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Le Rassemblement pour le Développement et la Solidarité (RDS) a tenu son premier congrès ordinaire le samedi 22 mars dernier. Placé sous le signe de “paix et développement”, ce congrès fut une occasion pour le président Younouss Hamèye Dicko de donner son point de vue par rapport à la situation politique actuelle marquée par l’absence de tout débat démocratique.

En effet, pour le président du RDS, “il n’y a plus de vrais débats démocratiques, plus d’interviews des hommes politiques dans la presse, tout se passe comme si les médias se sont ligués…”. Or de l’avis du professeur, la presse et les partis politiques sont ensemble les garants de la démocratie, de la bonne gouvernance, de l’Etat de droit et constituent l’expression de la voix des sans voix.

Au cours de ce premier congrès du Rassemblement pour le Développement et la Solidarité, tous les sujets de grande importance pour le Mali ont été abordés par les militants et responsables de ce parti qui entame la cinquième année de son existence. Plusieurs partis politiques ont, par leur présence, rehaussé l’éclat de la cérémonie d’ouverture de ce premier congrès. Ils s’agit de l’Adema Pasj, de l’URD,du RDP, du BARA- de BARICA – du FDR, de Sadi, de l’USRDA, du BDIA, de RAMAT, du Parena, du PEI, du PRDT, etc…

L’engagement des militants

Le président Younouss Hamèye Dicko a profité de l’ouverture des travaux de ce premier congrès ordinaire pour dire toute sa satisfaction par rapport à l’engouement suscité par ce parti chez les militants. Il a dit tout son bonheur de constater que ce premier congrès a été essentiellement financé par les militants et les sections. Le président du RDS a déclaré constater avec amertume aussi qu’au moment ou son parti s’implante, des responsables assistent à un sursaut sans précédent de leurs militants à travers tous le pays, alors que le parti n’a bénéficié que d’une bien modeste assistance en lieu et place d’un financement normal.

Parlant de l’organisation de ce congrès , le président Dicko a déclaré qu’en plus des cotisations proposées aux sections, la section de Diré, à elle seule, a fourni le riz, le blé et la viande ayant servi de nourriture aux délégués. Pour cet engagement militant, le président du RDS a dit toute sa fierté et montré aussi sa reconnaissance “Camarades, soyez remerciés pour votre détermination à faire du RDS, un parti digne et respectable même avec des moyens modestes”, a déclaré le président à l’adresse de ces militants.

A cet engagement militant, il ajoutera “vous prouvez ainsi qu’avec des hommes, et des femmes engagés et déterminés, un parti peut trouver, en son sein, les ressources de son fonctionnement, préservant ainsi son âme et sa dignité à l’instar des grands patriotes qui menèrent notre pays à l’indépendance et des partis de grandes démocraties à travers le monde”.


Les problèmes de la nation

Au plan social et de sécurité, le président du RDS s’est réjoui surtout de vivre dans un pays où chaque citoyen jouit d’une réelle paix sociale et d’une belle sécurité enviées aujourd’hui dans la plupart des pays des différents continents. “Je suis fier que mon pays privilégie le choix de la paix et de la négociation pour résoudre les conflits sociaux et même en matière de rébellion armée, plutôt que de recourir à la force aveugle”, a déclaré Younouss Hameye Dicko.

Le président du RDS est tout aussi fier que le Mali ait été avare à tirer une balle même en cas de légitime défense. La joie et la fierté du président du RDS sont grandes d’autant plus qu’il voit en sa patrie un pays pauvre mais courageux, opiniâtre qui se bat pour se développer en construisant des logements en grand nombre, en construisant des routes, en menant une bonne politique de l’eau, en mettant à jour et en valeur les richesses minières et en passant des liens de bonne coopération, d’amitié et de cœxistence pacifique avec les autres peuples.

Pour le Pr Dicko, ce Mali-là qui s’engage dans une politique agricole comme base de développement économique et d’industrialisation et dans une politique de santé plus avantageuse pour les populations démunies, peut être considéré comme un pays qui se met sur la bonne route et qui se construit un avenir crédible.

Le président du RDS se réjouit aussi de la libération des otages, les 22 soldats maliens. Par la voix de son président, le Rassemblement pour le développement et la solidarité soutient fermement l’action du Président de la République, Amadou Toumani Touré. Younouss Hamèye Dicko déclare toutefois être préoccupé par la crise socioéconomique marquée par le phénomène du coût de la vie.

Un autre phénomène qui inquiète le président du RDS, est le manque de vrais débats démocratiques. Selon le Pr Dicko, “celui qui n’a pas de députés, n’a donc pas d’idées et n’a pas droit au débat démocratique, ni à la radio, ni à la télévision”. Il s’agit, selon lui, d’une exclusion qui doit être vite réparée.

La section des comptes épinglée

La question des fonds publics auxquels les partis politiques ont droit a aussi été évoquée par l’orateur. Pour le président du RDS, le financement des partis ressemble plutôt au monstre du “loch Ness”.

Dans le contrôle de ces fonds, le Rassemblement pour le développement et la solidarité, par la voie de son président, est beaucoup indigné par l’attitude de la section des comptes de la Cour suprême qui, souvent, dit le contraire de la bonne gestion des fonds reçus par les partis. Pour cela, il l’a comparée à un Professeur dont tous les étudiants échouent. Il l’invite à adapter sa pédagogie au niveau de sa classe.

La question de l’école malienne est également beaucoup revenue dans le discours du président du RDS. Tout en prêtant une grande attention aux problèmes actuels, le RDS s’est montré préoccupé par les prochaines joutes électorales dont la première manche commencera par les communales de 2009. Le parti se dit prêt à affronter ces joutes et compte aussi y tirer son épingle du jeu.

Au plan international, les questions Ivoirienne, Palestinienne, Iranienne et tous les dossiers brûlants à travers le monde, retiennent l’attention du RDS.

Ce premier congrès ordinaire s’est déroulé dans la plus grande sérénité avec le renouvellement du mandat de son président.

Laya DIARRA

28 mars 2008.