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Une délégation de la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID) filiale de la Banque islamique de développement (BID) a séjourné, la semaine dernière, dans notre pays. La mission s’est rendue à la CCIM où elle a rencontré les opérateurs économiques, le jeudi 30 octobre. Le président de cette institution consulaire, Jeamille Bittar et ses collègues ont eu droit à toutes les informations sur les modalités de financement que la SID basée à Jeddah (Arabie Saoudite) peut apporter aux entreprises des 47 pays membres dont le nôtre.

Conduite par le conseiller du directeur des programmes spéciaux de la SID, Abderrazak Louati, cette mission était venue dans notre pays pour sensibiliser davantage sur ses missions. L’objectif de la rencontre avec les opérateurs économiques maliens était de venir leur expliquer les opportunités de financement que leur offre la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID), une institution financière multilatérale créée en 1999 et opérationnelle une année plus tard.

Pour un capital souscrit de un milliard de dollars US, le capital souscrit est de 500 millions de dollars. De sa création à nos jours, la SID, qui intervient selon les formes islamiques et à travers les banques locales, a approuvé 118 projets pour un montant total de 902 millions dollars US. Le montant total des décaissements est estimé à 478 millions de dollars.

Le Mali fait partie des pays qui ont profité peu des financements de cette Société qui accorde pourtant des facilités aux opérateurs économiques pour le financement de nouveaux projets ou des projets d’extension.

En effet, mise en place par les pays membres de la Banque islamique du développement (BID), la SID a pour mission de financer des projets du secteur privé qui contribuent à la croissance économique, de mobiliser des ressources supplémentaires pour le secteur privé dans les pays membres, d’encourager le développement et l’expansion des marchés financiers islamiques et promouvoir l’entreprenariat dans ces pays. Les secteurs visés par les financements de la SID sont les industries modernes, les infrastructures, la santé, l’éducation, le secteur financier et les services conseils.

La SID intervient pour les projets de taille moyenne ou importante, soit en participation dans le capital ou en financement à terme. Pour ces types de projets, le plafond maximum de l’apport de la SID est de 2 millions de dollars, environ un milliard de FCFA.

Ainsi, pour les projets nouveaux, le financement de la BID ne pourra pas dépasser 40% du coût total du projet et pour les projets d’extension 50%. Pour le financement à terme, l’intervention se fait sous forme de Ijara (leasing) ou sous forme de vente à tempaorairement (instalment sale).

Le capital de la compagnie doit être détenu à 51 % minimum par des privés des pays membres et le remboursement s’étale sur 5 à 7 ans. Aussi, faut-il ajouter que le total de financement destiné à un pays par la SID ne peut pas dépasser 15% de son portefeuille.

Elle peut intervenir sur le marché financier pour le compte des clients pour le placement d’une partie du capital ou pour la syndication de financement à terme.

Abderrazak Louati de préciser que la SID s’intéresse à des projets qui sont viables et qui ont un impact sur le développement. «On ne peut pas se permettre de financer les petits projets qui ont moins d’impact et qui vont coûter cher. Comme il y a trop de dossiers et pour minimiser le coût on s’intéresse aux projets de taille moyenne ou importante» a ajouté le principal conférencier.

Selon le conseiller du directeur des programmes spéciaux, le Mali dispose d’un grand potentiel d’investissement, notamment dans le domaine agricole. C’est pourquoi, il a expliqué que les experts de sa société sont prêts à réfléchir avec les opérateurs économiques maliens autour des projets de développement.

En tout cas, les émissaires de la SID ont exhorté les opérateurs économiques maliens à s’intéresser aux activités de la SID qui pratique des formes de financements qui conviennent à leur entreprise. Car, disent-ils, la société reçoit pas mal d’une dizaine de projets par semaine qui ont un durée de traitement de deux à six mois. Après les échanges, le président de la CCIM et les autres acteurs économiques présents ont trouvé l’affaire intéressante et projettent de nouer des partenariats plus fructueux.


Yousouf CAMARA

06 Novembre 2008