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Notre pays abrite depuis hier l’atelier sous régional de formation
des formateurs sur la prise en charge communautaire de la mère et
du nouveau-né à l’Hôtel Olympe International. Cet atelier qui
réunit les décideurs politiques, les experts et formateurs de 11
pays, débuté le 20 février se poursuivra jusqu’au 28 février 2008.

LE BUT

Il a pour but entre autres de renforcer la capacité des 11 pays à
mieux gérer la prise en charge communautaire de la mère et du
nouveau né par la formation des formateurs qui vont assurer des
formations au niveau national, de faire un plan d’action pour
l’adoption et la mise en oeuvre de programme communautaire pour
la survie de la mère et du nouveau-né dans le cadre du continuum
des soins dans ces 11 pays.

Par ailleurs, cet atelier sera une occasion pour le lancement de
la version française de la publication du partenariat pour la
survie de la mère et du nouveau né en Afrique intitulée “Donnons
sa chance à chaque nouveau-né en Afrique.

La cérémonie d’ouverture de l’atelier présidée par le ministre de
la Santé M. Oumar Ibrahim Touré a enregistré la présence des
représentants de l’UNFPA, de l’USAID, de la directrice régionale
de Save The Children, de la représentante de AFRJCA 2012 et de
plusieurs invités s’intéressant à la protection de la mère et du
nouveau né.

DES STATISTIQUES ACCABLANTES

Dans son intervention à l’ouverture de l’atelier, M. Robert
N’Damobissi chargé de bureau UNICEF Mali a rappelé que chaque
année en Afrique subsaharienne, 1,6 millions de bébés meurent
pendant le premier mois de la vie et en plus, 1 million sont
mort-nés. Jusqu’à 1 demi million de bébés africains meurent le
jour même où ils naissent. Face à ce constat, l’Afrique doit agir
et avancer plus rapidement.

Avant de souligner que les objectifs du millénaires pour le
Développement (OMD) ont suscité une vive attention. Mais pour lui,
les actions concrètes ne suivent pas toujours le niveau
d’engagement. Certes l’engagement politique face aux programmes de
survie de l’enfant a permis de sauver la vie de ceux des enfants
plus âgés mais le tableau est plus sombre en ce qui concerne le
nouveau-né au niveau régional a-t-il indiqué.

Peu de progrès mesurables ont été faits selon lui car, quarante et
un sur mille (41%) bébés africains nés en Afrique meurent avant
d’avoir un mois. Il a par ailleurs souligné que le couple
mère-enfant est inséparable et 800 000 nouvelles vies peuvent
êtres épargnées chaque année si les interventions essentielles
déjà formulées dans les politiques sont effectivement appliquées à
90% des mères et des nouveau-nés en Afrique.

VERS LA REALISATION DES OMD

Alors, pour lui, agir sur la santé néonatale est un tremplin pour
la santé maternelle et infantile. Ceci permet d’arriver plus
rapidement à la réalisation des OMD 4, 5 et 6 relatifs à la survie
de l’enfant, à la santé maternelle et à la lutte contre VIH/SIDA,
la tuberculose et le paludisme.

A en croire M. N’Damobissi, d’une manière générale, le soutien de
l’UNICEF aux différentes stratégies se situe dans le sens de plus
de résultats concrets et visibles pour les mères et les
nouveaux-nés dans le cadre d’un partenariat renforcé avec
l’ensemble des acteurs de la coopération bi et multilatérale, les
communautés, les collectivités locales, les autorités
traditionnelles et religieuses.

Aussi selon lui, l’UNICEF, à travers le programme de coopération
2008-2012 entend appuyer le ministère de la Santé pour la mise en
oeuvre effective de la Stratégie Nationale de Survie des Enfants
(SSE) à l’échelle nationale en vue de l’atteinte des OMD d’ici
2015, notamment concernant la réduction des mortalités maternelle,
néonatale, infantile et infanto juvénile.


LE PROGRAMME DE COOPERATION MALI-UNICEF

En plus, les interventions du programme de coopération MALI-UNICEF
en matière de survie de la femme et de l’enfant ciblent
essentiellement le renforcement des capacités des structures
centrales, régionales et locales dans les domaines comme la
prévention de la malnutrition et du paludisme chez les femmes
enceintes ; la prévention de la Transmission Mère Enfant du
VIH/SIDA ; des Soins Obstétricaux et Néonatals d’Urgence (SONU) ;
de la Prise en Charge Intégrée des Maladies de l’Enfant tant au
niveau des relais communautaires pour le suivi de la mise en
oeuvre des pratiques familiales essentielles.

Ainsi, en croire M. N’Damobissi, l’UNICEF, en collaboration avec
l’OMS, UNFPA, Save the Children, USAID, BASICS, l’organisation
Ouest Africaine de la Santé et l’ensemble des partenaires, entend
appuyer le département de la Santé pour la mise en oeuvre
effective de la Stratégie Nationale de Survie des Enfants à
l’échelle nationale, conformément au programme conjoint de
coopération 2008-2012.

Aussi, en vue d’atteindre les OMD d’ici 2015, selon lui, un
partenariat efficient s’avère indispensable pour plus de
résultats dans la lutte permanente contre les mortalités
notamment néonatale, infantile, infanto Juvénile et maternelle.
Il a par ailleurs remercié le gouvernement malien pour avoir
accepté d’abriter cet important atelier au bénéfice des enfants
et des femmes.

LE MINISTRE DE LA SANTE

Dans son discours d’ouverture le ministre de la Santé M. Oumar
Ibrahima Touré a souligné que le Mali accueilli du 20 au 28
février 2008 l’atelier sous-régional de ces dernières années,
plusieurs pays de l’Afrique ont réussi à faire baisser la
mortalité infanto juvénile. Cependant, selon lui, le nombre de
décès pendant le premier mois de la vie, surtout lors de la
première semaine, reste élevé sur l’ensemble du continent.

Pour lui, en se référant au quatrième Objectif du Millénaire pour
le développement concernant la survie de l’enfant, il ne saurait
être atteint en Afrique que si l’on redouble d’attention, et si
l’action de santé nécessaire est prise pour épargner le
nouveau-né. Aussi, il a rappelé que les Objectifs du Millénaire
pour le Développement ont suscité une vive attention, tandis que
les actions concrètes ne suivent pas toujours le niveau
d’engagement.

Selon lui, Certes, l’engagement politique face aux programmes de
survie de l’enfant a permis de sauver la vie de ceux plus âgés.
Mais le tableau est plus sombre en ce qui concerne les taux de
mortalité du nouveau-né au niveau régional. Et les actions doivent
donc porter à la fois sur la santé néonatale, maternelle et
infantile pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le
Développement, a-t-il précisé.

En plus, pour lui, c’est en assurant la continuité des soins
entre la santé maternelle, néonatale et infantile, tout au long du
cycle de la vie, et en reliant les soins entre le domicile et
l’établissement de santé qu’on assurera le traitement le plus
efficace. Il a par ailleurs souligné que si, en Afrique les
femmes sont couvertes par au moins une consultation prénatale, la
couverture baisse, par ailleurs, au moment de l’accouchement
alors que c’est justement là que la mère et l’enfant courent un
risque élevé de perdre la vie.

Selon lui, 75% des décès néonataux se passent la première semaine
et plus de 50% des décès néonataux se passent à domicile, avec des
causes évitables et/ou traitables. Pour lui, il est donc impératif
de se pencher sur l’éducation de la communauté sur les soins
essentiels à administrer au nouveau-né.

Et, cette éducation doit appréhender les signes de danger
nécessitant des gestions simples au niveau familial, ou un
transfert rapide du nouveau-né dans une formation sanitaire pour
une prise en charge correcte. A cet effet, selon lui, cet atelier
contribuera à l’atteinte des Objectifs 4 et 5 du Millénaire pour
le Développement, à savoir la diminution de la mortalité infanto
juvénile et de la mortalité maternelle.

Et cela, par une meilleure prise en charge du nouveau-né dans les
programmes nationaux. Il a ainsi remercié l’ensemble des
partenaires techniques et financiers présents pour leur appui
considérable à la réussite de cet atelier.

Dado CAMARA

22 Février 2008.