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A l’issue du forum de la diaspora intellectuelle, scientifique et technique du Mali tenu à Bamako les 29, 30 et 31 juillet derniers, certains participants tirent ici les enseignements de la rencontre.

Mahamane Baby, responsable de portefeuille au Programme des volontaires des nations unies en Allemagne

« Ce forum a été une excellente initiative dans la mesure où il a permis aux Maliens établis à l’extérieur de se connaître, de pouvoir se mettre en réseau et de pouvoir se compléter pour aider au développement économique et social du pays. De mon point de vue, c’est là une initiative très heureuse du gouvernement malien qu’il faut saluer. Personnellement, les interactions que j’ai eues avec les autres Maliens de très haut niveau vont beaucoup m’aider dans le cadre de mon travail et aussi des initiatives que je vais prendre.

Le forum a traité des principaux blocages à l’investissement des Maliens de la diaspora, et des recommandations ont été formulées par rapport à ça. Maintenant, toutes les recommandations ne valent que par leur application. Si je dois évaluer, à priori j’ai des préjugés favorables. Je me dis, si on recommande, il n’y a pas de raison que ça ne se fasse pas. Parce que si vous prenez par exemple un obstacle comme la corruption, ce n’est pas quelque chose qu’un forum peut régler ; c’est sûr que même s’il y a la volonté politique, ça prend du temps.

C’est une course de longue haleine qui va permettre aux gens d’avoir confiance, de revenir, d’investir et de pouvoir mettre des partenariats très fructueux pour le pays. Donc, à priori, je me dis que si le gouvernement a organisé le forum, c’est qu’il a vraiment la volonté politique de faire participer.»

Mohamed Zouber Sotbar, consultant Tokten (France)

«Dans l’ensemble je suis plutôt satisfait pour trois raisons. La première, c’est parce que je trouve que par cette rencontre, les autorités maliennes mais aussi les intellectuels sur place se sont rendus compte de ce que le pays peut gagner en mobilisant les compétences de la diaspora malienne. Le deuxième élément, c’est qu’il y a une relation de confiance qui s’est installée, c’est-à-dire qu’on a bien compris qu’il n’y avait pas d’opposition entre les Maliens de l’intérieur et ceux de l’extérieur.

C’est le même Mali ; il n’y a donc pas de rivalité. Il n’y avait pas de risque, qu’on vienne prendre la place de quelqu’un ici. Parce que nous, nous vivons là bas, on vient ponctuellement, à la limite ceux qui viennent durablement, viennent ici avec un projet professionnel, avec des initiatives de création d’emploi. Il n’y a donc aucune raison d’avoir une crainte.

En même temps, il faut que ceux qui viennent de l’extérieur reconnaissent les compétences de ceux qui sont sur place. Car, chacun apporte sa modeste pierre au développement du pays. Le troisième, satisfaisant, c’est que j’ai trouvé que c’est l’occasion de réunifier ce que certains appellent deux. Pour moi, il n’y a qu’une seule diaspora malienne.

C’est-à-dire qu’on a voulu opposé la diaspora des intellectuels scientifiques et techniques maliens à une autre diaspora, celle qui concerne les travailleurs immigrés. Et je pense que c’est une erreur de vouloir distinguer les deux.»

Dr. Ousmane Ly, directeur général de l’Agence nationale de télé santé et de l’informatique médicale (Mali)

«Ce forum a été une bonne initiative. Parce que, organiser une telle rencontre permet à nous autres intellectuels de l’intérieur de rencontrer nos compatriotes de l’extérieur, qui travaillent beaucoup dans les laboratoires et dans les institutions ou dans des universités. Donc, on dit que nul n’est prophète chez soi, mais ce forum a permis que la diaspora malienne soit prophète chez elle.

Avec ce forum, ce qui va changer, c’est d’abord les rapports de confiance qui vont s’installer. Parce que ceux qui sont à l’extérieur ne savent que nous qui sommes ici sommes tout à fait disposés à ce qu’on travaille ensemble, à se qu’on réalise des choses ensemble. C’est parce qu’on ne se connaissait pas.

Et de tels fora permettent que les gens se rencontrent et que les liens se tissent. C’est à partir de ces liens qu’on peut développer des projets, des initiatives qui vont changer significativement le bien être des Maliens.

Moussa Ag Assarid, écrivain et consultant à Paris et Genève
Sincèrement, je pense que si ce forum n’existait pas, il fallait le créer. Parce que c’est une plateforme pour nous vivant à l’étranger de rencontrer des intellectuels de l’intérieur, de faire connaissance pour voir qu’est ce que nous pouvons apporter ensemble pour le développement de notre pays. Ce forum a été une bonne chose. Maintenant, qu’est ce qu’on fait des recommandations ? Ça, c’est une autre chose.
»

Propos recueillis par Oumar Diamoye

05 AOÛT 2010.