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Le remaniement ministériel intervenu le jeudi dernier était très attendu par les Maliens. Parce qu’il devrait consacrer l’entrée dans le gouvernement de membres de la rébellion de Kidal qui prennent la République en otage.

Mais l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale a été accueillie avec un grand scepticisme. La raison est simple. Aucun membre influent de la Coordination des mouvements armés de l’Azawad n’est présent dans cette équipe.

Très vite, le scepticisme des Maliens cède la place à une grosse humiliation. En effet, la réaction de la CMA est tombée comme un couperet. Dans un communiqué diffusé, le vendredi dernier, cette organisation dit ceci : «La Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) porte à la connaissance de l’opinion nationale et internationale qu’elle n’a déposé aucune liste, ni proposé aucun de ses membres pour figurer dans le nouvel appareil d’Etat malien et n’en a aucunement l’intention en dehors des mécanismes de concertation, de gestion et de partage du pouvoir, prévus par l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger dans lequel elle s’inscrit parfaitement.

Par ailleurs, la CMA appelle à une mise en œuvre diligente et effective de toutes les dispositions contenues dans l’accord pour la paix en général et particulièrement l’accélération de L’ENTENTE tripartite et les patrouilles mixtes pour asseoir les mesures de confiance et de Coopération entre les parties, gages de la réussite de tout le processus.

La Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) demande à la médiation sous l’égide de l’Algérie en tant que Chef de file et à la communauté internationale de jouer pleinement et rigoureusement leur rôle de suivi et de garants de la mise en œuvre de l’accord pour le retour d’une paix définitive ». En clair, les rebelles de Kidal (habitués aux surenchères) déclinent le cadeau à eux offert par le chef de l’Etat…

En réalité, il s’agit là d’une nouvelle humiliation infligée à Ibrahim Boubacar Keïta qui ne cesse de multiplier les gestes de bonne volonté pour satisfaire une rébellion de plus en plus exigeante et qui espère obtenir tout par le chantage et la pression.

Au-delà de l’humiliation d’IBK, c’est toute la République qui vient (encore) de recevoir une belle gifle de la part des responsables de la CMA.

La question fondamentale qui se pose aujourd’hui est celle-ci : jusqu’où IBK va-t-il continuer à s’humilier ? Au-delà à humilier la nation malienne ?

En attendant, cette nouvelle humiliation vient s’ajouter à une longue chaine sous l’actuelle gouvernance. Ainsi, après deux ans et demi d’exercice, IBK a apporté la preuve qu’il a une capacité inouïe d’encaisser les coups. Tous les coups. Voilà pourquoi il est resté de marbre face aux multiples scandales (achat de l’avion et sanction du FMI), révélations (affaire Tomi) et tragédies (débâcle de Kidal) qui ont jalonné son mandat. Mais de grâce ! Il est temps qu’IBK cesse d’humilier le Mali.

CH Sylla

L’Aube du 11 Juillet 2016