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Jusque là épargné par les émeutes de la faim, le Mali va-t-il entrer dans la zone des turbulences ? Un groupe de jeunes excédés par la cherté de la vie, la baisse du pouvoir d’achat et en face le laxisme de l’Etat a décidé de battre le pavé ce matin à Bamako. Leur exemple risque de faire tâche d’huile. Une autre association s’annonce pour le vendredi 18 avril.

Après le Sénégal, le Burkina Faso, la Mauritanie … le Mali connaîtra -t-il les émeutes de la faim ? Tout semble l’indiquer. En tout cas, un groupe de jeunes réunis au sein du Cercle de réflexion pour jeunes (CRJ) entend battre le pavé aujourd’hui à Bamako pour crier son ras-le-bol face à la vie chère.

« Partout au Mali, les populations, ont de plus en plus de la peine à joindre les deux bouts. Les ménagères n’arrivent plus à acheter, on nous avait promis des prix supportables par rapport aux denrées alimentaires. Mais rien à faire le kilo de viande est désormais à 2000 francs Cfa, le litre d’huile a 1000 francs Cfa … le riz, le lait, le sucre, les fruits … sont impayables. Jamais, la vie n’a été aussi chère », fulmine Mohamed Salia Touré, le président du CRJ.

D’après lui, face à cette situation de hausse généralisée des prix, les autorités tentent d’endormir les esprits des populations par des publicités mensongères et des promesses qu’ils ne tiennent jamais.

Les mesures prises jusqu’ici sont-elles suffisantes ? Sont-elles suivies par les commerçants ? D’autres mesures peuvent-elles êtres envisagées ? Les décideurs sont-ils crédibles et compétents pour mener de front cette bataille qui risque d’être très longue ? Autant de questions que Mohamed et ses camarades se posent.

« Malgré les quelques efforts déployés par le gouvernement notamment pour diminuer les coûts de certains produits (carburants, céréales, viande …), on assiste toujours à une instabilité des prix tandis que le pouvoir d’achat du Malien reste inchangé », explique le président du CRJ qui est rejoint par deux autres associations pour la marche du 16 avril.

Il s’agit de l’Association des jeunes pour le développement de la cité (AJCD) et le Club pour une nouvelle citoyenneté malienne (CNCM).

La marche qui est prévue à partir de 7 heures 30 commencera au niveau de l’Ecole normale supérieure (ENSUP) de Bamako pour finir devant la Primature, sur un parcours d’environ un kilomètre. Là il est prévu de lire une déclaration à l’intention du Premier ministre Modibo Sidibé.

Le CRJ entend inscrire ses actions dans le cadre d’une interpellation des autorités, des opérateurs économiques et la société civile pour que des solutions immédiates puissent être trouvées à la flambée des prix.

La marche du CRJ n’est en fait que le premier d’une série de manifestations de rue qui vont secouer Bamako dans les jours à venir. Car le « Mouvement des Sans Voix », section du Mali projette d’organiser une marche de protestation contre la vie chère le vendredi 18 avril.

Jusque là, le Mali qui était épargné par les émeutes de la faim risque de rentrer dans la zone des turbulences. Il rejoindra, entre autres, la Guinée, la Mauritanie, le Cameroun, le Sénégal, l’Egypte, le Burkina Faso. Les autorités maliennes ont-elles suffisamment oeuvré pour éviter cette situation ?

F. Traoré

16 avril 2008.