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C’est du moins la conclusion à laquelle on a abouti lorsque l’on s’en tient à l’intervention d’Hama Cissé, le président du Groupement des commerçants détaillants lors de la rencontre.

Dans leurs interventions, les représentants des associations des consommateurs (Redecoma, Ascoma et Adescom) avaient vivement critiqué l’attitude des commerçants qui continuent à pratiquer des prix élevés sur les céréales alors même qu’ils bénéficient de l’exonération accordée par l’Etat.

Pour les associations, les consommateurs ne ressentent pas les effets de l’exonération. Kaba Diakité de l’Adescom, particulièrement remonté contre les opérateurs économiques, menaçait d’organiser une marche. Selon lui, la situation exceptionnelle que vit le pays à cause de la crise alimentaire, recommandait au gouvernement d’intervenir à partir d’une action concrète : celle de fixer un prix plafond des céréales.

Chantage

Cette proposition a soulevé un tollé au sein des commerçants. Ceux-ci, par la voix du président des détaillants, M. Cissé, ont laissé entendre que si le gouvernement arrivait à une telle mesure, les commerçants pourraient faire rétention sur les céréales, c’est-à-dire les garder en lieux sûrs pour les écouler à des prix plus profitables.

Choguel Kokala Maïga, le ministre de l’Industrie et du Commerce, a expliqué que le gouvernement se méfiait de fixer ou encore de contrôler les prix, car, a-t-il souligné, « il ne s’agirait pas de la bonne solution ».

Si dans une économie de marché comme le nôtre, les prix sont déterminés par l’offre et la demande, l’attitude des commerçants, particulièrement celle de M. Cissé ne constitue-t-il pas, a priori, un chantage à l’endroit de l’Etat ?

En effet, les commerçants se sont vus touchés au vif lorsque les représentants des associations des consommateurs ont dit haut ce que pensent et vivent les consommateurs, à savoir que malgré les exonérations, les prix des céréales ne chutent pas. Ce qui est d’ailleurs une réalité.

Reste à savoir si l’Etat continuera à accorder des faveurs à des commerçants sans retombée positive sur les populations.

Denis Koné

1er août 2005