramé du PARENA et Choguel Maïga du MPR pour rédiger un plan d’actions de sortie de crise dans ce sens. Ce document devrait être soumis au président de la République dans les prochaines heures. Les leaders du microcosme politique national, après une longue réunion hier à l’Hémicycle autour du Pr Dioncounda Traoré de l’Adéma-PASJ, ont peaufiné des propositions de pacification rapide du pays et de retour définitif à la paix en vue d’aller sereinement aux élections.

Trois leaders de la classe politique ont posé, depuis la semaine dernière, les jalons d’une rencontre nationale à propos du problème récurrent du septentrion malien : Dioncounda Traoré de l’Adéma-PASJ, Soumaïla Cissé de l’URD et Tiébilé Dramé du PARENA. La proposition de la tenue de ce forum pour le dialogue, la réconciliation et la paix au Mali a été conçue par ce trio.

Le mercredi 1er février, ces trois responsables politiques ont décidé d’élargir la concertation à d’autres partis, notamment ceux représentés à l’Assemblée nationale. C’est ainsi que le jeudi 2 févier, à midi, ils se sont retrouvés dans le bureau du président de l’Adéma-PASJ non moins président de l’Assemblée nationale pour poursuivre les échanges autour de cette rencontre « en vue de réconcilier les fils de la Nation Maliba » .

Ces concertations se sont poursuivies le jeudi à 17 h 30 à l’Hémicycle avant que la décision ne soit prise de rencontrer le président de la République. Mais l’agenda du Chef de l’Etat et surtout sa rencontre avec les épouses des militaires en colère n’a pas permis cette audience.

Le lendemain, les leaders ont joint le président de la République au téléphone pour lui faire part de leur initiative et leur souhait de le rencontrer. Ce qui fut fait le samedi 4 février à onze heures au palais de Koulouba.

A cette occasion, Dioncounda Traoré, Soumaïla Cissé, Choguel Maïga, Tiébilé Dramé, Ousmane Bah ont longuement, durant deux heures de’horloge, échangés avec le Chef de l’Etat pour être meiux édifiés sur la situation sécuritaire du pays. C’est après cette audience que les responsables politique ont rencontré d’autres leaders de la classe politique à l’Assemblée nationale pour leur faire le compte rendu de leurs entretiens avec le locataire du Palais de Koulouba.

Une longue réunion à huis clos a rassemblé, hier lundi 6 février, les principaux responsables politiques dans le bureau du Pr Dioncounda Traoré, président de l’Adéma-PASJ et candidat investi par ce parti à l’élection présidentielle du 29 avril prochain. Durant trois heures d’horloge, les discussions ont tourné autour d’un cadre de concertations globales pour un règlement définitif du problème des attaques armées dans le nord du pays.

Un document intitulé « plan d’actions du Forum national pour la paix et la stabilité au Mali » a été adopté et soumis à l’examen des responsables politiques présents à la rencontre d’hier. Ce document, dont nous nous sommes procuré une copie, comporte trois parties : le contexte, les propositions d’actions et la conclusion.

Volet contexte, « les leaders politiques rappellent que le 4 févier, une délégation mandatée par les partis politiques a rencontré le président de la République pour lui soumettre un projet de Forum national pour la paix et la stabilité au Mali.

Le Chef de l’Etat a favorablement accueilli l’initiative et encouragé la classe politique à s’investir pour faire taire les armes, œuvrer au retour de la paix, renforcer la cohésion de la Nation. Le projet de plan ci-dessous décline les actions dont la mise en œuvre permettra de créer les conditions d’un retour au calme« .

Par rapport aux propositions d’actions, les représentants de la classe politique préconise de «renforcer la confiance au sein des forces armées et de sécurité, renforcer leur motivation en les assurant du soutien de la Nation tout entière, de prendre les constats nécessaires en vue de l’instauration d’un cessez-le-feu, prendre attache avec les gouvernements d’Algérie, du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Niger et solliciter leur concours en vue de l’ouverture d’un dialogue avec les groupes rebelles».

Il s’agit aussi de contacter les principales personnalités touarègues et arabes qui ont quitté le Mali et qui se trouvent dans les pays voisins sus-cités ; rencontrer les Ambassadeurs d’Algérie, du Burkina-Faso, des Etats-Unis d’Amérique, de la France, de la Mauritanie, du Niger, de l’Union Européenne et de la Suisse, organiser le Forum dans un délai maximum de deux semaines, soit les 17, 18, et 19 février.

En conclusion, la classe politique propose de dépêcher dès le lundi 6 février, une délégation auprès du président de la République pour lui soumettre ce plan d’actions dont l’exécution devra commencer le même jour.

Comme on le voit les partis politiques se sentent plus que jamais concernés par la crise sécuritaire dans les régions Nord du pays en cette veille des échéances électorales de 2012. Ils tiennent à se faire entendre par le président de la République.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 7 février 2012