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Moins d’une année après les tragiques événements du 23 mai 2006, et après la signature de l’Accord d’Alger le 4 juillet 2006, le cantonnement des ex-rebelles le 9 mars dernier et le forum prévu pour ce week-end sont des signes d’un dénouement de crise. Est-ce un espoir réel pour les populations ou un marché de dupes entre les autorités et les responsables de l’Alliance ?

Le vendredi 9 mars 2007 restera longtemps gravé dans la mémoire des habitants de Kidal, après la date du mardi 23 mai 2006. Ce jour, au petit matin, avec stupeur, les habitants de la ville se sont réveillés sous un déluge de feu… La ville a été attaquée par des rebelles. Durant 6 heures d’horloge, des combats nourris avaient opposé les forces armées et de sécurité aux éléments lourdement armés autour des camps militaires N°1 et 2 de la ville.

Après 9 mois de retrait dans les montagnes de Tegharghart, les hommes de Iyad Ag Agaly ont accepté de se désarmer et de rentrer dans les rangs. Signé sous la médiation de l’Algérie, l’Accord prévoit le redéploiement des ex-rebelles issus des rangs de l’armée régulière dans des unités spéciales et la réinsertion des autres dans le tissu socio-économique. Il engage les ex-rebelles à ne plus réclamer l’autonomie de la région de Kidal pendant que le gouvernement veillera à accélérer le processus de développement de l’ensemble des trois régions septentrionales du pays (Gao, Tombouctou et Kidal).

Convoyés à bord de véhicules 4 X 4 à partir des hauteurs de leur lointaine base du Teghargart (extrême nord-est), quelques 600 ex-rebelles – dont 180 anciens éléments de l’armée régulière – auraient au total rallié la ville.

Ils ont été accueillis et déployés dans une cinquantaine de tentes dressées à leur intention dans le camp de la jeunesse de la ville, a-t-on précisé de mêmes sources.
Le cantonnement des ex-rebelles ainsi que leur désarmement sont deux des principaux axes de l’Accord de paix intervenu le 4 juillet dernier à Alger (Algérie) entre délégués de la rébellion touarègue et représentants du gouvernement malien.

Les opérations de cantonnement des anciens rebelles touaregs maliens ont débuté vendredi à Kidal (nord-Mali) en application de l’Accord de paix signé avec le gouvernement malien, a-t-on appris, vendredi de sources concordantes dans la capitale malienne.

Leur butin chargé à bord de deux camions et deux véhicules 4 X 4 a été débarqué en présence des autorités impliquées dans la gestion du site du cantonnement dénommé « Réconciliation nationale ». Il s’agit de 5 véhicules enlevés (2 de l’armée et 3 de l’administration), plus de 1050 armes individuelles, une centaine de pistolets automatiques PA, une certaine d’armes collectives et plus de 45 caisses de munitions. Ce qui a fait dire aux habitants de Kidal que ce 9 mars concrétise le retour effectif de la paix.

Comme stipulé dans l’accord, la remise du matériel s’est déroulée dimanche en présence du représentant du facilitateur, l’ambassadeur d’Algérie au Mali, et sous le regard satisfait du ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné.

Almahady Cissé

20 mars 2007.