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La hausse incessante des prix des hydrocarbures que connaît le Mali, à l’instar de nombreux pays du monde entier, nécessite que d’autres sources énergétiques abondantes et moins coûteuses soient trouvées et exploitées pour atténuer les souffrances de nos populations. Dans cette perspective, le pourghère (Bagani en Bambara) se présente comme une alternative intéressante pour notre pays.

C’est dans cet ordre d’idées que l’ONG Mali-Folkcenter, en collaboration avec la Direction Nationale de l’Energie (DNE) à travers le Centre National de l’Energie Solaire et des Energies Renouvelables (CNESOLER), avec l’appui financier de l’ambassade du Royaume du Danemark, a organisé, hier, 24 juillet 2008 à son siège sis à Faladié Sema, une rencontre d’échanges et de discussions portant sur le projet de développement de la filière pourghère.

L’ouverture de cette rencontre était placée sous l’égide du Directeur général de Mali-Folkcenter, le Dr. Ibrahim Togola, en présence de Hamata Ag Hantafaye, Directeur chargé de recherche du CNESOLER et de René Alphonse, président de la Chambre d’agriculture de Bamako.

L’objectif de cette rencontre était de présenter le réseau du pourghère formé à tous les nouveaux acteurs du secteur, d’explorer ensemble les voies et moyens pour la promotion de cette plante de façon durable et d’engager une synergie d’actions.

Cette rencontre vient à point nommé. En effet, la problématique des énergies renouvelables est de nos jours un défi qui incombe à toute structure oeuvrant pour la recherche de solutions durables aux problèmes énergétiques.

Les biocarburants qui sont en train d’émerger ont besoin, pour leur épanouissement durable, de plaidoyers et de lobbyings. Des discussions et réflexions sur leurs opportunités s’avèrent utiles et urgentes. De ce fait, la plante pourghère, appréciée pour ses qualités énergétiques, environnementale et médicinales, constitue une de ces opportunités non négligeables.

En effet, le pourghère, qui est traditionnellement utilisé au Mali principalement comme plante médicinale, pour fabriquer le savon local et servir de haie vive, est devenu, à n’en pas douter, une source d’énergie et de revenus. Il existe partout au Mali, ou du moins, principalement dans les régions de Sikasso, Koulikoro, Ségou et Kayes.

A en croire le Dr. Ibrahima Togola, DG de Mali-Folkcenter, “la filière procure de nombreux avantages. Elle participe à l’amélioration de la productivité et de la production agricole. L’industrialisation de l’agriculture par la valorisation des produits et dérivés du pourghère est possible. La filière permet la création d’emplois ruraux. Si elle est bien exploitée, la filière se présente comme une arme redoutable de lutte contre la pauvreté.

Mais, paradoxalement, l’État dépense des centaines de milliards dans les factures d’hydrocarbures.

Et pourtant nous avons des moteurs qui peuvent consommer directement l’huile de pourghère. En guise d’exemple, nous avons aujourd’hui un véhicule du CNESOLER fonctionnant à l’huile de pourghère” . Les moulins utilisés en milieu rural pour moudre le grain pourraient tous fonctionner à l’huile de pourghère. Les tracteurs et autres machines agricoles pourraient aujourd’hui être adaptés au biocarburant du pourghère, a indiqué le Dr Ibrahima Togola.


Nouhoum Dicko

25 Juillet 2008