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Depuis deux décennies maintenant, le système éducatif malien se débat dans des expérimentations plus ou moins réussies. Les pays d’Afrique francophone ont entamé une réforme universitaire profonde visant à distinguer trois niveaux dans l’enseignement universitaire : licence, master et doctorat (LMD).

 » Ces réformes LMD soulignent la nécessité de réviser et de réaligner le curriculum du secondaire en fonction des changements proposés à l’université pour garantir une meilleure articulation entre ces deux niveaux », présente un rapport de l’Adéa sur l’enseignement postuniversitaire en Afrique.

Dans le cas du Mali, le caractère novateur de la stratégie des CED tient à ce qu’elle garantit la parité dans le recrutement des filles et des garçons et qu’elle associe alphabétisation et acquisition de compétences professionnelles. Cela permet de compenser le défaut de scolarité.

 » Le principal problème, selon ce rapport, tient cependant au fait que les CED sont, avant tout, un moyen de rattraper son retard et de réintégrer le système éducatif ».

Le concept a été créé par des autorités éducatives soucieuses de mieux comprendre les problèmes liés à la prise en charge des enfants et des jeunes déscolarisés, mais aussi d’introduire une politique cohérente de partenariat entre les communautés, l’État et les partenaires au développement.

Au 2e jour de la rencontre d’Abidjan sur le développement du pôle qualité inter-pays, mardi, le ministre malien de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Iba Ndiaye, a fait une présentation sur les expériences de notre pays. Selon lui, en 2008, la population malienne (les 7-15 ans) scolarisable était estimée à 3,3 millions de personnes. A la même période, le taux brut de scolarisation était estimé à 79 % au 1er cycle de l’enseignement fondamental, et le taux d’achèvement à 54 % !

Pour ce qui concerne l’emploi, Iba Ndiaye estime à 48,8 % la population en âge de travailler. Dans ce total, les activités agricoles absorbent la majeure partie avec 72 %.

 » Au Mali, dit-il, ce sont les entreprises informelles qui fournissent la grande majorité des emplois, soit 87 %, dont 85 % pour les hommes et 88 % pour les femmes. Les emplois dans les entreprises privées formelles ne représentent que 0,7 % au niveau national. Le secteur public englobant l’administration publique et les entreprises publiques, ne fournit que 4 % des emplois ».

Au Mali, le taux de chômage est de 9,6 % et la durée moyenne du chômage est de 5 ans. 81 % des chômeurs sont à la recherche de leur premier emploi. Il est plus crucial à Bamako (27 %) et dans la tranche 15-39 ans (15,4 %).

Pour le ministre Ndiaye, avec le Prodess et le Pise-II, le gouvernement a entrepris de mettre l’accent sur la formation technique et professionnelle. « Ces efforts devraient déboucher sur l’amélioration des apprentissages effectués par les élèves y compris les filles ; une diversification des filières ; une cohérence entre les filières techniques et les besoins du marché ».

Alexis Kalambry

(envoyé spécial)

21 Juillet 2010.