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Sur instruction du gouvernement, la Mission de restructuration du secteur coton (MRSC) a commandité une étude sur la mise en place du Fonds de soutien au prix du coton graine. Les propositions issues de cette consultation ont fait l’objet de nombreuses concertations à la base avec les producteurs. Au cours de ces rencontres, ces derniers ont unanimement exprimé leur adhésion à la mise en place de ce fonds. Ils ont également opté pour que ledit fonds soit logé à la Faîtière nationale des sociétés coopératives des producteurs de coton et de confier la gestion à une Commission transitoire en attendant la création de cette faîtière.

Dans la suite logique de ces concertations, la même Mission de restructuration a organisé un atelier national sur la mise en place de ce fonds avec les représentants des producteurs de toutes les zones de production cotonnière de la CMDT et de l’OHVN. L’objectif principal était d’adopter des modalités efficaces de mise en place de ce fonds. La cérémonie était présidée par le Chef de la MRSC, Fagnanama Koné entouré du PDG de la CMDT, Ousmane Amion Guindo, du vice-président du Groupement des syndicats des producteurs de coton et vivriers du Mali, Mèmè Diallo.

La mise en place de ce fonds est l’un des points clés du protocole d’accord Etat-CMDT- producteurs sur la fixation du prix d’achat du coton graine. Ce document stipule que le prix final de la campagne est calculé sur la base d’une répartition des revenus bruts de la filière entre les producteurs pour 60 % et la CMDT pour 40 %. La part des producteurs dans l’excédent éventuel sera répartie entre le complément de prix aux producteurs, c’est-à-dire la part qui sera directement versée aux producteurs en plus du prix d’achat et la dotation du Fonds de soutien.

Cependant, au cas où le prix auquel le coton est vendu sur le marché mondial ne couvre pas le prix payé aux producteurs lors de la commercialisation du coton par la CMDT, le Fonds de soutien procédera au remboursement à la CMDT, dans les limites de la dotation du Fonds, du trop perçu par les producteurs. L’avantage de la création du fonds est qu’il permet d’éviter toutes réclamations aux producteurs à la suite d’un mauvais comportement du marché mondial de la fibre.

L’évaluation de la campagne cotonnière 2005-2006, qui a enregistré un excédent commercial, a permis d’établir le montant du supplément de rémunération des producteurs au titre de la campagne 2005-2006 qui s’élève à plus de 5 milliards de FCFA.

Faut-il rappeler que ces fonds ont fait l’objet de beaucoup de spéculations au sein du monde rural où nombreux sont ceux qui pariaient sur son détournement. Voilà que le fonds, aux dires du PDG de la CMDT et du Chef de la MRSC, existe bel et bien. Fagnanama Koné d’insister sur l’importance du fonds de soutien pour la pérennisation de la culture du coton. Mais cela exige la prise de décisions responsables et bénéfiques par les paysans. Car, rappelle t-il, « notre filière connaît depuis des années des problèmes que nous devront résoudre d’abord entre acteurs directement concernés avant de solliciter l’appui du gouvernement et des partenaires techniques et financiers« .

Une vision partagée par le patron de la CMDT, Ousmane Amion Guindo, qui a invité les producteurs à faire confiance à ce nouvel instrument qui pourra constituer l’une des solutions aux fluctuations du prix du coton sur le marché mondial. Les différentes organisations professionnelles des producteurs de zones cotonnières ont plaidé à ce que ce fonds soit partagé au moins à 80% entre les paysans et le reste devra être versé dans le fonds de soutien.

Youssouf CAMARA

13 juillet 2006