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Attaques rebelles : Trois Gendarmes enlevés à Tessalit

Au moment où le gouvernement malien et le groupe d’Ibrahim Ag Bahanga renouent le dialogue sous l’égide du gouvernement algérien, voilà qu’un autre groupe de bandits vient de se faire entendre par l’attaque de la gendarmerie de Tessalit dans la région de Kidal.


Bilan :
3 gendarmes ont été enlevés, 1 blessé et le véhicule de la gendarmerie incendié. Les civils, qui avaient été enlevés au cours de cet affrontement, ont été libérés par les bandits.

L’attaque de la gendarmerie aurait été revendiquée par un ex-député de Tessalit, Baye Ag Hady.

Les auteurs de cet enlèvement n’ont-ils pas de rapport avec le groupe de Bahanga ? Quand est-ce que nos autorités vont-ils prendre leur responsabilité ? L’intégrité nationale, la sécurité des populations et de leurs biens sont-elles un slogan vide?


Transrail : Encore du grabuge

La nouvelle société Belge Transrail SA continue de faire parler d’elle. Et pour cause : une locomotive a été vidée de tout son contenu de gaz oïl (200 litres) pour mettre 200 litres d’eau. Informée, la direction saisit la police spéciale des chemins de fer. Des suspects sont arrêtés et l’enquête suit son court.

Rappelons que ce n’est pas la première fois que de tels actes crapuleux se passent à Transrail. Des actes similaires sont monnaies courantes depuis la cession de la société.


Chut ! On vole la mémoire du Mandé

On sait que le livre sur Abou Bakar II «il partit avec 2000 bateaux» à la découverte de l’Amérique avait suscité la colère de certains intellectuels sénégalais qui voulaient usurper le projet de construction d’un centre culturel Mandé Bukari à Bamako. Cet incident n’a pas connu son épilogue qu’un autre pointe son nez. Celui de la construction d’un mausolée de Kuru kanfuga à Dakar.

De qui se fout-on ? Le Kuru Kanfuga est la mémoire du Mandé médiéval et du Mali d’aujourd’hui. Construire un mausolée pour l’histoire à Dakar relève d’une mauvaise connaissance de l’histoire et d’une insulte au peuple malien. Djibril Tamsir Niane, l’auteur de «l’épopée mandingue», a-t-il bien réfléchi avant d’ouvrir sa bouche. Intellectuels maliens à vos plumes. Nous comptons sur Mme Adame Bâ Konaré et l’Association des historiens du Mali.

Pour avoir suivi le mot d’ordre de grève, le ministre Touré refuse de signer les ordres de mission.

Les professeurs de français du Mali, invités à la rencontre internationale des professeurs de français prévue au Canada ce mois ci et les professeurs d’Allemand devant se rendre en Allemagne dans le cadre de la coopération germano- malienne, viennent de faire les frais de leur militantisme.

En effet, le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, Amadou Touré, a catégoriquement refusé de signer les ordres de mission de ses professeurs leur permettant d’avoir le visa.

Raison invoquée : Ils sont militants de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES). Le ministre n’arrive toujours pas à diriger le fait que ce syndicat a décidé de le boycotter. Mais de là à sacrifier l’intérêt national il y a un pas que Amadou Touré a malheureusement franchi.

Un ministre digne de ce nom doit se mettre au dessus des mêlées. Mais s’il est rancunier, il va de soi que le président ATT le rappelle à l’ordre. Sinon le Mali sera le grand absent de cette rencontre mondiale des professeurs de français et celle de l’Allemagne.

Ici, il est question du Mali et non de régler ses comptes avec une corporation qui revendique dignement ses droits. Si c’est vrai que nous crions tous «le Mali d’abord», le ministre doit faire son deuil de la Place de la Liberté.
ATT la balle est dans votre camp pour se débarrasser d’un homme, qui au-delà de la COSES, veut nuire à l’image du Mali.

Le régime ATT en dérive

Où sont passés les acteurs du Mouvement Démocratique ?
Face aux maux que traverse le Mali à savoir : la crise au nord Mali, la vie chère, la crise scolaire, l’asphyxie des partis politiques, le laxisme dans l’administration, la corruption à grande échelle, le népotisme, le chômage des jeunes diplômés, l’impunité grandissante à tous les niveaux. Les acteurs du Mouvement Démocratique doivent faire front commun pour sauver le pays.

Il n’est plus à démontrer que le gouvernement actuel est incapable de gérer les différentes crises. La situation actuelle doit fortement interpeller les acteurs du mouvement démocratique qui se trouvent en rangs dispersés dans les formations politiques. Ils doivent forcement faire front commun afin de sortir le Mali qui est presque en voie de déliquescence.

Les acteurs du Mouvement démocratique ne doivent pas laisser mourir à petit feu les idéaux du 26 mars au risque de ne pas rendre compte à la nation même s’ils ne sont pas aux affaires. Il est clair que les idéaux du 26 mars ont été trahis non seulement par le régime de l’Adema PASJ mais aussi par le régime actuel dirigé par le général président ATT.

Notre pays dispose énormément des ressources potentielles. Mais par la mauvaise gestion, nous-nous sommes retrouvés dans une situation catastrophique. Car pendant 17 ans, les biens de l’Etat ont été volés ; détournés, gaspillés. L’argent volé est déposé dans les banques étrangères. Aucun contrôle n’est fait sur l’exercice budgétaire. Les fonds spéciaux du président de la République et le train de vie de l’Etat sont exagérément élevés.

Un audit s’impose des différents budgets du régime autocratique de Alpha Oumar Konaré, de la CENI de Me Tapo, des grands travaux.

Malgré les efforts consentis par les deux régimes avec des discours pompeux et farfelus, notre pays est classé parmi les plus pauvres de la planète ?

Il est classé au 166ème rang sur 174 pays avec un indice de développement humain de 0,375 c’est-à-dire une situation cauchemardesque pour la majorité de sa population.

Les malheurs du Mali

Les PAS imposés par le FMI et la Banque mondiale, l’OPA sur
les secteurs rentables et stratégiques de l’économie nationale, le chômage endémique, la cherté de la vie,

l’inaccessibilité des produits de première nécessité et aux soins de santé primaires pour une majorité sans cesse croissante de Maliens, la crise de l’éducation, l’angoisse et le désespoir des jeunes excluent du marché de l’emploi, le désengagement de l’Etat des secteurs sociaux, santé – éducation – transport, etc.,

la paupérisation et la misère croissantes pour de larges masses rurales et urbaines, toute cette catastrophe s’explique par l’insertion de notre économie et de notre société dans le processus de constitution du marché capitaliste mondial unique, intégré et autorégulateur.

Tout est subordonné à cette fin : la politique d’investissement, la politique de l’emploi, l’enseignement et la formation, la politique commerciale, la politique fiscale, d’administration territoriale et d’intégration économique régionale.

Notre système économique et politico – social sont régis par trois principes majeurs :

la libéralisation dans tous les domaines, marchés agricoles, services, etc. ;


la déréglementation du fonctionnement de l’économie nationale dont la régulation est désormais laissée aux seules forces du marché c’est-à-dire aux capitaux organisés et circulants librement à l’échelle mondiale ;

la privatisation des pans entiers de l’économie nationale qui est l’objet d’une main mise privée de plus en plus systématique, grâce aux processus massifs et rapides des privatisations.

Tout y passe, les banques, les assurances, les transports, l’eau, l’électricité… La mondialisation fait perdre à l’Etat national sa capacité de conception, d’orientation et de pilotage de l’économie en fonction des objectifs de développement humain et social, économiquement saint, juste et efficace. Elle tend à annuler notre souveraineté.

Le rôle des forces politico sociales et économiques dirigeantes consistent dans ce cadre, à assurer au niveau du Mali, la réalisation de ce processus de domination complète et d’avertissement – prétendument nécessaire, inexorable et inévitable – au capital financier international. C’est pourquoi il est assez aisé de comprendre le soutien constant du Nord à ces forces dirigeantes, soutien exprimé dans les analyses sulfureuses du genre «Le Mali est un exemple de démocratie en Afrique».
La démocratie malienne confisquée par les régimes Alpha et ATT

La démocratie ne se limite pas à la prolifération de journaux, et radios libres, ni à la création de partis politiques et associations, encore moins au discours tonitruants de Alpha Oumar Konaré sur une vision imaginaire idyllique de notre pays.

La démocratie est une forme d’organisation politique et sociale qui suppose en Afrique et dans les pays du monde, le droit à la vie, à l’école, à l’emploi, à la santé, au logement, à un environnement sain, le droit d’élire et de démettre les représentants du peuple.

Ces droits ont été quotidiennement bafoués au vu et au su de tout le monde au Mali en violation de la constitution de notre pays. Mais les faits ont été revus et corrigés par une presse et une classe politique plutôt soucieuses des intérêts des pays du Nord. Et à la tentative d’explication, la remarque insultante «le Mali, ce n’est pas le Congo» est balancée à la figure de l’imprudent.

Moustapha GUITTEYE

21 Juillet 2008