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De sources concordantes, un conseil des ministres extraordinaire se tiendra ce lundi 2 septembre au palais présidentiel de Koulouba. Ensuite s’enchaineront les cérémonies de prestation de serment et de passation, le 4 septembre prochain, ainsi que les festivités grandioses, le 19 septembre prochain.

Présidé par le président de République sortant, Dioncounda Traoré, le conseil des ministres extraordinaire de ce jour sera, sans nul doute, le dernier de l’équipe gouvernementale de la transition. Il va être consacré aux remerciements du président de la République sortant, Dioncounda Traoré à l’ensemble des ministres. Ensuite, cette équipe gouvernementale dirigée par Diango Cissoko, composée d’une trentaine de ministres, qui est à l’œuvre depuis le 15 décembre 2012, ayant subi un léger réaménagement le 22 juin dernier, sera remerciée par Dioncounda Traoré. Chacun de ces « chevaliers de la transition », qui se sont mis à la disposition de la patrie, recevra une décoration pour service rendu à la nation malienne. Ceux qui ont déjà été distingués chevalier de l’ordre national, recevront la médaille d’officier de l’ordre national, et la médaille de commandeur de l’ordre national du Mali pour certains. Aussi, plusieurs membres du protocole de la République seront décorés. Il est à noter que cette équipe gouvernementale, on se doit de le dire, s’est surpassée pour respecter la feuille de route de la transition et relever des défis quasi impossibles pour remettre le Mali sur les pieds.

Au cours de cette même journée, un cabinet restreint, dont les membres sont au nombre de cinq personnes, désignées par le nouveau président de la République Ibrahim Boubacar Kéita, sera au palais de Koulouba pour préparer la cérémonie d’investiture et de passation. Selon nos informations reçues, ce cabinet sera composé de l’actuel secrétaire général de la présidence de la République, docteur Ousmane Sy, Ousmane Thiam, conseiller à la primature, Oumar Tatam Ly, ancien directeur de la Bceao-Mali, Cheick Sidi Diarra, diplomate au siège des Nations Unies, Cheick Oumar Diarrah, politologue et conseiller spécial d’IBK. Ce dernier pourrait être le nouveau remplaçant du docteur Ousmane Sy.
Toujours selon les mêmes sources, le président intérimaire, Dioncounda Traoré, se rendra mardi matin à Abidjan pour décorer le président ivoirien, Alassane Ouattara, pour ses efforts, au nom de la Cédéao, dans la résolution de la crise malienne.

Concernant la cérémonie d’investiture devant se tenir le mercredi 4 septembre prochain, IBK, selon ses proches, aurait été clair, il souhaite une cérémonie sobre, simple. D’autant plus que la Constitution du Mali ne mentionne aucune règle établie concernant le déroulement de la cérémonie d’investiture du président. Rappelons que le terme « investiture » désigne donc non seulement la passation de pouvoir entre le président élu et le président sortant, mais aussi l’ensemble des dispositifs traditionnels et protocolaires, civils et militaires, qu’elle induit.

Mercredi 4 septembre, au matin, au cours d’une cérémonie sobre mais solennelle, au Centre international de conférences de Bamako, IBK sera investi troisième président démocratiquement élu de la IIIe République du Mali. Il sera renvoyé à ses fonctions par le président de la Cour suprême, Nouhoum Tapily, après l’audience solennelle de prestation de serment. « Je jure devant Dieu et le peuple malien de préserver en toute fidélité le régime républicain, de respecter et de faire respecter la Constitution et la Loi, de remplir mes fonctions dans l’intérêt supérieur du peuple, de préserver les acquis démocratiques, de garantir l’unité nationale, l’indépendance de la patrie et l’intégrité du territoire national. Je m’engage solennellement et sur l’honneur à mettre tout en œuvre pour la réalisation de l’unité africaine ». Tel sera ce serment.

En début d’après-midi, le tout nouveau gardien de la Constitution de la République, IBK se rendra au palais présidentiel de Koulouba, généralement sans une escorte impressionnante, puis arrive par la cour où il passe en revue un détachement de la Garde républicaine, avant d’être accueilli sur le palier par son prédécesseur, Dioncounda Traoré, devant les médias. Les deux hommes auront ensuite une conversation à huis clos, dans l’un des salons du palais, ce qui devra permettre la passation des pouvoirs entre autres la communication des prérogatives exclusives de la présidence de la République et les grands dossiers en cours. Le nouveau chef de l’État raccompagnera ensuite le président sortant jusqu’à sa voiture où il quitte définitivement le palais présidentiel de Koulouba, avec les honneurs de la Garde républicaine et des accolades et/ou poignées de mains de son successeur.

Auparavant, le mardi soir, le gouvernement aura officiellement démissionné, ainsi que l’Assemblée nationale.

La grande fête du 19 septembre

Pour la cérémonie grandiose qui sera organisée le 19 septembre prochain, une commission d’organisation d’une vingtaine de personnes travaille déjà avec la direction du protocole de la République et une grande agence de communication pour que la fête soit mémorable. Pour ce jeudi exceptionnel, qui sera chômé au Mali pour la circonstance, l’aéroport de Bamako-Sénou sera fermé aux vols particuliers à partir du mercredi 18 septembre au soir. Plus d’une trentaine de chefs d’Etats et de gouvernement sont attendus à Bamako, dont les VIP seront François Hollande et Ban Ki Moon. Au moins une vingtaine de chefs d’Etats arriveront le mercredi soir et passeront la nuit à Bamako, entres autres, Macky Sall du Sénégal, Jacob Zuma d’Afrique du Sud, Paul Kakamé du Rwanda, Ernesto Bai Koroma de la Sierra Leone. Ils en profiteront pour soit rencontrer leurs communautés présentes au Mali, soit saluer leurs troupes déployées au sein de la Minusma. Dans la matinée de mercredi, plusieurs chefs d’Etat arriveront à Bamako : Blaise Compaoré du Burkina Faso, Ali Bongo du Gabon, Mahamadou Issoufou du Niger, Idriss Déby Itno du Tchad, entre autres. Aussi, un mini-sommet des chefs d’Etats de la Cédéao dirigé par Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire pour faire le point des avancées de la situation du Mali, pourrait se tenir à Bamako, dans la matinée du 19 septembre, juste avant le début des festivités qui se dérouleront au stade du 26 mars.

Côté sécurité, les Casques et les bérets bleus de la Minusma se joindront aux policiers, gardes et gendarmes maliens pour sécuriser toutes les entrées de la ville de Bamako, ainsi que les alentours de l’aéroport, des grands hôtels, le stade du 26 mars. Concernant le coût total de cette fête hors du commun, nous n’avons pas reçu d’informations. Mais ce qui est sûr, elle sera fort onéreuse. Quoi qu’il en soit, plus qu’une cérémonie festive d’investiture, c’est le grand retour du Mali sur la scène africaine et internationale qui sera célébré le 19 septembre prochain au stade du 26 mars, et qui sera retransmise en direct par les trois chaines de télévision de la place.

Rokia DIABATE

Le Prétoire du 2 Septembre 2013