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Le Président de la République par intérim, le Pr Dioncounda Traoré, fera ses adieux, lors d’un conseil de ministre extraordinaire, au gouvernement de la transition ce lundi 2 septembre 2013. Et l’investiture du président élu, Ibrahim Keita, aura lieu le mercredi 04 septembre 2013 au CICB. Est-ce que ces derniers actes de la transition marquent le début du renouveau tant attendu par les maliens ?

Après dix-huit mois de crises, la reconquête du Nord, l’organisation et la tenue d’élections sur tout le territoire malien reste certainement l’acquis le plus important de la période transitoire. Ces acquis sonne-t-elle l’ère du renouveau au Mali ?Si l’espoir est permis d’y croire, l’immensité des sentiers fait douter plus d’un. En effet, ces crises ont mis à nue l’extrême fragilité de notre pays et de sa démocratie.

Avec des structures politiques défaillantes ; la mal gouvernance et la délinquance financière qui a fini par gangrené toute les composantes de notre société ; la sempiternelle question du Nord ; l’augmentation de la misère sociale ; une écrasante majorité de la population privée de bonne formation et livrée à elle-même pour sa survie quotidienne… ; tout optimisme excessif serait déplacé.

Ces crises traversées démontrent que la démocratie n’est pas un paquet que l’on peut monter en kit. Donc ce serait une illusion de croire qu’avec une baguette magique on pourrait repartir, automatiquement, sur des bonnes bases. Le problème vient des attitudes ancrées. Les maliens ont vécu pendant des décennies avec un système de (mal) gouvernance. Les gens s’inspirent toujours beaucoup du type d’organisation qu’ils ont connu.

Et il serait très difficile de rompre avec ces mauvaises habitudes. La première difficulté consistera, sans nul doute, à créer les institutions et les structures qui serviront de base à un état moderne et démocratique. Dans cette optique, chacun doit jouer convenablement son rôle (Etat, classe politique, société civile…).

Tous les regards sont braqués, maintenant, sur le nouveau président IBK, à qui le peuple à placer toute sa confiance. Il faut que le nouveau président tire les leçons de la période précédente et respecte, dans sa façon de gouverner, la loi et les règles démocratiques ; que l’opposition politique, la société civile et les milieux des affaires fassent de même et permettent – contrairement à ce qui fut le cas pendant ces vingt dernières années – aux institutions et à l’État de fonctionner ; enfin que la communauté internationale apporte un véritable soutien économique et social au nouveau gouvernement, sans lequel toute relance économique, toute stabilité sociale, demeureront impossibles.

Un soutien économique et social qui soit respectueux des options du gouvernement et du peuple malien. En attendant, le peuple malien refuse de se laisser aller au désespoir. Il veut encore y croire, malgré les cruelles déceptions des vingt années passées. Et il restera certainement mobilisé. Maintenant, c’est à ceux qui tiennent le destin du pays entre leurs mains d’être à la hauteur de cette attente.

Madiassa Kaba Diakité

03 Septembre 2013.