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Après de longues semaines de vacances relativement méritées pour certains ministres, l’équipe gouvernementale a repris ses activités depuis le lundi dernier. Cette reprise du travail des hommes de “Pinochet” coïncide actuellement avec les tractations et pourparlers entre les partis politiques gagnants, lors des élections législatives de juillet dernier.

Logiquement donc, dès que le nouveau bureau de l’Assemblée nationale sera installé, il va falloir s’attendre à ce remaniement ministériel. Dès à présent déjà, plusieurs noms circulent dans la capitale et les salons feurtrés, à propos de la succession de l’actuel Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga. Mais d’ores et déjà, compte tenu de la nouvelle donne politique consécutive aux résultats des législatives, beaucoup de ministres sont d’emblée conscients d’avoir perdu leurs postes.

Rappelons que l’ADP, qui a été la grande gagnante de ces élections, tentera de miser sur les postes stratégiques, tant à l’Assemblée nationale que dans le futur gouvernement. C’est dire que cette reprise d’activité ne sera pas de tout repos pour certains ministres qui savent, depuis, que leur place n’est que temporaire, le temps de la mise en place du nouveau bureau de l’Assemblée.

Nonobstant cette situation irréversible, certains ministres partants ne se sentent plus motivés pour mener à bien les affaires courantes. Par contre, d’autres, même s’il sont donnés partants, sont déterminés à faire comme si de rien n’était, espérant ainsi être récompensés par d’autres postes.

L’ADP, qui entend prendre la primature et plusieurs postes ministériels, fera tout pour parvenir à ses fins. En atteste l’intensification actuelle des négociations entre ses membres. Mais ce qui paraît probable, c’est que le Président de la République entend aussi maintenir le consensus qui a toujours prévalu jusqu’ici, et qui a parfaitement réussi.

Il l’a déclaré d’ailleurs, lors de son investiture, le 8 juin dernier, au Centre International de Conférences de Bamako. Aujourd’hui, il est clair qu’ATT veut travailler avec tous, même si le FDR hésite encore à se prononcer.

En effet, selon nos sources, deux camps s’y opposent. Le premier refuse de cautionner tout ralliement à Koulouba en vue d’intégrer le futur gouvernement. Quant à l’autre camp, plus modéré, il entend intégrer le système actuel pour mieux combattre le régime et surtout, pour mieux se positionner en vue de futures batailles de 2012.

Selon nos sources, tous les partis politques qui ont pu obtenir des élus à l’Assemblée doivent prétendre au moins à un poste ministériel. Aussi, certains ministres déjà présents dans le Gouvernement actuel et appartenant à des partis politiques seraient reconduits dans le nouveau Gouvernement. C’est dire que le seul problème pendant consistera à gérer les ministres apolitiques, c’est- à-dire qui n’appartiennent à aucun parti politique.

Aussi, l’ADP qui mise sur une quinzaine de postes ministériels, en plus de la primature, est décidée à aller jusqu’au bout de sa logique, sa condition sine qua non pour soutenir les actions du Président de la République.

Ainsi, chacun tentera de mettre les atouts de son côté pour se maintenir, ou à défaut, faire en sorte que son parti puisse décrocher un portefeuille juteux pouvant “entretenir” son parti, en vue des échéances prochaines qui seront très cruciales. Car, on voit mal la cohésion de l’ADP en 2012, après le retrait définitif de celui qui a réussi à réunir ses partis, en l’occurrence, Amadou Toumani Touré.

Mais d’ici ce remaniement ministériel, les citoyens espèrent que les ministres feront preuve de bon sens, en continuant d’assurer normalement la bonne marche des affaires courantes. Car selon certains citoyens, il ne sert à rien de “dilapider les ressources de son département au motif qu’on doit partir incessamment”. Tout au contraire : c’est au moment de céder la place à d’autres qu’on doit se sentir concerné par la chose publique.

Car, des années ou des siècles après, l’histoire ne retiendra que les faits méritants laissés par un ministre, ou tout autre dirigeant, sur le plan de sa gestion. C’est dire tout simplement que le sens élevé du devoir et du patriotisme doit dominer l’esprit de ces ministres, qu’ils soient entrants ou sortants.

Sadou BOCOUM

29 août 2007.