Partager

« Réussir ensemble l’intégration » ! Telle est la devise de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) qui a pour missions et objectifs : l’unification des espaces économiques nationaux, pour transformer l’Union en un marché porteur et attractif pour les investisseurs et la consolidation du cadre macro-économique des Etats membres, à travers l’harmonisation de leurs politiques économiques, notamment budgétaires, ainsi que par le renforcement de leur monnaie commune.

C’est conformément à ses objectifs que le Réseau pour l’excellence de l’enseignement supérieur en Afrique de l’Ouest (Réesao) a recommandé à l’Uémoa d’uniformiser les taux d’inscription dans tous les pays membres de l’espace Uémoa. Cela simultanément avec l’introduction du système licence-master doctorat (LMD).

Concrètement, l’uniformisation suppose que les conditions d’inscriptions dans les Facultés seront les mêmes dans tous les 8 pays membres de l’Union. Autrement dit, un étudiant malien pourra s’inscrire et étudier dans les mêmes conditions dans une Faculté sénégalaise que son camarade du Bénin du Burkina Faso ou encore du Niger ou vice-versa.

Mais, aujourd’hui, le constat est que les recommandations de Réesao tardent à s’appliquer. Ainsi les conditions d’inscriptions dans les pays membres de l’Uémoa diffèrent d’un pays à l’autre. Abdoul Salam Diakité, appui-conseil au rectorat de l’Université de Bamako, soutient qu’il ne connaît pas les raisons du retard dans la mise en œuvre de la recommandation du Réesao qui est, il faut le dire, une mesure réelle d’intégration.

Au Mali, les frais d’inscription d’un étudiant national sont fixés à 5000 F CFA tandis qu’il est de 4300 F CFA au Sénégal et 25 000 F CFA au Bénin. Les frais d’inscription des étrangers diffèrent également de pays en pays et d’une Faculté à l’autre. Par exemple la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) fait payer 300 000 F CFA par an par étudiant alors que les frais sont plafonnés à 250 000 F CFA dans plusieurs Facultés comme la Faculté des sciences et techniques (Fast).

Le nouveau regroupement des universités ouest-africaines s’est aussi engagé à définir le contenu des programmes de formation et la nomenclature des diplômes de façon à favoriser la mobilité des étudiants et l’institution de diplômes trans-universitaires. Il entend favoriser entre ses membres toute autre forme de coopération académique, pédagogique, scientifique et culturelle.

Le Réesao a pour mission de promouvoir une nouvelle politique de coopération universitaire axée prioritairement sur la modernisation de l’offre de formation universitaire en vue de faciliter la mobilité et l’insertion professionnelle.

Le Réesao regroupe les universités d’Abdou Moumouni (Niger), Abobo-Adjamé, Bouaké et Cocody (Côte d’Ivoire), Abomey-Calavi et Parakou (Bénin), Lomé et Kara (Togo), Koudougou, Ouagadougou, Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) et l’Université de Bamako.

Amadou Waïgalo

07 Novembre 2008