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Les Maliens ne se font pas attendre après l’entretien sur les antennes de RFI du chef de l’Etat béninois et président en exercice de l’Union africaine (UA), Thomas Boni Yayi sur la crise du Nord du Mali où il a évoqué l’envoi d’une « force africaine qui opère avec le soutien des Nations unies« . Dans le micro trottoir ci-dessous, des Maliens apprécient les propos du président Boni. Réactions.

Abdoulaye Samaké (technicien des télécommunications) :

« Ce que le président Yayi Boni a dit sur la crise du Nord est vrai. Si on ne fait rien, le Nord va devenir plus qu’un deuxième Afghanistan. L’aide des troupes étrangères est aujourd’hui nécessaire pour le libérer. Si on a l’aide de l’Union africaine et l’ONU, c’est un atout. Toutes les solutions qui nous permettront de recouvrer le Nord sont les bienvenues ».

Fotigui Traoré (contrôleur des finances) :

« Il faut que le Nord soit vite stabilisé. Le président Yayi Boni a raison. La crise du Nord du Mali est un problème mondial. Si on n’agit pas vite, la situation va s’empirer. Nos militaires revendiquent chaque fois du matériel pour aller au nord. Mais, on a trop entendu cette musique-là qui ne mène nulle part. Depuis février, le Nord est pris et les Nordistes vivent dans la terreur. Ce problème ne peut plus attendre ».

Amadou Diallo (Sotelma) :

« Je ne suis pas pour l’envoi de la force africaine au nord. On doit toujours négocier. Pour moi, on n’a pas bien négocié. On parle de négociation, mais on n’a rien fait ».

Salif Coulibaly (jeune diplômé sans emploi) :

« Je veux qu’on équipe bien notre armée pour libérer le Nord. C’est mieux que de nous envoyer la force africaine. Je fais toujours confiance à notre armée nationale ».

Balla Diabaté (ancien militaire) :

« J’ai bien suivi l’entretien de Yayi Boni sur les antennes de RFI ce matin (Ndlr : jeudi matin). Ses propos m’ont convaincu. Le problème du Nord est devenu un problème mondial. Il nous faut nécessairement l’aide de la force africaine. Les pays voisins doivent également s’impliquer. Le problème nous a dépassé. Notre armée seule ne peut plus combattre le MNLA, Ançar Eddine et Aqmi. Le Nord est vaste et nous ne sommes pas équipés ».

Ousmane Cissoko (homme d’affaires) :

« Je ne veux pas que le Mali reste divisé. Pour moi, le dialogue n’est plus la solution. Je ne contredis pas Yayi Boni, mais ce sont les militaires maliens qui doivent d’abord aller combattre les rebelles. S’ils demandent du matériel, qu’on les équipe pour qu’ils aillent le plus rapidement possible au nord. Mais, gare à eux s’ils fuient encore en laissant ces matériels derrière eux ».

Samba Niaré (chauffeur) :

« Je veux tout simplement qu’on dote notre armée de matériels. La force africaine peut venir en appoint si l’armée exprime les besoins ».

Mody Coulibaly (agent de sécurité) :

« Si la force africaine vient, il y aura la confusion. Il est plutôt bon à mon avis de donner le matériel adéquat à l’armée malienne pour libérer le Nord ».

Propos recueillis par

Sidiki Doumbia

Les Echos du 1er Juin 2012