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Ces derniers temps, la présence de nombreux étrangers dans le championnat d’élite du football malien a contribué véritablement à renforcer les principaux clubs et surtout niveler la compétition qui est devenu de plus en plus alléchante.

Aujourd’hui, on est certes assez loin de la période où un certain Moussa Kanfédeni, cet étudiant nigérien, illuminait, tout de Blanc vêtu, le stade omnisports de Bamako et certaines arènes sportives africaines. Kanfé, l’un des tout premiers étrangers du championnat malien, faisait la fierté de son club, le Stade malien de Bamako et de l’ensemble du football malien.

C’était à la fin des années 1970.

Mais l’histoire récente du championnat national, début 2000, nous montre les traces des Ghanéens Abbey Shamo et Siraju Mohamed qui ont évolué, eux aussi, sous les couleurs du Stade malien de Bamako, sous les ordres de leur compatriote Abdul Razak Karim. Ou encore de ce groupe d’Ivoiriens mené par Jacques Koffi N’ guessan et entraîné par Lama Bamba, sous les couleurs de l’AS Réal.

Une dizaine d’étrangers

De nos jours, les footballeurs étrangers sont légion dans le championnat national. Cette saison, ils sont près d’une dizaine, en provenance surtout des pays voisins tels que la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Burkina Faso. Ces étrangers constituent des renforts pour les clubs qui les engagent, du moins dans la plupart des cas.

A priori, le club qui engage un joueur venant de l’étranger, le fait pour combler un vide, surtout que les règlements généraux de la fédération malienne de football rendent les mutations de joueurs locaux assez difficiles.

Suivant l’article 21 de ces règlements généraux, les clubs désireux de faire transférer des joueurs d’autres clubs sont tenus de verser au club quitté un montant variant entre 2 millions et 4,5 millions de FCFA, en fonction du statut( international ou non) du joueur concerné.

En tenant compte de la satisfaction des conditions posées par le joueur, un club qui serait tenté de débaucher un international confirmé justifiant d’au moins 10 sélections, peut être emmené à verser près de 10 millions, comme frais de transfert.

C’est ce qui a semble motiver de nombreux clubs à s’engager sur la voie du renfort avec des joueurs étrangers. Mais, le nouveau venu rencontre souvent des difficultés, car les joueurs qu’il est censé renforcer lui deviennent par moment hostiles. Aussi, le résultat escompté n’est pas toujours atteint. C’est ce qui a poussé certains clubs à instaurer un système de traitement salarial avec leurs joueurs locaux aussi.

Le Stade malien de Bamako et le Djoliba AC constituent la destination privilégiée des joueurs étrangers.
Pour cette saison 2007-2008, ces deux clubs et l’AS Réal de Bamako ont accueilli le plus grand nombre de joueurs étrangers et d’autres joueurs sont à l’essai.

Les étrangers engagés ont une influence plus ou moins grande sur le jeu de leurs clubs respectifs.
Cette année la plupart d’entre eux ont des difficultés d’adaptation et arrivent difficilement s’imposer. C’est notamment le cas du jeune attaquant burkinabé, Mohamed Ouédrago qui, pour une première sortie hors du Burkina Faso, a choisi d’évoluer dans les rangs du Stade malien.

Âgé de seulement 20 ans, l’ancien sociétaire de l’ASFA Yenenga voyait en son engagement avec les Blancs un moyen sûr de rentrer dans le professionnalisme. Pour lui le niveau du championnat malien est suffisamment élevé pour forger son talent et lui permettre de s’ouvrir les portes du football européen ou asiatique. C’est pourquoi, « j’ai choisi de venir au Stade malien qui est du reste un grand club ».

Certainement son choix a été influencé par la présence dans les rangs stadistes de son compatriote Rachid Compaoré qui joue la doublure du portier Soumaïla Diakité. Le portier burkinabé qui est ainsi à sa deuxième présence dans le championnat malien, est surtout un gardien d’expérience. Il a 26 ans, depuis sa première sortie à l’âge de 18 ans, Rachid a évolué dans de nombreux clubs dont Goldfield d’Obuasi, un club émirati.

Mais, c’est à partir de son club de formation, le FC Santos du Burkina, qu’il a rejoint les rangs du stade malien avec lequel il dit avoir connu une expérience enrichissante. Les deux burkinabé du Stade malien assurent bénéficier d’un traitement à hauteur de souhait. D’après nos informations, ils sont logés par les soins du club qui leur assure également un salaire décent qui avoisinerait les 200.000 FCFA.

Avec l’Ivoirien Benogo Diaby, ils constituent le trio d’étrangers engagés cette année par l’équipe du président Mahamadou Samaké pour les besoins de la ligue des champions.
En championnat national, aucun club ne peut utiliser plus de 3 joueurs étrangers au cours de la même rencontre, tandis qu’en compétition internationale, on peut utiliser jusqu’à 4.

Ceci explique certainement le fait que les clubs qui engagent les étrangers dépassent rarement le nombre de trois joueurs.
Le Djoliba, tête de file des employeurs
Le Djoliba AC qui a pourtant beaucoup recruté sur le plan local compte environ 4 étrangers qualifiés pour le présent championnat national. Ce sont le Nigérian Samson Akintao Tunde, le Burkinabé Yacouba Lamoukry, l’Ivoirien Aimé Koffi et le Béninois Nouhoum Kobina.

La particularité dans le cas djolibiste réside dans le fait que les deux derniers cités ont été transférés de clubs évoluant dans le championnat national. Aimé Koffi a d’abord brillé de mille feux avec le CS Duguwolifila pour convaincre les recruteurs djolibistes, alors que Nouhoum Kobina est un prêt de l’ASB. Donc, Yacouba Lamoukry semble le seul que le Djoliba est allé chercher pour venir le renforcer. Ce fait est surtout perceptible à travers les prestations de l’attaquant qui ne cesse de faire des malheurs dans les camps adverses.

Le club présidé par Karounga Kéita a mis ses étrangers dans de bonnes conditions, selon les joueurs eux-mêmes que nous avons interrogés.
Cette année, l’AS Réal repose surtout sur l’expérience et la classe de son buteur, Momo Wandel Soumah,. Cet international guinéen de 31 ans apprécie le niveau du championnat national et trouve que le football malien accueille bien les étrangers. Après l’étoile du Sahel de Sousse, l’Asante Goldfield, la Jeanne d’Arc du Sénégal, la Libye et les Emirats Arabes Unis, Momo Wandel entend faire profiter son expérience à l’AS Réal de Bamako qu’il veut conduire à jouer les premiers rôles dans l’élite.

Les Scorpions (qui doivent leur renaissance actuelle au recrutement de joueurs ivoiriens), compte actuellement sur trois joueurs venus de la Guinée et du Nigeria. En plus du buteur Soumah, il faut compter l’autre Guinéen Abou Sanassi Conté et le Nigérian Ukofor, qui connaît de réelles difficultés d’adaptation. Pour avoir contracté une vilaine blessure, le junior guinéen, Conté, n’a pu tenir le rôle escompté. Il demeure malgré tout un espoir sûr pour la Guinée.

Un autre jeune guinéen, Moussa Magassouba mouille actuellement le maillot à l’ASB après avoir été formé au CSK.
Au delà de ces joueurs qui évoluent en première division, d’autres joueurs plus ou plus connus font leur trou dans des clubs de deuxième division. Il se trouve qu’en fait la plupart des étrangers qui sont dans le championnat national pensent que la présence de nombreux recruteurs au Mali peut faciliter leur départ pour le Maghreb, le Golfe ou l’Europe. C’est pourquoi, sans même être contactés, certains viennent par eux-même tenter leur chance.


Souleymane Diallo

05 Mai 2008