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Ils sont 5 partis politiques à avoir rempli les critères d’éligibilité de l’aide publique de l’Etat au titre de l’année 2007. Mais, l’aide exceptionnelle est tombée au mépris de l’aide légale. Prenant leur mal en patience, les vrais bénéficiaires dénoncent le traitement discriminatoire fait du dossier par l’Etat.

Qui l’aurait cru ? Alors qu’elles sont officiellement déclarées éligibles à l’aide publique attribuée aux partis politiques au titre de l’exercice 2007, les 5 formations politiques n’ont pas encore reçu un Kopeck du montant qui devait tomber dans leur escarcelle. Il s’agit de l’URD, du MPR, de l’UFD, du RDR et du M plus Ramata.

Le montant de l’aide publique attribuée aux partis politiques au titre de l’exercice 2007, s’élève à 1 106 616 176 de F CFA. La somme à laquelle ont droit les partis politiques éligibles s’élève à 395 817 409 F CFA. Et le montant affecté qui s’élève à 710 798 767 F CFA devait être reversé au trésor public.

Coup de théâtre : le président de la République a décidé d’octroyer une aide exceptionnelle aux partis politiques dont les dossiers n’ont pas été retenus par la section des comptes de la Cour suprême. Le montant restant ne sera plus retourné au trésor public.

A peine, les uns et les autres ont fini de décrier cette situation car, n’étant pas en conformité avec les textes régissant le financement public des partis politiques, le gouvernement vient de s’illustrer par une autre situation d’injustice faite de vices de formes.

A preuve, le décret présidentiel pour l’aide exceptionnelle a été signé le 25 janvier 2008. Et il a fallu attendre 15 jours plus tard soit le 7 février 2008 pour que le dossier de l’aide légale soit paraphé. Pourquoi n’a-t-on pas d’abord signé le dossier de l’aide légale ensuite celui de l’aide exceptionnelle ? Le paradoxe est patent.

Mieux, le montant de l’aide publique attribuée aux partis éligibles est inférieur à celui affecté pour l’aide exceptionnelle. Le montant à partager entre les 5 formations politiques est de 395 817 409 F CFA alors que celui de l’aide exceptionnelle est de 710 798 767 F CFA. La mauvaise foi de l’Etat est manifeste.


Caution à la mauvaise gestion des deniers publics

En tout état de cause, la tension de trésorerie ne saurait plus être invoquée par l’Etat d’autant qu’il a pu faire face à l’aide exceptionnelle dont le montant est au-dessus de la somme devant être payée aux 5 partis politiques.

Suivant le décret n 08-062 PRM du 7 février 2008 fixant la répartition de l’aide de l’Etat aux partis politiques au titre de l’année 2007, l’URD doit recevoir 214 471 213 F CFA, le MPR 81 048 545 de F CFA, l’UFD 33 630 749 F CFA, le RDR 33 324 329 F CFA et le M.plus Ramata 33 342 573 F CFA.

Les 5 partis politiques qui n’ont pas tendu leur sébile pour bénéficier de l’aide publique aux partis ne méritent pas un tel mépris de la part de l’Etat. Au contraire, leurs dossiers devaient être traités avec toute la diligence requise car, ils se sont distingués par leur sincérité et leur rigueur dans la gestion des fonds publics mis à leur disposition.

Si l’Etat avait commencé le paiement avec Les partis éligibles, il aurait incité les autres formations politiques à s’inspirer de cet exemple. Mais l’Etat en privilégiant l’aide exceptionnelle au détriment de l’aide légale, apporte sa caution à la mauvaise gestion des deniers publics. La logique voudrait que les plus méritants soient les premiers récompensés d’autant qu’ils ont été sélectionnés par la Cour suprême non pas par complaisance, mais pour le travail bien fait.

Tout porte à croire que les vrais bénéficiaires ont manqué de considération et de respect au plus haut niveau de l’Etat. Leurs dossiers ont traîné à tous les niveaux surtout à la présidence de la République où ils n’ont été signés que le 7 février dernier. Aujourd’hui encore, les mêmes dossiers dorment dans les tiroirs du trésor public et personne ne sait y compris les intéressés la date de leur paiement.

Or, beaucoup de militants au sein des partis bénéficiaires de l’aide publique pensent que leur formation a empoché de l’argent mais ne veut pas jouer à la transparence. Parce qu’à ce jour, certaines activités des 5 partis réellement bénéficiaires sont bloquées pour manque de ressources financières.

Devant cette situation incompréhensible, les partis éligibles au financement public n’écartent pas l’hypothèse de se concerter en vue d’entreprendre des actions légales pour dénoncer le comportement de l’Etat à leur égard mais aussi amener celui-ci à s’exécuter dans un meilleur délai. Quoi qu’il en soit, ils n’ont rien fait pour mériter un tel sort.

Mohamed Daou

05 mars 2008.