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Le sous-développement (c’est relatif) de la partie nord du Mali par rapport à celle du Sud a été un alibi pour des Touaregs pour revendiquer l’autonomie. Pourtant, le développement des régions du Nord du Mali a été un souci des différents régimes qui se sont succédé depuis 1991 avec la mise en œuvre de divers projets qui n’ont pas tous donné les résultats escomptés à cause de la récurrence de la rébellion armée.

De nombreux projets de développement principalement destinés à la réalisation de meilleures conditions de vie des populations des régions de Kidal, Tombouctou et Gao sont en cours. Compte tenu de leurs spécificités dues aux conditions climatiques rudes, à l’enclavement, au manque d’infrastructures socio sanitaires de base, les autorités maliennes depuis l’indépendance, ont déployé des efforts pour le développement de cette partie du pays. Parmi les projets en cours ou qui sont exécuté au nord du Mali, il y a le Programme d’investissement et de développement des régions du Nord/Mali (PIDRN).

Le PIDRN est un projet de développement rural. Il est financé conjointement par la République du Mali, le Fonds international pour le développement agricole (Fida), la Banque ouest-africaine de développement BOAD), le Fonds belge de sécurité alimentaire (FBSA) et les bénéficiaires pour une part modeste. Son coût est de 17,6 milliards F CFA sur une période de sept ans (2006-2013). Il s’inscrit dans les objectifs et orientations fixées par le Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté au Mali et son objectif global est de contribuer à réduire la vulnérabilité et la pauvreté rurale et à restaurer le tissu économique et social des régions du Nord du Mali.

Le PIDRN intervient dans les régions de Tombouctou et Gao. Il est appuyé par l’Agence de développement du Nord-Mali (ADN), une structure à vocation interrégionale ayant pour mission d’impulser le développement dans le Nord. A ce titre l’Agence entreprend toute action de nature à consolider et à parachever la mise en œuvre du Pacte national, élabore et met en œuvre des projets et programmes de développement interrégional.

Par ailleurs, l’ADN appuie les collectivités territoriales (communes et cercles) des régions du Nord pour favoriser l’élaboration et la mise en œuvre de leurs projets et programmes de développement d’intérêt interrégional. De plus, elle promeut une synergie entre les programmes de développement des trois régions (Kidal, Gao Tombouctou) et propose à l’Etat des contrats-plans triennaux de développement.

Malgré les acquis de ces projets, beaucoup reste à faire, confient des responsables notamment du Programme de développement de la région de Kidal (PDRK) et le Programme d’appui au développement des régions du Nord (Adere/Nord).

Une voix discordante

« Des objectifs finaux à atteindre nous retenons la mise en place d’infrastructures de base, la réinsertion des ex-combattants, la résorption du chômage, la consolidation de la paix, de la sécurité… Ce que nous savons, en termes de stratégie de mise en marche des objectifs, la direction de l’Agence privilégie le recrutement au rabais. Elle a une peur viscérale des cadres qui ont une opinion contraire ; les pots-de-vin aux chefs hiérarchiques à ceux qui, par moments la menace de dénonciation. Ce que nous savions, c’est que la direction de l’Agence emploie les gros moyens pour avoir la presse à sa cause. Ce que nous savions, c’est que les marchés des puits sont attribués aux entrepreneurs prêts à verser un quota au représentant de la direction.

Ce que nous savions, c’est que des volets de la réinsertion sont soumis à un laisser-aller. Ce que nous savons, c’est que, en ces derniers temps, les Ifoghas sont constamment attaqués par la direction (elle les traite de bandits et de contre la paix) car ils se montrent de plus en plus critiques et regardants sur la mise en œuvre et les répartitions des milliards destinés au développement socio économique des régions du Nord.

Il est temps, aujourd’hui, où les plus hautes autorités de l’Etat insistent à dire que le mal développement constitue le socle, dans la bande sahélo saharienne, du banditisme Al-Qaïda au Maghreb islamique, d’évaluer par les services compétents (Vérificateur général) et de demander aux renseignements généraux de l’Etat de voir l’action menée depuis 2006 par l’Agence du développement des régions du Nord », dénonce un agent et citoyen.

Denis Koné

09 Mars 2012