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Florence Parly, la ministre des armées françaises, est arrivée, le mercredi 31 mars 2021, au Mali. Pour cette visite de deux jours, la ministre française est accompagnée de ses homologues estonien, M. Kalle Laanet, et tchèque, M. Lubomir Metnar, deux pays qui participent à la Task Force Takuba. En plus des rencontres avec les autorités maliennes, la délégation européenne a annoncé « la pleine capacité opérationnelle de la Task Force Takuba », l’ unité des forces spéciales européennes qui combattent au côté des armées malienne et nigérienne au Sahel. Cette visite de Florence Parly intervient après le rapport de l’ONU qui accuse l’armée française d’avoir tué 19 civils lors d’un raid aérien de Barkhane à Bounti, une accusation démentie par Paris.

Le jeudi 1er  avril 2021, après une rencontre avec le Président de la transition du Mali, Bah Ndaw, Florence Parly a déclaré à la presse qu’à Bounti, « les forces armées françaises ont effectué une frappe aérienne ciblant un groupe armé terroriste identifié comme tel… » La ministre des armées françaises a aussi ajouté qu’ « il y a une guerre dans le domaine informationnel »  et que l’ennemi exploite toutes les polémiques possibles. « Je ne peux pas admettre que l’honneur de nos soldats puisse ainsi être sali », a déclaré Florence Parly.

Le mardi dernier, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a publié son rapport de l’enquête sur les évènements de Bounty du 3 janvier 2021. Ce rapport de 36 pages confirme la frappe aérienne de la force française Barkhane sur des civils à Bounty (région de Mopti) au Mali.

Selon les enquêteurs de l’Organisation des Nations Unies (ONU), au moins 22 personnes, dont 19 civils, ont été tuées par cette frappe de l’armée française. «Le groupe touché par la frappe était très majoritairement composé de civils», révèle le rapport de l’ONU. A cet effet, la MINUSMA recommande aux autorités maliennes et françaises d’établir les différentes responsabilités et d’octroyer le cas échéant une réparation appropriée aux victimes et aux membres de leurs familles.

En réaction au rapport de la Minusma, le ministère des Armées Françaises précise que «les forces armées françaises ont effectué une frappe aérienne ciblant un groupe armé terroriste identifié comme tel ». En réaction au rapport de la Minusma sur les frappes de janvier au Mali, le ministère des Armées françaises salue le fait qu’une mission de l’ONU puisse enquêter en toute indépendance pour analyser les faits relatifs à la frappe aérienne survenue dans la région du village de Bounti au Mali le 3 janvier.

Selon le ministère des armées de la République Française, c’est une condition essentielle de la vitalité des valeurs et du respect des principes démocratiques auxquels la France est fermement attachée. « Le ministère des Armées maintient avec constance et réaffirme avec force : le 3 janvier, les forces armées françaises ont effectué une frappe aérienne ciblant un groupe armé terroriste identifié comme tel.

Le ministère émet de nombreuses réserves quant à la méthodologie retenue par le rapport. Elle oppose des témoignages locaux non vérifiables et des hypothèses non étayées à une méthode de renseignement robuste des armées françaises, encadrée par les exigences du droit international humanitaire », révèle le communiqué de presse du ministère des armées de la France.

M. K. Diakité

Source: Le Républicain