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Dans le cadre de la formation des formateurs et de la recherche de solution pour réduire la cécité par la cataracte, une dizaine d’ophtalmologistes d’Afrique de l’Ouest francophone et lusophone, viennent de terminer une formation sur la chirurgie de la cataracte sans suture. C’était le vendredi dernier, ces ophtalmologistes stagiaires ont reçu leur attestation de fin de formation lors d’une cérémonie organisée à cet effet dans la salle de cours de département de la formation de l’IOTA (Institut d’Ophtalmologie Tropicale de l’Afrique).

Organisée par le Centre Hospitalo-Universitaire de l’IOTA, en collaboration avec l’Université de Marseille et de l’OOAS, cette formation va permettre aux pays de la sous-région d’atteindre les ratios recommandés par l’OMS, à savoir 2000 interventions de cataracte pour un million d’habitants et par an à cause de la rapidité, du coût abordable, et de l’efficacité de cette technique sans suture. Le taux de chirurgie de la cataracte dans la sous-région demeure parmi les plus faibles entre 200 et 400 par million d’habitants.

EN QUETE D’ALTERNATIVE A LA PHACOEMULSIFICATION

Ainsi, dans son intervention le directeur général de l’IOTA Pr Abdoulaye Diallo a rappelé que selon l’OMS, en 2000 lors du lancement de l’initiative vision 2020 en Afrique francophone, la cataracte serait responsable de 60% de cécité dans la sous région.

A en croire le Pr Diallo, au cours des dix dernières années l’extraction extracapsulaire de la cataracte avec suture et implantation en chambre postérieure a été largement remplacée dans les pays industrialisés par la phacoémulsification.

Selon lui, dans les pays en développement cette technique n’est pratiquée que chez certains patients notamment en raison du coût élevé de l’appareil et des consommables dans les pays à faibles revenus. Toute chose qui a fait que la phacoémulsification ne joue qu’un rôle limité dans la réduction de la cécité par la cataracte.

C’est pourquoi, selon lui, les chirurgiens ophtalmologistes des pays en développement sont en quête d’alternative à la phacoémulsification. Ainsi, pour lui, il faudra pouvoir disposer d’une technique chirurgicale facile à apprendre offrant un bon résultat visuel sans correction et abordable financièrement pour la majorité de patients atteints de cataracte.

FAIRE PROGRESSER LA CHIRURGIE DE LA CATARACTE

A en croire Pr. Diallo, une telle technique ferait progresser la chirurgie de la cataracte dans les pays à faible revenus et contribuerait à atteindre l’objectif de vision 2020: « le droit à la vue ». Ainsi, il a souligné que cette technique sans suture permet une récupération visuelle rapide, une incision stable et étanche sans problème dû à la suture, ce qui représente un autre avantage important. Avant de préciser que cette intervention est de courte durée et le coût des consommables est réduit et offre aussi de bons résultats.

Quant au formateur principal Dr. Jean Marie André, il a parlé des avantages de la technique avant de rappeler que depuis 2004 cette formation est pratiquée.

Dans son discours, le représentant du ministre de la Santé Pr. Boubacar Cissé a remercié l’Université de Marseille pour avoir confié cette formation à notre pays, toute chose qui prouve l’importance du Centre Hospitalier Universitaire de l’IOTA. Pour lui, cette formation va permettre d’assurer la prise en charge de la cataracte pour le confort des patients.

Dado CAMARA

19 mars 2007.