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Les grandes réformes entreprises et le soutien des pouvoirs publics à la filière commencent à porter fruits

Le coton a toujours joué un rôle important dans le développement socio-économique des zones rurales et dans la croissance de l’économie nationale. La filière occupe une place centrale dans les stratégies de lutte contre la pauvreté. Jusqu’à une période récente, le pays comptait environ 180 000 exploitations agricoles et 3,6 millions de personnes vivaient directement des revenus tirés de « l’or blanc ». Le coton représentait près de 8% du PIB et contribuait, selon les années, pour environ 30 à 45% aux recettes d’exportation. La culture était aussi un garant de la sécurité alimentaire, car près du tiers de la production céréalière nationale est produit en zones cotonnières.

Le secteur générait près de 4000 emplois permanents et temporaires. Mais depuis des années, la filière cotonnière malienne, à l’instar de celles des autres pays producteurs africains, est confrontée à une crise grave, due principalement à la chute des cours mondiaux de la fibre, à la faiblesse du dollar (la monnaie de transaction), aux subventions accordées par certains pays développées à leur producteurs, et à des difficultés internes.

Sans réformes profondes appropriées, l’ampleur de la crise était telle que la rentabilité socio-économique de cette filière était fortement compromise et nos producteurs risquaient de se laisser dépasser par les réalités du marché mondial. Même si la filière coton a toujours fait l’objet d’une grande sollicitude de la part de l’Etat, ce soutien des pouvoirs publics fut renforcé à partir de 2001 avec la tenue des états généraux du secteur, à l’issue desquels, un programme de réformes de la filière visant à la dynamiser et rendre plus performante a été entrepris par le gouvernement.

Ce programme de réformes est suffisamment avancé avec la mise en œuvre d’une restructuration de la filière marquée par la privatisation de la Compagnie malienne de développement des textiles (MDT) avec la création de 4 filiales, d’un Office de classement du coton et d’une Holding CMDT, ainsi que de la mise en place de l’Union nationale des sociétés coopératives de producteurs de coton et de l’Interprofession du coton (IPC). En somme, le secteur coton est aujourd’hui à la croisée des chemins. C’est dans ce contexte délicat que le comité de pilotage du Projet d’appui à la filière coton textile (PAFICOT) a tenu hier sa 4è session. La rencontre qui s’est déroulée dans la salle de conférence de l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN), était présidée par le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Cheick Sidiya Diaby.

Après l’ouverture officielle, les travaux ont été dirigés par Adama Coulibaly, conseiller technique au département de l’Agriculture. Le responsable du PAFICOT, Zana Sanogo, ses proches collaborateurs et les administrateurs, ont participé à la session. La lettre de politique de soutien au secteur coton donne aujourd’hui des orientations claires nécessaires pour assurer la promotion du secteur. Elle vise, entre autres objectifs, à accroître la contribution de la filière coton à un développement économique durable en valorisant au maximum les ressources des zones cotonnières et à lutter contre la pauvreté en mettant à contribution l’ensemble des acteurs concernés. A ce programme de réformes de la filière, il faut ajouter les efforts fournis par le gouvernement pour améliorer la performance du secteur.

jpg_coton.jpgParmi ces efforts, on peut souligner l’approvisionnement correct en engrais subventionnés à 50%, l’augmentation substantielle du prix d’achat du kilogramme de coton graine aux producteurs qui est passé de 185 Fcfa pour la campagne 2010-2011 à 255 Fcfa pour celle de 2011-2012 et le paiement du prix aux producteurs à bonne date. Ces efforts ont commencé à porter des fruits. Ainsi les quatre dernières campagnes ont enregistré une reprise encourageante de la production de coton graine. Celle-ci est passée de 201 462 tonnes en 2008-2009 à 236 410 tonnes en 2009-2010, et 243 582 tonnes lors de la dernière campagne malgré la mauvaise pluviométrie. Une production de plus de 400 000 tonnes est prévue pour la campagne 2011-2012.

Le projet multinational d’appui à la filière coton textile dans les 4 pays de l’Initiative sectorielle sur le coton (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad) financé par la Banque africaine de développement (BAD) participe de la recherche de l’amélioration de la performance de la filière. Son objectif sectoriel est de contribuer à la réduction de la pauvreté en milieu rural. L’objectif spécifique est de contribuer à la sécurisation et à l’accroissement des revenus des acteurs de la filière par l’amélioration de la productivité de la filière de manière durable.

En 2011, le projet s’est consacré à la mise en œuvre de 8 conventions/protocoles d’accord avec les principaux partenaires, à la réalisation de 30 magasins de stockage et de 20 marchés ruraux pour les producteurs, à la construction de bâtiments servant de laboratoires de recherche et à la réhabilitation d’anciens bâtiments à la station de recherche agronomique de N’Tarla. L’année 2012 sera consacrée principalement à la consolidation des acquis et à la réalisation de 20 magasins et surtout au démarrage des travaux de réhabilitation des pistes rurales dont les études techniques ont déjà été réalisées et le dossier d’appel d’offres est en examen à la BAD.

D’autres activités devraient connaître des avancées significatives : celles des champs-écoles-producteurs, la recherche d’accompagnement, la production de semences améliorées, la formation des producteurs en alphabétisation, en techniques de transformation artisanale du coton, la gestion raisonnée des pesticides, la promotion des systèmes financiers décentralisés. Un budget de 1,75 milliard Fcfa a été approuvé par les administrateurs pour permettre au PAFICOT de mener à bien ses activités.

Mercredi 15 février 2012, par Moriba Coulibaly

Essor


Coton : Le Paficot entend relancer la filière

Le comité national de pilotage du Projet d’appui à la filière coton textile (Paficot) a tenu mardi 14 février sa 4e session ordinaire dans les locaux de l’Office de la Haute vallée du Niger. La session a examiné le budget annuel 2012.

Au cours de cette 4e session, les d travaux ont porté sur le compte rendu des de la 3e session du comité de pilotage, l’état d’exécution des recommandations des travaux de la 2e session du comité de pilotage, le rapport d’activités 2011, l’état d’exécution du budget 2011, le programme de travail et le budget annuel 2012.

M. Cheick Sidiya Diaby a présidé cette 4e session du PAFICOT. Il a fait savoir que le coton a toujours joué un rôle important dans le développement socio-économique des zones rurales et dans la croissance de l’économie du Mali et occupe une place de choix dans les stratégies de lutte contre la pauvreté. « Jusqu’à une époque récente, environ 180 000 exploitations agricoles et 3,6 millions de personnes vivaient directement des revenus de l’or blanc. Il représentait près de 8 % du PIB et contribuait pour environ 30 à 45 % aux recettes totales d’exportation du Mali.

Enfin ce secteur créait près de 4 000 emplois permanents et temporaires au niveau de la seule société cotonnière, qu’est la CMDT. Cependant, depuis quelques années, notre filière cotonnière, comme celles des autres pays producteurs africains, est confrontée à une crise grave due principalement à la chute des cours mondiaux de la fibre, à la faiblesse du dollar, aux subventions aux cotonculteurs des pays producteurs du Nord et à des difficultés internes », a dit M. Diaby.

Le budget 2012 du Paficot se chiffre à 1 454,78 millions de FCFA. L’exercice financier 2012 sera essentiellement consacré au financement des activités de diffusion des bonnes pratiques agricoles, de promotion de la production de semences améliorées, des activités de recherche d’accompagnement, de renforcement de l’accès aux crédit intrants et petits matériels, des mesures d’atténuation environnementale et de suivi environnemental, ainsi que la finition des travaux de construction d’infrastructure agricoles.

« L’année 2012 sera consacrée principalement à la consolidation des acquis et à la réalisation physique de 20 magasins supplémentaires et surtout au démarrage des travaux de réhabilitation de pistes rurales », a ajouté M. Diaby. Le projet vise à réduire la pauvreté en milieu rural.

Hawa K. Berthé

(stagiaire)

15 Février 2012