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Les lendemains de la reconduction du Dr Cheick Modibo Diarra par le Pr Dioncounda Traoré vont être certainement mouvementés, car la suite logique de cette décision est de former un nouveau gouvernement, qui doit prendre en charge la participation de tous les courants politiques. C’est à juste titre d’ailleurs que le président de la République a demandé aux regroupements d’envoyer au Premier ministre huit Cv chacun. Est-ce à dire que chaque regroupement, des petits aux grands, auront à gérer huit ministères ? Comment sera faite la répartition entre les partis d’un même regroupement ? Les jours prochains prévoient une effervescence à Bamako. Cependant, l’Adema-Pasj, le parti dont est issu le président de la République émet des réserves, quant à sa participation à ce gouvernement de Cheick Modibo Diarra.

Pour un responsable de l’Adéma-Pasj, qui venait de participer à réunion tumultueuse du parti de l’abeille, la tendance est d’amener le président Dioncounda Traoré à former lui-même le gouvernement, comme il l’avait annoncé dans son message à la nation. Le Président Dioncounda doit former lui-même le gouvernement d’union nationale, selon lui. Pour lui, le parti ne s’inscrit pas dans une telle logique

Si le Premier ministre reste, il ne faut pas que ce soit lui qui forme le gouvernement, estime ce membre de l’Adema. Cependant, le moindre mal serait, dans le cas où le Premier ministre doit rester, qu’il démissionne d’abord, pour ensuite permettre au Président de la République de le reconduire. Mais tel qu’il l’avait annoncé, le Premier ministre n’a pas démissionné, et en plus le président l’a reconduit. Cette situation met très mal à l’aise l’Adema, au point que nombreux sont les responsables du parti de l’abeille qui prônent la renonciation à participer à ce gouvernement. Et donc l’Adema pourrait se retenir de s’associer à l’envoi de huit Cv au nom du regroupement politique auquel elle appartient.

De son côté, ce regroupement, le FDR s’est réuni hier lundi. Les débats ont été houleux, mais la décision semble attendre encore. A l’issue de cette réunion, aucune décision n’a été prise car la précaution politique a prévalu jusque là.

D’autres formations sont à l’œuvre, notamment Sadi et le regroupement MP 22 se seraient désistés et renoncent à envoyer leur Cv au Premier ministre qui n’aurait aucune légitimité pour le leur demander. Au même moment où nous mettons sous presse, nous apprenons à une heure tardive, que la Copam est dans la mouvance du refus et ne participera pas à un tel gouvernement. Nos efforts ne nous ont pas permis de joindre le président de la Copam, Hamadoun Amion Guindo, mais une source proche de la Copam nous édifie sur la crédibilité de l’information.

B. Daou

Le Républicain du 14 Août 2012