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La création de la Force Citoyenne Démocratique (FCD), il y au moins une année, par l’ancien ministre du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées, et non moins ex-président du Mouvement Citoyen (M.C.), M. Djibril Tangara, avait suscité beaucoup d’interrogations tant sur le comportement de l’homme que sur la survie de son parti.

Mais qu’est-ce qui a donc poussé “l’Enfant de Kignan” à créer son propre parti ? Djibril Tangara parviendra-t-il à entraîner, dans son sillage, les responsables du M.C. ?

La FCD réusira-t-elle à s’imposer sur l’ensemble du territoire national ? Telles sont, entre autres, les questions sur lesquelles se focaliseront les observateurs politiques, surtout lorsqu’on tient compte de l’affirmation du Secrétaire chargé de la mise en place des bureaux du nouveau parti.

Il est à rappeler que Djibril Tangara fut, pendant longtemps, le président du Mouvement Citoyen, une association apolitique qui s’était fixée, comme objectif, la victoire et la réélection du candidat Amadou Toumani Touré aux échéances présidentielles de 2002 et de 2007.

Ainsi, en Avril 2002, l’apport du Mouvement Citoyen à l’élection d’ATT a été d’une importance capitale : c’est en partie grâce au M.C. que le candidat indépendant a pu damer le pion à ses concurrents des partis politiques.

Aussi, c’es peut-être par reconnaissance ou par récompense des bienfaits de l’association que son président, Djibril Tangara, a été nommé au poste de ministre du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées.

A ce poste, l’homme continua à se battre corps et âme, non seulement pour soutenir les actions du Chef de l’Etat, mais aussi pour assurer sa réélection en 2007. En témoignent les bras de fer que l’Association a soutenus contre les détracteurs du Président de la République.

Pourquoi donc ce brusque changement de Djibril Tangara?

La question mérite d’être posée, quand on sait c’est Djibril Tangara lui-même qui s’était farouchement opposé à la reconversion du M.C. en parti politique, au moment où la question avait été posée par les fondateurs du Parti Citoyen pour le Renouveu (PCR) : notamment, Ousmane Ben Fana Traoré et Modibo Doumbia, tous deux anciens responsables du CENA du Mouvement Citoyen.

Le Mouvement Citoyen ne se tranformera jamais en parti politique… On ne doit pas abandonner ses frères de lutte sur le chemin”, déclarait Djibril Tangara. Etait-ce pour conserver sa place ou gagner davantage en notoriété qu’il réagissait ainsi? Dans tous les cas, le comportement de l’homme, après son éviction du gouvernement du deuxième mandat d’ATT, laisse à désirer.

En effet, selon de nombreux citoyens, c’est à cause de son absence dans l’équipe gouvernementale de Modibo Sidibé que Djibril Tangara a décidé de créer son propre parti dénommé “ Force Citoyenne Démocratique”.

Ce faisant, l’ancien ministre du Développement Social s’est laissé rattraper par ses propres propos, tout en donnant raison aux fondateurs du PCR. Ces derniers ne soutenaient-ils pas que la raison et l’objectif de la création de leur parti étaient de permettre, à ses militants, d’evoluer sur la scène politique, au même titre que ceux des partis politiques?

Comme atteint par une certaine amnésie ou rattrapé par les réalités actuelles du contexte politique, Djibril Tangara semble avoir oublié que c’est lui qui contredisait l’argument avancé par le PCR, en affirmant que le but de la création du MC n’était pas de fournir, à ses militants, un instrument pour faire la politique.

La FCD de Tangara s’impose t-elle réellement?

C’est cette question qui brûle aujourd’hui toutes les lèvres, après cette déclaration du secrétaire chargé de la mise en place des bureaux dudit parti : “2937 personnes à travers le pays ont répondu favorablement à l’adhésion au parti FCD… Ce qui atteste que la FCD sera présente sur tout le territoire national…

Peut-on affirmer que le parti FCD, avec seulement 2937 adhérents, est présent sur l’ensemble du territoire? Ainsi s’interrogent certains observateurs politiques, pendant que d’autres se demandent si ledit secrétaire du parti en question maîtrise réellement la donne politique malienne actuelle.

Car, en définitive, pour pouvoir s’imposer aujourd’hui sur la scène politique, il faut disposer de quelques dizaines de milliers de militants et sympathisants à travers le pays.

Moussa TOURE

21 Mai 2008