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Le mardi 17 Juin 2008, à l’hôtel Mandé, le ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, M. Badara Aliou Macalou, a procédé à l’ouverture des travaux de la réunion des experts français et maliens, dans le cadre de l’examen de l’avant-projet d’accord sur la gestion concertée des flux migratoires et du développement solidaire, en présence du Secrétaire Général du ministère français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire, M. Patrick Stephanini, de l’ambassadeur de France au Mali, des experts…

Rappelons que ladite rencontre, qui se déroulera du 17 au 18 Juin 2008, succède à celle de Paris, (du 17 au 19 Mai 2008) autour des préoccupations communes de coopération intéressant la migration et le développement dans les deux pays.

Au cours de cette rencontre, les questions d’intégration des Maliens vivant en France, la circulation des personnes entre les deux pays et l’examen de l’avant-projet d’accord sur la gestion concertée des flux migratoires et du codéveloppement ont été examinées sans complaisance.

Mali-France, une vieille coopération

Cette deuxième rencontre est révélatrice de la ferme volonté de coopération des gouvernements du Mali et de la France, dans leurs efforts de comprendre les préoccupations de l’un et de l’autre et de parvenir à un accord consensuel et dynamique qui sauvegarde les préoccupations de l’heure.

Sollicité, le Mali l’avons été en un moment donné de l’histoire des deux peuples. La France était demandeuse de main-d’oeuvre, et le Mali et ses bras valides y ont répondu. Il faut donc saluer ces moments où l’un et l’autre ont tiré mutuellement profit de cette coopération, aux plans économique, social et de brassage humain.

Par ailleurs, au plan de la coopération la période s’est traduite par l’établissement d’accord, de convention et autres instruments juridiques aux caractères souvent spécifiques aux deux pays, voire inédits. Ces acords continuent si heureusement à gérer encore les rapports entre le Mali et la France.


Gestion des flux migratoires

Aujourd’hui, cette question fait l’objet de grands débats, non seulement au niveau des organisations internationales, mais aussi au niveau des pays d’origines, de transit et d’accueil. Parmi les solutions aux nombreux problèmes que pose le sujet, une solidarité internationale réelle et efficace paraît être celle à privilégier entre les pays du Sud et ceux du Nord.

Elle doit être basée sur une véritable adéquation migration et développement. Il ne fait l’objet d’aucun doute que la migration est aussi vieille que l’humanité, et que les flux migratoires ont contribué, de manière substantielle, au développement dans tous les domaines des pays d’origine et d’accueil.

C’est pourquoi, à travers des accords de migration, il y a la nécessité d’un travail harmonieusement conçu entre pays d’accueil et de départ. D’où ledit examen de l’avant-projet d’accord, pour mieux gérer les flux migratoires qui constituent aussi des réalités de notre civilisation universelle.

Le plaidoyer du ministre Badara Aliou Macalou

Au moment où s’ouvrent à nouveau les négociations sur l’avant-projet d’accord, le ministre des Maliens de l’Extéieur et de l’Intégration Africaine, M. Badara Aliou Macalou, a attiré l’attention du Secrétaire Général du ministère français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire. Comme il l’avait fait à Paris, en présence du ministre Hortefeux, sur l’extrême sensibilité et la délicatesse du sujet.

Selon le ministre malien, la migration est un phénomène vécu au Mali avec un intérêt particulier, parce qu’elle touche à l’humain, sa vie, son existence, ses intérêts et ceux de sa famille et de son pays. C’est dire donc que l’émigration suscite toujours une vive émotion et ne laisse aucune âme malienne indifférente.

Dire que nos compatriotes établis à l’extérieur nous sont chers est un euphémisme. Ceux-ci nous font vivre, et des pans entiers de notre population vivent de leurs revenus péniblement gagnés aux prix de privations de tous ordres, dont les moindres ne sont pas celles affectives, caractérisées par un renoncement cruel à la vie conjugale et familiale, à la chaleur vivifiante et régénératrice, propre aux relations humaines dans notre pays ”, a-t-il indiqué,.

Toujours selon le ministre, nos compatriotes établis en France et ailleurs méritent notre respect, surtout quand on sait qu’ils ont su magnifier au quotidien l’amour pour la famille et de la patrie, le sens élevé de la solidarité et du sacrifice. Seule l’idée du retour habite et nourrit leur pensée, au cours des longs mois et années de vie à l’étranger.

Aussi, la reconnaissance de leur apport inestimable au plan moral, social et économique justifie la grande sollicitude du Président de la République, Amadou Toumani Touré, qui a décidé d’ériger un ministère tout dédié aux Maliens de l’Extérieur, avec la triple mission de leur protection, de la promotion de leurs intérêts et de la préparation de leurs retour et réinsertion.

Le ministre a enfin indiqué que Maliens et Français ne peuvent et ne doivent pas être en deça du niveau des relations traditionnelles d’amitié et de solidarité qui unissent nos peuples et doivent se traduire par une compréhension partagée et lucide et une quête permanente d’objectivité, pour le bonheur de la coopération entre les deux pays.

Le Secrétaire Général du ministère français de l’Immigration, de et de l’Intégration a, pour sa part, rappelé la nouvelle politique de son pays quant à la gestion de flux migratoires qui repose sur trois volets. La France, a-t-il ajouté, espère que le Mali apportera une contribution de taille à cette politique qui vise à améliorer la situation des Maliens vivant en France.

Le Mali est un partenaire essentiel à nul autre pareil de la France. Les deux pays sont surtout liés par l’histoire. Aussi, la France n’a noué avec aucun pays une politique aussi dynamique que celle avec le Mali ”, a conclu Patrick Stephanini.


Moussa TOURE

18 Juin 2008