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Le ministre malien des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Moctar Ouane, a participé, le 30 novembre dernier, à la conférence internationale de suivi sur le financement du développement chargée d’examiner la mise en œuvre du consensus de Monterrey qui s’est tenue à Doha au Qatar. Le consensus de Monterrey, faut-il le rappeler, a été dégagé, il y a plus de six ans.

Il s’était fixé comme objectif essentiel d’éliminer la pauvreté, d’atteindre une croissance économique soutenue et de promouvoir le développement durable à travers l’instauration d’un nouveau partenariat entre les pays développés et ceux en développement.
Dans un discours de belle facture qu’il a prononcé du haut de la tribune, le ministre Moctar Ouane a, en quelque sorte, tiré la sonnette d’alarme. Jugeant le chemin parcouru par la mise en œuvre du consensus de Monterrey, le ministre malien des Affaires étrangères et de la coopération internationale a soutenu que le bilan reste mitigé.

Tout en reconnaissant que des progrès notables ont été accomplis de part et d’autre en matière de développement humain, Moctar Ouane est formel : « la situation, dans la plupart des pays en développement, notamment ceux d’Afrique subsaharienne, demeure, cependant, assez préoccupante ». Pour le ministre Ouane, au rythme où va la vie avec les effets conjugués du changement climatique et des crises alimentaire, énergétique et financière, il y a un risque pour l’atteinte des objectifs du Millénaire pour le développement à l’horizon 2015. Pire, selon le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, « la tendance vers un accroissement substantiel de l’aide publique au développement afin de parvenir à terme à l’objectif de 0,7% du PIB des pays développés n’a guère enregistré un rythme satisfaisant, même si quelques pays seulement ont atteint ou dépassé cet objectif ».

Quid des engagements du G 8 lors du Sommet de Gleneagles en 2005 ?

Aussi, Moctar Ouane a souligné que « la plupart des engagements pris par le G 8, lors du Sommet de Gleneagles en 2005, en faveur des pays les plus pauvres du monde, n’ont pas encore été honorés, alors que les pays en développement continuent de supporter le lourd fardeau de la dette extérieure qui hypothèque leurs efforts de développement ».

En présentant la situation qui prévaut actuellement sur la scène internationale caractérisée par l’iniquité du système commercial mondial, la fluctuation des prix des matières premières ainsi que la politique de subvention menée par certains pays développés qui ruine les économies des pays en développement, le ministre Moctar Ouane a rappelé que « l’adoption de la Déclaration du Millénaire et du Consensus de Monterrey avait soulevé d’immenses espoirs ».

Pour une participation effective de l’Afrique à l’économie mondiale

Cependant, ces espoirs, aux dires du ministre Ouane , « risquent de s’estomper si la communauté internationale n’accorde pas toute l’attention voulue aux questions de développement tout en offrant aux pays en développement l’égalité de chances leur garantissant les conditions d’une participation effective à l’économie mondiale. Or, force est de constater que le continent africain, qui regroupe 12% de la population mondiale, ne représente, aujourd’hui, que 1% environ du PIB mondial et seulement 2% du volume des échanges mondiaux ».
Pour corriger cet état de fait, le ministre Moctar Ouane estime que « les gouvernements des pays en développement n’ont d’autre alternative que de redoubler d’efforts pour assurer le développement économique et social, la croissance et la prospérité de leurs peuples ».

Le ministre de relever qu’il urge de « développer de nouvelles aptitudes appelant à plus d’initiatives, d’imagination et de créativité avec comme clé de vente l’instauration d’un véritable partenariat mondial ».

Ainsi, il a mis un accent particulier sur le Projet de développement économique et social (PDES), afin de mieux lutter contre la pauvreté au Mali.

Ce projet, a rappelé le ministre Moctar Ouane, « vise à accélérer la mise en œuvre du Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté, s’appuie, entre autres, sur la mobilisation des ressources financières nationales et extérieures, la promotion des initiatives privées nationales ainsi que le partenariat entre les secteurs public et le privé ». Avant de porter à la connaissance de la conférence que « le PDES doit conduire le Mali à produire davantage et à distribuer équitablement les fruits de la croissance, à investir dans l’avenir et à construire un Etat de droit et de bonne gouvernance ».

Le ministre malien des Affaires étrangères et de la coopération internationale a, par ailleurs, souligné la nécessité du développement du secteur agricole par l’accroissement de la production céréalière, le renforcement des infrastructures et l’accès de tous aux services sociaux de base tels que la santé, l’éducation, l’eau potable pour ne citer que ceux-ci.

Enfin, le ministre Moctar Ouane a réaffirmé que le Consensus de Monterrey est et demeure une référence pour les Etatsdans la lutte qu’ils mènent pour assurer la croissance et un développement durable dans la perspective de l’instauration d’un système économique mondial plus juste et plus équitable.

Aussi a-t-il déclaré que « le Mali ne ménagera aucun effort pour apporter sa modeste contribution à l’édification d’un monde plus solidaire et prospère ».

Alassane DIARRA

04 décembre 2008