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Notre pays abrite depuis hier le forum ministériel mondial 2008 sur la recherche pour la santé. Coorganisé par le Conseil de la Recherche en Santé pour le Développement (COHRED), le Forum Mondial sur la Recherche en Santé, la République du Mali, l’Organisation Mondiale de la Santé, l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), la Banque Mondiale, ce forum réunit environ 1000 participants.

Il a pour but de générer des recommandations et des engagements spécifiques, dont le point culminant est un plan d’action destiné à renforcer la recherche pour la santé, le développement et l’équité. Ainsi, durant trois jours, ce forum offre aux participants composés de nombreux ministres de la Santé, du développement social, des sciences et des technologies, des scientifiques, des universitaires et des représentants de la société civile, des instituts nationaux de recherche en santé, des fondations philanthropiques ainsi que des représentants du secteur privé, la possibilité d’évaluer les réalisations en matière de recherche en santé, de faire le point de la situation et de définir les mesures à prendre pour relever les défis futurs.

L’appel de l’OMS

Présidée par le président de la République du Mali, M. Amadou Toumani Touré, la cérémonie d’ouverture a enregistré la présence des membres du gouvernement, des représentants des organisations des systèmes des Nations Unies, des organisations internationales, des institutions, du corps diplomatique et de plusieurs invités s’intéressant à la recherche en santé.

A la cérémonie d’ouverture, le Dr. Luis G. Sambo, Directeur Régional de l’OMS de l’Afrique a livré la déclaration de l’OMS au nom du Dr. Margaret Chan, Directrice Générale de l’OMS. Il a d’abord remercié le gouvernement malien avant de souligner que l’appel à l’action de Bamako est un résultat de la réunion que tout le monde attend avec impatience.

Pour lui, il est très judicieux que cet Appel à l’Action voue une attention particulière aux besoins pressants de l’Afrique en matière de santé et à la capacité que doit avoir la recherche pour répondre à ces besoins. A en croire, le représentant de l’OMS, il est également approprié que ce forum de haut niveau visant à renforcer la recherche pour la santé, le développement et l’équité se tienne au Mali- un pays confronté à des problèmes de santé pressants, dont beaucoup sont liés à la pauvreté ou l’accentuent.

Il a ensuite souligné que le Mali dispose d’un atout, il s’agit de sa politique qui fait de l’accès équitable aux soins de santé une ambition nationale à laquelle vient s’ajouter une forte demande de la base pour les soins de qualité et de proximité.

Il a par ailleurs souligné que le secteur de la santé est mieux placé aujourd’hui pour faire face aux crises actuelles et, la recherche nous donne les moyens dynamiques de surmonter ces forces. Car ils disposent de la méthode scientifique grâce à laquelle ils ont réuni des bases factuelles, des arguments, des instruments et des technologies qui doivent leur permettre de surmonter les problèmes de santé existant et émergeant.

Ainsi, selon lui, ils ont besoin maintenant plus que jamais d’autres recherches dans les domaines voulus. Avant de rappeler que depuis le début du siècle, l’OMS et ses Etats Membres ont pu se prévaloir des rapports de trois commissions de haut niveau. Pour lui, des trois commissions, celle des déterminants de la santé présente le défi le plus important du point de vue de la santé publique et de la recherche sur les systèmes.

Certes, le défi est énorme, selon lui, il s’agit d’amener les responsables politiques à inclure la santé dans la politique de tous les ministères. Dans la plupart des pays, un appel à l’équité en matière de santé ne suffira pas pour assurer un engagement politique de haut niveau, a-t-il précisé. Car cela ne suffira pas pour convaincre les autres secteurs de tenir compte des effets sanitaires dans toutes leurs politiques. Pour lui, il leur faut des bases factuelles dans les domaines voulus.

Par ailleurs, il a souligné qu’il y a de nombreuses raisons pour faire avancer d’urgence le programme de recherche en santé. Pour lui, il faut que la santé soit prise en compte dans toutes les politiques et il faut pour cela qu’ils puissent se fonder sur les résultats de la recherche. Selon lui, ils ont besoin de la recherche pour guider les réformes des systèmes de santé comme constaté au Mali et ont besoin de la recherche opérationnelle pour contribuer à donner aux interventions actuelles plus d’impact.

Et surtout, qu’ils ont besoin de la recherche pour persuader le monde entier que l’investissement en faveur de la santé doit continuer de représenter l’une des solutions les plus sûres- qui déjà fait ses preuves-pour arriver à une société mondiale stable et prospère.


Autres interventions

Quant à M. Walter Endelen Directeur Adjoint de l’UNESCO, il a rappelé leur mission qui est de contribuer à l’établissement de la paix, à l’allègement de la pauvreté, au développement durable et au dialogue interculturel à travers l’éducation, les sciences, la culture, la communication et l’information.

Pour M. OK Pannenborg de la Banque Mondiale, la tenue de ce forum en Afrique au Mali montre combien les pays de l’Afrique sont attachés à la recherche pour relever le défi pour la santé. Il a ensuite remercié tous les comités qui ont contribué à l’organisation de ce forum. Avant de se réjouir de la participation des ministres de la Santé, du conseil de recherche en santé pour le développement (COHRED), de l’OMS qui démontre une approche pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Il a par ailleurs souligné que la recherche les aide à suivre et à mesurer les avantages du système de santé.

Pour M. Gill Samuels du global Forum of Health Research, ce forum est l’unique occasion pour que l’attention soit accordée à la recherche. Elle s’est ensuite interrogée si les résultats du forum seront bénéfiques pour renforcer la recherche en santé, le développement et l’équité au niveau des pays pauvres.

Dans son intervention, la représentante de COHRED, Mme Aïssata Touré a souligné que les participants à ce forum représentent un large éventail du secteur de la recherche. Et ce forum va permettre de définir des points d’action pour le futur.

Le président Amadou Toumani Touré

Dans son discours d’ouverture du forum, le président de la République M. Amadou Toumani Touré a souligné que l’organisation du Sommet Ministériel Mondial sur la Recherche, procède de la volonté d’asseoir une Culture de la Recherche en Santé en Afrique.

Pour lui, l’expérience des pays développés et des Pays émergents monte qu’investir dans la Recherche Scientifique et l’Innovation Technologique, c’est assurer l’avenir aux plans Santé, Politique, Economique, Social et Culturel.

Par ailleurs, il a rappelé que, conscient de l’Importance de la Recherche, le 19ème Congrès des Hommes de Sciences en Afrique, tenu à Brazzaville en 1987 sous les auspices de l’OUA, s’était fixé comme objectif la mobilisation de la Communauté Scientifique Africaine, pour le Développement du continent. Ce combat reste d’une brûlante actualité, au regard des nombreux défis à relever en matière de Santé.

Ainisi, selon lui un système de recherche performant, serait la meilleure approche de prévention et de gestion de ces épidémies et de ces endémies, qui peuvent entraver notre développement.

Tout en saluant les efforts remarquables déployés par les pays du nord et les pays émergents dans la recherche contre ces fléaux, il est important de souligner la nécessité pour l’Afrique de s’engager dans un processus plus volontariste de maîtrise de la science et de la technologie au service de la santé, a-t-il souligné.

Pour lui, il faut se réjouir des initiatives en cours depuis le forum mondial de Mexico en 2004. Et le forum mondial de Bamako, qui est une reponse aux recommandations et résolutions prises, constituant une plate forme internationale pour un plaidoyer fécond en faveur d’une recherche africaine en santé.

Par ailleurs, il a salué le courage de tous les chercheurs africains en santé pour leur courage et leur esprit d’imagination, malgré la faiblesse des moyens à leur disposition avant rendre hommage aux pays et l’institutions qui soutiennent la recherche en santé en Afrique.

Il a aussi rappelé que le gouvernement du Mali, avec l’appui de ses partenaires au développement, a mis en place et soutient des structures de recherche comme le Centre de Recherche et de Formation sur le Paludisme, dirigé par le Professeur Ogobara Doumbo qui est une de nos fiertés. Il a ensuite souhaité que les succès déjà engrangés, inspireront les travaux, afin que la déclaration de Bamako soit le reflet d’une Nouvelle Grande Ambition en faveur de la recherche pour la santé, le Développement et l’Equité.

Avant d’assurer de son soutien pour la construction d’une maison dédiée à la recherche et à la gestion des connaissances à Bamako qui permettra de rapprocher les chercheurs des décideurs politiques et symbolisera la réussite de la tenue du forum mondial en Afrique à Bamako.

Dado CAMARA

18 Novembre 2008