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A l’allure où vont les choses, et compte tenu des comportements inadmissibles de certains responsables qui se croient pourtant indispensables, le football malien n’est pas prêt de sortir de l’ornière, sinon de sa torpeur et sa tourmente. En effet depuis un certain temps, on assiste au retour des “vieux démons” qui depuis plus de six ans, avaient hanté et pourri la vie du football malien. Et c’est le même scénario qui se dessine actuellement, et cela, à quelques mois du renouvellement du bureau fédéral.

Sur les causes d’échec du football malien, les avis son quasi unanimes : le manque d’esprit de sacrifice et la sauvegarde des intérêts personnels Si bien qu’il ne fait aucun doute aujourd’hui que deux tendances vont s’affronter, au cas où le consensus prôné par le Comité National Olympique et Sportif du Mali (CNOSM) et le ministère de la Jeunesse et des Sports n’aura pas lieu. Il s’agit de celle du bureau fédéral actuel qui va désigner un candidat (au cas où Salif Keïta se retirait), celle dirigée par Amadou Diakité et qui comprend les “Rénovateurs” et Hamadoun Kola Cissé.

Selon nos informations, c’est Hamadoun Kola Cissé qui sera désigné comme candidat. Mais la question qui taraude l’esprit du public sportif, c’est celle de savoir : pourquoi Amadou Diakité, qui est pourtant membre de la FIFA et de la CAF, tient coûte que coûte à imposer ses hommes, après avoir pourtant dirigé la Fédération Malienne de Football (FEMAFOOT) de 1992 à 2003, avant de… démissionner?…

En principe, vu ses expériences et sa place actuelle au sein des instances internationales, Amadou Diakité devrait plutôt pouvoir réunir tous les acteurs du sport-roi autour d’une table en vue de mettre fin aux crises incessantes du football, depuis 2005. Mieux, Amadou Diakité a été honoré par le Chef de l’Etat Amadou Toumani Touré, qui l’a nommé comme Conseiller Spécial du football à la Présidence.

Aussi, un observateur sportif, de fustiger :On ne le comprend pas du tout. Au lieu d’aider le Mali à se hisser au firmament africain et mondial auprès de la CAF et de la FIFA, vu la place qu’il occupe, il veut toujours avoir un droit de regard sur la gestion de la fédération. Pourtant, il a eu la chance d’en être le président pendant onze ans, sans que personne n’ait cherché à lui mettre des bâtons dans les roues. Qu’il sache qu’il ne peut pas imposer quelqu’un de force, mais ce sont les Ligues et les quatorze équipes de la Ligue 1”.

Toute chose qui fait croire, à plusieurs fans du ballon rond, que c’est Amadou Diakité qui est à la base des échecs répétés des équipes nationales, ainsi que du choix des arbitres devant officier les matches du Mali. “A travers ses manoeuvres, si jamais il est confirmé que c’est lui qui veut imposer Kola Cissé à la tête de la FEMAFOOT, nous pouvons croire que ce qui se dit est vrai. Cela veut dire que si Kola ne passe pas, les équipes nationales peuvent être à la merci des arbitres africains“, a renchéri un autre observateur. En effet, comme tout le monde le sait, c’est Amadou Diakité qui préside à la tête de la Commission des arbitres de la CAF.

Si, du côté du bureau fédéral actuel, on s’active en vue de mettre des moyens et stratégies en plave pour faire élire un candidat, du côté de la tendance de Amadou Diakité, des réunions et échanges sont organisés tous les mardi après-midis, à l’hôtel Azalaï Salam.

Aussi, sachant qu’ils n’ont aucune chance d’être élus à la FEMAFOOT, les “Rénovateurs“ ont décidé d’aller grossir les rangs de Kola Cissé. C’est ainsi que ses membres se concertent afin de peaufiner des stratégies en vue d’accéder à la tête de la fédération : notamment, les anciens arbitres internationaux, Ben Deka Diakité et Sidi Bekaye Magassa, l’ancien dirigeant du Stade malien de Bamako, El Haj Soumounou, Djibril Traoré (de l’ORTM), Aguibou Bah, Souleymane Magassouba, Amadou Diakité, Kola Cissé.


Une bataille déséquilibrée

Dans un autre contexte, le fait d’avoir deux candidatures opposées est tout à fait normal. Mais le cas du Mali (surtout entre ces deux candidatures), relève d’une certaine vengeance réciproque. En effet, vu la situation actuelle, on peut dire que la tendance Amadou Diakité est vouée à l’échec ; car les trois quarts des 14 équipes sont favorables au candidat qui sera désigné par le bureau fédéral, contre 2 ou 3 équipes en faveur du candidat d’Amadou Diakité. Concernant les Ligues, c’est le même cas de figure.

Du coup, le plébiscite ira vers le candidat du bureau fédéral, lorsqu’il s’agira de passer au vote . Ce qui risque de durcir la rivalité entre le bureau fédéral actuel et Amadou Diakité et compagnons. Constatant cela, le Comité Olympique et le ministère des Sports sont en train de tout faire pour amener tous les acteurs de ballon rond autour d’une table, afin de dégager un bureau consensuel.

Mais le manque de sacrifice et la sauvegarde des intérêts personnels sont là. Et chacun, de penser que le football malien ne peut se construire sans lui. Ce qui explique que le sport-roi continue de vivre des moments sombres. C’est dire que le bout du tunnel est encore très loin.

Le Président de la République interpellé

“En fait, ces prétendus bienfaiteurs du football malien ne songent qu’à eux seuls. Au moment où de nouvelles nations sont en train d’émerger sur les plans africain et mondial, au Mali, le football ne fait que traîner“, dit amèrement u supporter. En tout cas, de 1960 à nos jours, aucune équipe nationale (Senior, Espoir, Junior, Cadet), ni aucun club, n’ont goûté aux délices d’une Coupe africaine.

Et pourtant, il y existe au moins cinq maliens au niveau des instances africaine et mondiale. Certes, on ne leur demande pas de tricher pour le Mali, mais au moins, mettre fin aux injustices et autres torts causés au football malien. Et c’est le lieu de noter le cas de ces personnes qui ont eu à diriger les affaires du football malien sans qu’il n’y ait aucun bruit ou une quelconque destablisation.

C’est ce qui avait d’ailleurs permis au Mali de se qualifier à la CAN 1994, après 24 ans d’absence, et surtout, d’obtenir l’organisation de la CAN Cadets (en 1995) et de la CAN Seniors (en 2002) au Mali. Cela avait également permis au Mali d’être doté de cinq stades (Stades du 26 Mars, de Kayes, de Ségou, de Mopti et de Sikasso), sans compter la rénovation du Stade Omnisports de Bamako.

L’ambition d’Amadou Diakité pour la Fédération Malienne de Football ne s’explique donc pas, encore moins son désir de vouloir imposer son candidat, et cela, après avoir volontairement démissionné de la FEMAFOOT, lors des assises de Koulikoro. A moins qu’il n’ait été contraint de démissionner…

D’ailleurs les problèmes ont commencé lorsque son successeur, Tidiane Niambélé, a été contraint de quitter brusquement la FEMAFOOT, en 2005. Et depuis lors, les crises se sont succédées, jusqu’à nos jours. La preuve : toutes les initiatives entreprises -notamment, avec la recherche de sponsors comme Ikatel, Orange-Mali, IFAP Sports- ont été sabotées ou dénigrées par des adversaires du bureau fédéral.

Selon nos sources, une délégation avait effectué le déplacement au siège de IFAP Sports pour faire en sorte que le bureau fédéral actuel ne soit pas crédible, donc impopulaire. Tout cela, uniquement pour nuire aux responsables dudit bureau.

Tout était parti de la publication, sur le Net et dans certains journaux, du contrat confidentiel du contrat IFAP Sports. Or, plusieurs clubs de première division ont signé des contrats avec des partenaires nationaux et étrangers, sans qu’on ne publie, sur le Net ou dans les journaux, le contenu de ces accords. C’est dire qu’il y a là une volonté manifeste de nuire et de détruire “l’adversaire“.

Face aux importants futurs enjeux du football, notamment les éliminatoires combinées de la CAN et du Mondial 2010, le Président de la République, Amadou Toumani Touré, est une fois de plus interpellé. Car le peuple malien pense qu’aujourd’hui, il est le seul capable de mettre fin à ce climat délétère, voire d’animosité, qui règne entre les partisans de M. Amadou Diakité et ceux du bureau fédéral. Car, pour que le Mali puisse se qualifier, pour la première fois (notons le) à une Coupe du monde, il faudra qu’au préalable le climat soit totalement apaisé au sein des instances du foot.

D’ailleurs, le ministre des Sports peut même reporter la date de ce renouvellement du bureau fédéral cette année, en attendant la fin des éliminatoires, puisqu’il semble que les belligérants veulent s’entre-déchirer uniquement à cause des postes. Sinon, pourquoi ne pas tout simplement tomber d’accord sur un bureau consensuel, si chacun veut réellement l’avancée du football?

Si chacun est animé de bonne foi et d’une once d’esprit de sacrifice, rien ne pourra empêcher le football malien de réussir. Malheureusement, la raison du “combat” est plutôt ailleurs…

A Mali, il ne manque ni de belles initiatives, ni d’efforts consentis, ni de ressources humaines (dirigeants et joueurs), ni d’infrastructures sportives, ni de motivations matérielles et financières. Et tout le monde est unanime que l’Etat dépense beaucoup, pour ne récolter finalement… que de la “de la poussière”. Et cela, à cause du comportement de certains responsables simplement mécontents de ne pas avoir été membres du bureau fédéral ou de n’avoir pas été choisis soit comme entraîneur, soit pour effectuer des voyages à l’extérieur en compagnie des Aigles.

S’il en est donc ainsi, que dire alors de certains dirigeants et acteurs de la discipline qui, malgré leurs aides et apports, n’ont jamais été élus membres du bureau fédéral? Pourtant, ils continuent encore d’aider le football malien, de par leurs actions positives.


Sadou BOCOUM

29 Janvier 2009