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Deux faits d’armes sont à mettre à l’actif de la transition qui s’apprête à tirer sa révérence cette semaine : la signature des accords de Ouaga et l’organisation des élections présidentielles. D’où un bilan ni figue mi raisin. Rétrospection.

Tels des automates sourds et muets, il y’a en a parmi les ministres de la transition qui n’ont organisé aucune activité, débloqué aucune situation et relever aucun défi majeur. Par contre, nombreux sont les personnalités publiques de cette transition qui ont crevé l’écran. La dualité d’appréciation, semble la voie indiquée pour donner un jugement de valeur par rapport à ce qui peut être le bilan de ce « régime d’exception ». Une transition démocratique, née à la suite du coup d’Etat du 22 mars 2012. Deuxième dans l’histoire démocratique de ce pays pauvre de l’Afrique de l’ouest.

Tous les observateurs sont unanimes sur le fait que contrairement, à celle de 1991, cette transition n’a pas suscité de ferveurs et risque d’être oubliée vite. Par contre, la maturité d’esprit de son chef d’orchestre, le président par intérim Dioncounda Traoré et la vision stratégique de son métronome, Diango Cissoko ont été des facteurs déterminants pour sauver les meubles. Même si la majorité de la masse des Maliens abimée par les nombreuses frasques restent laisser dans les conjonctures et l’expectative.

Pour de nombreux compatriotes, en lieu et place du changement dans la continuité cette transition nous a servi la continuité dans le non changement. Laissés les mains libres durant toute la longue période d’état d’urgence, ces hommes et femmes n’ont pu laisser leur marque sur la pierre nationale. La pierre d’achoppement de cet échec aura été les faveurs octroyées aux putschistes sur un plateau d’argent. Mais aussi, les accords primaires de Ouagadougou paraphés par un stylo tacheté du sang des soldats maliens estropiés et tués à Agueloc.

Il faut donc chercher la gloire du président Dioncounda et ses hommes dans la bonne tenue des scrutins du 28 juillet et du 11 juillet. Même si cette élection a exclut de la liste des centaines de milliers de Maliens, elle a eu le mérite d’être conduit à son terme dans la règle de l’art. Sanctionnée par l’élection d’un président démocratiquement, à la suite d’un taux de participation jamais égalé dans notre pays.

L’autre médaille que les dirigeants de la tradition peuvent exposer est sans doute, la conduite à bon échéant de la feuille de route, dressée par le premier ministre Diango Cissoko.

En outre, demeure le revers de la médaille, notamment les innombrables promotions de proches et fils exécutées durant cette courte période, au détriment des règles de la bonne gouvernance. Que dire des marchés publics offerts sous couverture.

En tout état de cause, même si les services de contrôle ont découvert déjà sur les traces de Cheick Modibo Diarra un trou de plus de plus de 3milliards de FCFA entre le 22 mars 2012 et le 31 décembre 2013, Diango et ses hommes peuvent espérer sur une retraite tranquille. Car les loups ne se dévorent pas entre eux.

Moustapha Diawara

Tjikan du 04 Septembre 2013