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Sur le papier, il y a une classe d’écart entre les deux finalistes de cette 60è édition de Dame Coupe, avec d’un côté, le Stade malien, détenteur du trophée et recordman de la compétition (20 victoires) et de l’autre Binga FC, pensionnaire de deuxième division et qui dispute la toute première finale de son histoire.

La finale de la Coupe du Mali est toujours un moment privilégié pour la planète foot du pays et la finale de cette 60è édition ne devrait pas faire exception à la règle. Au contraire, elle promet un beau duel, avec d’un côté le Stade malien, détenteur du trophée et recordman de la compétition (20 victoires) et de l’autre, Binga FC, une équipe pensionnaire de division inférieure et que personne n’a vu venir.

C’est seulement la troisième fois, en 60 éditions, qu’une formation de deuxième division se hisse en finale, après l’Usfas (1993, défaite face au Djoliba) et l’US Bougouni (2012, victoire contre les Onze Créateurs de Niaréla). Sur le papier, il y a une classe d’écart entre les deux protagonistes et la balance penche largement en faveur du Stade malien. Seulement voilà, Binga FC a prouvé qu’il n’est pas né de la dernière pluie et jugé à travers le parcours réalisé par le petit poucet de la Commune V depuis le début de cette Coupe du Mali, on ne peut jurer de rien. 

Cela est d’autant plus vrai que les protégés du technicien Modibo Sissoko dit Fama restent sur trois succès contre des équipes de l’élite (Djoliba, AS Bakaridjan et USC Kita) dans cette même compétition. En tout cas, après la qualification en finale, le capitaine-keeper, N’Golo Traoré a envoyé un message très clair aux Blancs : «une finale ne se joue pas, elle se gagne.

Nous sommes déterminés à aller au bout de notre rêve». Comme indiqué plus haut, il est difficile de parier sur l’équipe de la Commune V dans cette confrontation avec le Stade malien, mais on peut être sûr d’une chose, Binga FC jouera ses chances à fond et sans pression parce que l’équipe n’a plus rien à perdre. Si elle gagne, on parlera d’exploit et le cas contraire, on dira simplement que les Stadistes ont assumé leur statut de favoris. 

La pression, si pression il y a, sera donc sur les épaules des Blancs. Non seulement l’équipe de Sotuba est détentrice du trophée, mais elle est également championne du Mali en titre et se doit de gagner pour se rassurer et rassurer ses supporters dans la perspective du Carré d’as du championnat national qui a démarré jeudi. Dès sa prise de fonction, le coach stadiste, Nouhoum Diané a martelé que son objectif est le doublé Coupe-Championnat, ajoutant que tout autre résultat serait comme un demi-échec pour la maison blanche. 

Depuis le début de la saison, le technicien et ses joueurs n’ont concédé qu’une seule défaite au plan national, toutes compétitions confondues et ces statistiques traduisent la régularité dans les performances du détenteur de Dame Coupe. Aussi, l’équipe de Sotuba pourra-t-elle compter sur l’expérience de son entraîneur, Nouhoum Diané qui a traîné sa bosse partout et qui évolue au haut niveau depuis plus d’une décennie. 


L’ELEVE CONTRE LE MAÎTRE-Y aura-t-il une bataille tactique entre l’élève Modibo Sissoko et son ancien maître (Fama a été l’adjoint de Nouhoum Diané lors que ce dernier dirigeait l’équipe junior du CSK) et quelles peuvent être les clés de la finale ? Pour le Stade malien, la réponse est simple : il faut être prêts sur le plan physique et mettre de l’intensité dans le jeu pour espérer freiner les Communards. 

Pendant presque toute la compétition, l’équipe de Sotuba avait toujours réussi à marquer le petit but de plus que son adversaire, mais en demi-finale face à Yeelen olympique, les Blancs ont été menés jusqu’aux arrêts de jeu et ont frôlé l’élimination (2-2 à l’issue du temps réglementaire et des prolongations, puis 4-2 aux tirs au but).

L’enthousiasme et le football direct pratiqué par les Olympiens de la Commune II ont beaucoup gêné les champions du Mali en titre et mis à nu certaines lacunes des protégés du coach Nouhoum Diané. Quand on sait que Binga FC joue à peu près dans le même registre que Yeelen olympique, c’est-à-dire avec beaucoup d’agressivité, il peut parfaitement poser des problèmes à son adversaire et, pourquoi pas, déjouer les pronostics. 
Les Verts de Binga lors de la demi-finale contre l’USC Kita

Cette finale rappelle celle de 2012 entre les Onze Créateurs et l’US Bougouni. Avant cette confrontation, presque tout le monde voyait les Créateurs de Niaréla soulever le prestigieux trophée et inscrire leur nom au palmarès de Dame Coupe pour la première fois de leur histoire. À l’épreuve, la partie s’est révélée plus compliquée pour le favori, l’enjeu a pris le dessus sur le jeu pour les Onze Créateurs qui ont joué la peur au ventre, alors qu’en face, les joueurs de la capitale du Banimonotié sont apparus décontractés.

Au finish, l’US Bougouni s’est imposée 2-1 et est devenue la première formation de division inférieure -et la seule à ce jour- à soulever le trophée de Dame Coupe. 

L’histoire va-t-elle se répéter pour cette 60è édition ? Il faut admettre qu’il est difficile de parier sur Binga FC face au recordman de la compétition, mais après les exploits réalisés contre le Djoliba (19 trophées), l’AS Bakaridjan et l’USC Kita, qui évoluent tous dans l’élite nationale, les Communards ont parfaitement le droit de prétendre à la «belle». En tout cas, si le technicien Modibo Sissoko et ses hommes remportent le trophée, personne ne pourra parler d’incident de parcours.

Souleymane Bobo TOUNKARA 
Dimanche 27 juin au stade Modibo Keïta 
16h30 : Binga FC-Stade malien 
Arbitrage de Harouna Coulibaly, assisté de Modibo Samaké et d’Amadou Guissé

Source: L’Essor