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La Délégation générale aux élections a reçu les dossiers des partis politiques prétendant au financement public. Lors de la dernière réunion du cadre de concertation entre le ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales et les Chefs de formations politiques, 62 partis avaient déposé leurs dossiers à la section des comptes de la Cour suprême. Ces dossiers ont été transmis à la DGE qui est en train de les examiner pour désigner les partis éligibles et faire le partage de 1

201.530.822 Fcfa. Certains partis sont soupçonnés d’attendre ce financement pour organiser leurs campagnes pour les élections communales.

D’autres craignent, nous ont-ils confié, qu’à cause du trou et des tensions du Trésor public, l’argent ne soit décaissé tardivement. Les inquiétudes nées autour de la mise en oeuvre du Recensement administratif à vocation d’état civil (RAVEC) concomitamment avec les élections communales et les problèmes liés à la mise en place tardive des démembrements des commissions électorales nationales indépendantes font croire que le fichier électoral n’est pas fiable.

Ces démembrements de la CENI étaient censés superviser les révisions de liste électorale, or leur fonctionnement tardif a laissé place à des doutes et selon nos sources, le président de la commission électorale de la commune III vient de démissionner pour se présenter aux élections municipales.

Toutes choses qui rendent illisible le paysage électoral et poussent une partie de la classe politique à réclamer le report des élections communales. Des hommes politiques ont exprimé leurs craintes concernant l’utilisation du financement public à des fins de corruption politique. C’est à ce titre que l’argent est devenu un couteau à double tranchant pour les partis politiques de petite envergure.

Pourtant, la répartition du financement public de l’année dernière a ouvert une brèche positive pour des partis politiques qui n’étaient pas attendus au premier plan. En effet, le MPR, l’UFD, le RDR et le M/Plus Ramata ont fait partie des cinq formations politiques éligibles. Les bilans de ces cinq partis avaient été jugés crédibles par la section des comptes de la Cour suprême.

Ce qui demeure source de réconfort pour des partis politiques qui pensent qu’avec cette donne, ce ne sont plus seulement les partis dits grands, qui vont continuer à bénéficier des moyens de l’Etat. De ce fait, des partis politiques mettent la pression sur le ministre de l’Administration territoriale territoriale et des collectivités locales pour convaincre le gouvernement de reporter la date des élections municipales.

Daba Dembélé

07 Janvier 2009