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Ils sont séparés par le temps et différents par la race et l’origine. Mais ce qui pourrait les unir ou les rapprocher, ce sont les domaines que chacun d’entre eux a choisis pour devenir célèbre ou populaire.

Artiste, sportif, acteur de cinéma, politicien, homme d’affaires… Chacun d’entre eux s’est distingué dans son domaine. Certains d’entre eux sont décédés depuis. Mais les empreintes de leurs actions sont toujours restées visibles.


L’immigrée bulgare

Le 24 Décembre 1952, par un matin pluvieux, elle débarque dans la Capitale française à l’âge de 7 ans, en compagnie de son frère et de ses parents bulgares. Pendant quatre ans, elle loge chez sa mère, à l’Hôtel d’Angleterre.

A 19 ans, elle fait la connaissance d’un certain Jean-Philippe Smet, qui deviendra plus tard… Johnny Halliday. Les deux amoureux se marient dans une bourgade du Val d’Oise et mettent au monde un enfant : David Halliday. Mais en 1984, ils se séparent, après… vingt ans de mariage. Depuis lors, la femme divorcée vit entre la France et les Etats Unis.

Elle est ainsi la première artiste à introduire le système de show en France, c’est-à-dire le spectacle combiné avec la danse. A 62 ans révolus, elle continue encore de produire et de se produire. En Avril 2004, elle édite un ouvrage littéraire chez BERKELEY : “Entre Ombre et Lumière“. La même année et au même mois, elle produit un nouvel album dont le titre portait …son propre prénom.

Ceux qui ne se souviennent pas de son nom se rappellent peut-être son fameux tube qui a contribué à la rendre désormais célèbre et à la révéler au monde entier. En effet, qui ne se souvient pas de cette chanson si populaire de Sylvie Vartan : “Ce soir, je serai la plus belle pour aller danser…“ ?


La coqueluche guinéenne

Lors d’un match contre la Mauritanie, il a marqué… 7 buts, à lui seul ! En 1976, il atteint le summum de sa popularité. Et c’est la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) d’Addis Abeba (en Ethiopie) qui consacre son apothéose : il est sacré meilleur buteur du tournoi, avec 4 réalisations.

Lors de cet évènement sportif, son pays, la Guinée, brillera de mille feux. Et son équipe, le Hafia Football Club (Hafia FC), sera classée au hit parade des formations sportives vedettes de l’Afrique. Pourtant, cette année-là, son équipe ne remportera pas la Coupe tant espérée, hélas. Néanmoins, c’est finalement avec cette même équipe que notre joueur émérite inscrira les plus belles pages de son histoire footballistique.

De lui, on gardera l’image d’un homme qui n’aura pas été grisé par le succès et la gloire. En effet, il était un homme simple et modeste, à la limite, très effacé. Après sa retraite sportive, il sera malheureusement terrassé par un arrêt cardiaque, le 11 Avril 2004, à l’âge de 52 ans, laissant ainsi une veuve et 7 enfants.

Aujourd’hui, rares sont les férus du ballon rond -même parmi ses fans les plus fidèles ou mordus- qui connaissent son vrai nom à l’état civil : Alioune Keïta. Pourtant, tout le monde se souvient de …Njo Léa.

Plus que l’Oncle Sam

Qui parle de l’Oncle Sam fait automatiquement allusion au Nouveau Monde, c’est-à-dire les Etats Unis d’Amérique, tant cet “Oncle” a oeuvré pour son pays. Mais pas plus que celui qui fut le premier Président et Père de l’indépendance des Etats Unis.

Ce dernier combattit les insurrections et délivra son pays du joug britannique. Il fut le premier à initier le système fédéral qui a consisté à doter chacun des Etats du pays (53, aujourd’hui) d’une autonomie politique, économique et sociale, tout en instituant un Gouverneur dans chaque Etat, qui a rang et pouvoir de Chef d’Etat dans son territoire. De là sont peut-être nées l’union et la puissance des Etats Unis.

C’est ce même précurseur qui créera, entre autres structures et institutions, la Constitution, l’Exécutif, la Justice, les Finances, l’Armée et la politique extérieure. Il est élu Président de la République le 30 Avril 1789 : comme par un fait du hasard, c’est l’année de la prise de la Bastille, par les révolutionnaires, en France.

Les Américains le maintiendront à son poste de Chef d’Etat en 1793. Hélas, quatre ans après, soit en 1797, il s’éteindra, mais non sans avoir légué son nom à la Capitale des Etats Unis d’Amérique : Washington. C’est que Georges Washington a été, pour les Etats Unis, ce que Napoléon Bonaparte fut pour la France.


Des yeux trop grands

Il a goûté à “toutes les sauces”, pourrait-on dire : acteur de cinéma, animateur de télévision, chanteur, comédien, député, ministre, homme d’affaires… Mais il est ingénieur de formation.

Il a passé une bonne partie de sa jeunesse à chanter pour pouvoir financer ses études. Mais c’est sous le label de son propre nom de famille (avec pourtant un Y à la fin du nom, pour faire nuance ou pour tromper) que ses tubes ont enregistré du succès. Par ailleurs, il a été président de l’équipe de l’Olympique de Marseille (OM). Et en 1993, il est reçu à l’Elysée, grâce à la Coupe ravie par son équipe.

Sous le gouvernement du Premier ministre (1992-93) Pierre Bérégovoy, il est nommé ministre …des Villes. Mais il démisssionne, pour réintégrer le gouvernement… deux cent quarantes jours après, soit après 8 mois d’absence. Il participe au Tour de France (course automobile), ainsi qu’à des films à sensation.

Il sera surtout impliqué dans de gros scandales à répétitions. Aussi n’est-il pas étranger, dit-on, à l’agonie du Crédit Lyonnais. Il possèderait une immense fortune et serait mêlé à des affaires aussi brumeuses que fumeuses.

Dans l’affaire dite FOCEA, il aurait détourné plus de 100 millions d’euros et écopera de 18 mois de prison avec sursis. Dans l’affaire de l’OM, il en prend pour 8 mois de peine carcérale, après avoir encore “escamoté“ 200 000 euros. Du coup, il est interdit de football, de politique…, bref, de toute activité de gestion. Et ses comptes bancaires, et ses biens sont tous saisis.

Mais il se s’en laisse pas compter et refuse toujours de rester au tapis : il se convertit derechef… en acteur de cinéma. Il joue ainsi dans de grands films, dont “Un avocat d’affaire”, un film de Lelouch qui lui convient à merveille. Ensuite, il tourne dans “Vol au dessus d’un nid de coucou”, un film tiré de l’oeuvre littéraire du célèbre défunt aviateur, Antoine De Saint Exupéry.


Il publie également des ouvrages, tels que “Des yeux trop grands”.
Effectivement, Bernard Tapi voyait trop grand et trop loin, “plus loin que ce que ses yeux pouvaient voir”, disait de lui un de ses fidèles amis.


Oumar DIAWARA

17 Juillet 2008