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En vue de mieux informer les décideurs, les planificateurs, les chercheurs, les partenaires techniques et financiers (PTF), la société civile et les collectivités décentralisées sur la vulnérabilité des couches juvéniles au Mali, et galvaniser leur engagement en faveur des mesures de protection, se tient le forum national. Il a ouvert ses portes hier mardi au Centre Internationale de Conférence de Bamako, sous la présidence du Premier ministre Modibo Sidibé et en présence des membres du gouvernement, des PTF…

Le contexte global

L’année 2009 consacre le 20ème anniversaire de la convention relative aux Droits de l’enfant (CDE) adoptée par le sommet mondial pour l’enfance dont le Mali avait assuré la coprésidence avec les Etats Unis en novembre 1989. Cette convention qui prône, entre autres, le bien-être universel des enfants, a été ratifiée par la quasi-totalité des Etats dans le monde.

Bien que les indicateurs sociaux de couverture et d’impact demeurent faibles, des efforts importants ont été accomplis par le Mali en faveur des Objectifs du Millénaire pour le Développement et de la mise en application des termes de la CDE.

Des politiques publiques (CSCRP, PDES) et des plans sectoriels de développement socioéconomiques (PRODESS, PRODEJ, etc.) élaborés et mis en oeuvre par le Gouvernement avec la contribution des partenaires au développement ont permis d’enregistrer des progrès en matière de survie de l’enfant, de l’éducation de base, d’accès à l’eau potable et de la protection des enfants.

L’engagement national en faveur du bien-être national s’est renforcé récemment avec une avancée notoire dans la concrétisation de la politique nationale de protection sociale et du plan d’Action National d’extension de la Protection Sociale 2005-2009 par, entre autres, l’adoption par le Gouvernement du Mali en janvier 2009 des mesures d’institutionnalisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) et du Régime d’Assistance Médicale (RAMED) pour les indigents.

Cependant, les barrières financières (la moitié de la population est pauvre) et géographiques à l’accessibilité et à l’utilisation effective des services sociaux de base constituent un des handicaps majeurs au plein épanouissement de tous les enfants au Mali. De surcroît, le nouveau contexte international caractérisé par une crise financière et la hausse persistante des prix des denrées alimentaires est devenu générateur de facteurs aggravant la précarité de vie des populations et particulièrement des enfants en Afrique.

L’indice FAO des prix des aliments a augmenté de 9% en 2006, de 23% en 2007, de 54% d’avril 2007 à avril 2008, ce qui a eu un impact conséquent sur les ressources des ménages en général et des familles les plus démunies en particulier. A l’heure actuelle, même si les prix ont une tendance à la baisse, leurs fluctuations fréquentes restent une menace sérieuse.

L’ampleur et la profondeur de la pauvreté monétaire en Afrique de l’Ouest et du Centre semblent avoir empiré et menacent la sécurité alimentaire et nutritionnelle de beaucoup de ménages aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural. Les enfants, les femmes enceintes et celles qui allaitent sont particulièrement concernés. D’autres dimensions du bien-être des enfants, y compris la fréquentation scolaire peuvent également empirer.

Dans ce contexte défavorable, en construisant sur les acquis, les résultats des 4 études à restituer au cours de ce forum contribueront à renforcer les connaissances et engagements des différents acteurs impliqués directement ou indirectement dans les politiques et programmes de protection sociale en général et en faveur des enfants en particulier.

L’opérationnalisation effective des politiques de protection sociale visant l’augmentation de la couverture universelle des pauvres et des groupes vulnérables aux services sociaux de base, constitue l’une des attentes majeures de l’utilisation effective des résultats de ces études.

En plus des efforts visant la croissance économique pour soutenir le développement, la mise en place de filets de sécurité sociale ciblant les populations démunies apparaît désormais comme une mesure ultime qui conditionne l’accélération des progrès pour l’atteinte des OMD et du bien-être universel des enfants au Mali.

La protection sociale est désormais perçue au plan mondial comme une composante clef dans les stratégies de réduction de la pauvreté. Elle constitue un maillon important des efforts visant la réduction de la vulnérabilité économique, sociale, alimentaire/nutritionnelle et d’autres chocs et stress.

Elle est particulièrement importante pour les enfants eu égard à l’ampleur de leur vulnérabilité, comparativement aux adultes, et également compte tenu du rôle que la protection sociale peut jouer pour assurer une nutrition adéquate ainsi qu’un meilleur accès aux services sociaux de base (éducation, santé, eau et assainissement).

La nécessité de favoriser une prise de conscience de l’opinion publique des défis liés à la pauvreté des enfants, des inégalités et de la hausse des prix des denrées alimentaires au Mali ainsi que de l’urgence de la mise en place effective de filets de sécurité en faveur des populations démunies, constituent le bien fondé de l’organisation de cette rencontre nationale.

Le Mali et ses partenaires engagés

Ce forum offre l’opportunité des discussions approfondies avec les experts nationaux et extérieurs ainsi que les décideurs, les partenaires, la Société Civile sur les choix des options politiques de protection sociale pertinentes, basées sur l’évidence des résultats des études réalisées en 2008/2009 avec l’assistance technique et financière de l’UNICEF ainsi que les enseignements tirés des programmes expérimentés dans d’autres pays.

L’obtention d’un consensus sur les mesures réalistes utiles pour l’engagement des décideurs politiques et la mobilisation du partenariat multi donateur en faveur de la cause des enfants du Mali est fortement escomptée.

Ainsi, le Gouvernement du Mali, l’UNICEF et leurs Partenaires invitent les acteurs de développement, les chercheurs, les responsables des différentes collectivités et de la société civile à faire bon usage des résultats de ces études pour développer des politiques et programmes porteurs de bien-être surtout pour les enfants, les femmes et les couches défavorisées, en vue de l’accélération des progrès pour l’atteinte des objectifs du CSCRP 2007-2011, du Programme de Développement Economique et Social (PDES) 2007-2012 et du plan décennal des OMD 2008-2015 au Mali.

Selon le Premier ministre Modibo Sidibé “les attentes placées au présent forum sont tout aussi grandes que légitimes, car devant nous offrir des pistes devant alimenter le renforcement de nos politiques de lutte contre la pauvreté, notamment des enfants, à travers, entre autres, un système de protection sociale qui devra davantage prendre en compte le souci de la juste répartition du fruit de la croissance.

Qu’il s’agisse des risques sociaux classiques ou de la problématique de l’accès aux services sociaux de base, notre conviction est que les résultats des présentes études devront contribuer à renforcer la volonté de notre pays à étendre efficacement le bénéfice des politiques sociales à l’ensemble de ses fils en général, aux femmes et aux enfants en particulier.

Pour ce faire nous sommes tous conscients que des stratégies novatrices devront être mises en oeuvre pour générer les ressources devant supporter la pérennité des différents mécanismes qui sous-tendent nos politiques sociales. Ces stratégies novatrices devront être envisagées surtout pour soutenir notamment les systèmes non contributifs de protection sociale, malgré les difficultés réelles que connaissent actuellement nos économies. L’atteinte des Objectifs du Millénium pour le Développement est aussi à ce prix”.

Le ministre du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées, Sékou Diakité, dans son mot de bienvenue, a martelé que le PDES accorde une place primordiale à la protection sociale en reconnaissant qu’une coopération tous azimuts est nécessaire pour circonscrire la pauvreté des enfants. Le représentant de l’UNICEF a renchéri que les recommandations serviront les différents acteurs pour le bien-être des enfants.


Mamoutou DIALLO

13 Mai 2009