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Classé 3e du championnat du district 2007-2008, l’AS Mandé de la Commune IV du district de Bamako vient de recruter des renforts de taille afin de mieux défendre son titre de champion national et surtout pour mieux se préparer en vue de la saison prochaine. Ce pionnier du football féminin a en effet recruté trois internationales de la Guinée-Conakry. Zoom sur la légion guinéenne de l’AS Mandé.


Fatoumata Camara :
le poumon d’acier de la légion
Belle, élégante et talentueuse, Fatoumata a été l’une des grandes attractions de la fin du championnat du district.

Elle a été pistée par les responsables du Mandé lors des deux confrontations entre les équipes nationales du Mali et de la Guinée dans le cadre des éliminatoires de la Can féminine prévue en fin d’année en Guinée équatoriale.

« C’est le président de l’AS Mandé, Boubakar Thiam, qui m’a contacté en Guinée pour venir renforcer son club », rappelle celle que ces coéquipières ont surnommé « Maniche ». C’est presque à la fin de la saison 2007-2009 que Fatoumata est arrivée.

Ce qui ne lui pas donné l’opportunité de disputer assez de rencontres. Mais, pour les responsables de la section féminine de l’AS Mandé de la Commune IV, il s’agit surtout de préparer la phase nationale du championnat et surtout la saison prochaine.

Et déjà, l’ex-capitaine de l’AS Volonta de Conakry et étudiante en anglais (après l’école franco-arabe) se sent bien à l’aise dans ce club. « Je suis très satisfaite des conditions que ce club m’offre », dit-elle. Pour cette joueuse bourrée de talent, « le football féminin est mieux organisé au Mali qu’en Guinée où il n’y a, pour le moment, aucune forme de championnat ».

Le football, elle y est venue comme la plupart des joueuses : par passion ! « Quand j’étais à Boké, je jouais avec mon grand frère (Issaka Camara, présentement étudiant en Egypte) et ses amis. Ce dernier partait rarement jouer sans moi. C’est ainsi que j’ai pris goût au foot », explique-t-elle. Et pourtant, les choses n’étaient pas faciles au départ. « Mon père ne voulait pas me voir jouer au football », se rappelle-t-elle.

De Boké, où elle a passé une grande partie de son enfance, Fatoumata rejoint la capitale en 1997. Elle y passe son temps libre à jouer contre les garçons. Ce n’est qu’en 2004 qu’elle a intégré l’équipe féminine de l’AS Volonta.

Elle a ensuite fait quelques apparitions avec la sélection féminine du Syli. Et c’est la mort dans l’âme que Fatoumata a raté la qualification pour la Can de Guinée équatoriale parce que c’était, pour elle et ses coéquipières, l’occasion de se mettre en valeur dans l’espoir d’un contrat professionnel. « Je rêve d’être une grande star du foot féminin. Je pense que mon passage au Mali va beaucoup m’aider à réaliser ce rêve », souligne Maniche. A 19 ans, elle est déjà promise à une belle carrière.

Hawa Néné Conté dite « Kaka » : la pionnière de la légion
Ailière droite, Hawa Nènè Conté dite Kaka est l’une des grandes recrues guinéennes de l’AS Mandé de Bamako, pionnière en matière d’expérimentation du foot féminin au Mali. « C’est au cours d’une opposition entre le Mali et la Guinée que les responsables du Mandé m’ont découverte. Ils m’ont ensuite proposé de venir jouer dans leur club », nous explique cette jeune joueuse de 18 ans.

Elle est la première de la légion à intégrer le Mandé. « Je ne regrette pas d’être là aujourd’hui parce que c’est un club qui a de l’ambition. Et les dirigeants nous offrent de meilleures conditions pour nous permettre de progresser et atteindre nos ambitions », reconnaît Hawa qui a signé deux ans de contrat avec l’AS Mandé de la Commune IV.

Pour ses débuts, cette élève de la 7e année fondamentale a emprunté la même voie que la grande partie des « footballeures ».

En effet, « c’est mon frère qui m’amenait avec lui au terrain. C’est ainsi que, en 1998, j’ai commencé à jouer avec lui et ses amis », se rappelle Kaka. Elle intègre son premier club, Planète, en 2001 et se voit alors ouvrir les portes de l’équipe nationale féminine de la Guinée-Conakry. Cette virevoltante ailière a déjà porté le maillot national près de six fois.

Comme Fatoumata, elle déplore la non-qualification de son pays pour la Can féminine. « C’est dommage parce que nous avons donné le meilleur de nous-mêmes pour nous qualifier. Mais, je trouve que notre encadrement technique n’a pas été à la hauteur. Il n’y a pas de constance dans son travail », déplore-t-elle. Cette joueuse courageuse et pétrie de talent est très ambitieuse comme toute sa génération.

« Je voudrais être la meilleure joueuse du Mali la saison prochaine et donner beaucoup de trophées au Mandé, dont ceux du championnat du district et national. Je rêve ensuite de jouer dans un club professionnel en Europe et d’être une grande star pour contribuer au développement du foot féminin en Guinée et en Afrique », révèle-t-elle. Un rêve largement à la portée du talent de… Kaka !


Maïmouna Camara dite Maï : la tour de contrôle de la défense

« En Guinée, le foot féminin n’est pas bien organisé et il n’y pas de compétitions dignes de ce nom. C’est pourquoi quand les dirigeants du Mandé m’ont offert la possibilité de jouer dans leur club, j’ai sauté sur l’occasion », explique Maïmouna Camara dite Maï, la 3e « larronne » de la légion guinéenne de l’AS Mandé.

Comme ses deux compatriotes, l’ex-sociétaire de Planète de Conakry se dit également satisfaite par les conditions offertes par l’AS Mandé. « C’est un club qui fait beaucoup pour les joueuses. Toutes les conditions sont réunies pour nous permettre de nous épanouir et permettre au club d’atteindre ses objectifs sportifs », précise la solide tour de contrôle de la légion. Le fait d’être habile des deux pieds est aussi un atout de taille à son actif.

Elle a goûté à la sélection nationale à l’occasion de la double confrontation contre l’équipe féminine du Mali. Deux matches malheureusement perdus par les Guinéennes. Mais, avec son talent et la passion qui l’animent, elle peut hisser son pays loin dans le gotha africain du foot féminin.

« J’aimerais jouer au foot toute ma vie », avoue-t-elle. Ses débuts en football ? Elle en parle avec la même passion. « Mes parents n’ont pas eu de garçon. Ce qui fait que mon père m’a éduquée comme un garçon car nous sommes beaucoup liés », reconnaît-elle du haut de ses 22 ans.

L’excellente joueuse ajoute : « J’ai alors commencé à jouer avec les garçons dans la rue. Les passants étaient émerveillés et disaient que je jouais mieux que les garçons. Cela me faisait beaucoup plaisir et je me donnais à fond pour progresser ». Après une équipe de quartier, elle intègre le FC Planète.

Son rêve, comme celui de tous les talents de son âge, est de jouer un jour dans un club professionnel en Europe. Mais, pour le moment, son souhait est de signer un long bail avec l’AS Mandé et aider ce club à retrouver sa splendeur d’antan.


Alphaly

07 Aout 2008