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Si rien n’est fait d’urgence pour sensibiliser les populations des 6 Communes du District de Bamako et des 27 districts sanitaires à risque de fièvre jaune, les objectifs de cette campagne de vaccination lancée le samedi 12 Avril 2008 par le ministre de la Santé, dans la Commune du Guénéka, à Fana, ne seront pas atteints, et pour causes.

Les 5,785 millions de personnes qui doivent être vaccinées, du 12 au 18 de ce mois, ne le seront pas toutes, car beaucoup de femmes refusent de se faire vacciner, arguant qu’on est en train… de les planifier à leur insu.
A les en croire, ce vaccin n’est pas fait contre la fièvre jaune, mais c’est un…contraceptif injectable.

Pourtant, les femmes ne sont pas les seules concernées dans cette campagne de vaccination : les hommes, et même les enfants de 9 mois, sont aussi concernés, excepté les femmes enceintes, les personnes grièvement malades ou allergiques au jaune d’oeuf.

Aussi, face à cette situation, il vaut mieux fournir de plus amples informations à ces femmes qui ne veulent rien comprendre, et leur expliquer que cette vaccination rentre dans le cadre de la promotion de leur santé et de celle de leurs maris et enfants.

Rappelons que dans le temps, notre pays a connu plusieurs épidémies de fièvre jaune, suite à l’arrêt, depuis 1960, des vaccinations de masse. D’où l’organisation de cette campagne de vaccination d’une semaine contre la fièvre jaune.

Mais certaines femmes en milieu rural et urbain sont en train de décourager leurs soeurs qui veulent se faire vacciner, en leur mentant que ce vaccin n’est pas pour prévenir une maladie, mais pour limiter leurs naissances. Il faut don que ces femmes qui réfutent cette vaccination sachent deux choses.

Primo, la planification familiale se fait avec l’accord de la femme et de son mari.
Et secundo, cette vaccination n’est pas forcément une obligation, mais une bonne et sûre prévention.
D’autre part, il faut qu’elles sachent que l’organisation de cette campagne de vaccination contre la fièvre jaune vise surtout l’amélioration et le renforcement de la surveillance épidémiologique de cette maladie.

Qu’elles sachent aussi que pour cette campagne, le gouvernement du Mali, à travers le ministère de la Santé, a injecté d’importantes sommes -plus de 229 millions de FCFA-, sans parler de la contribution des partenaires comme l’OMS qui y a investi à hauteur de 157 à 288 millions.

Il faut que les femmes sachent aussi que se faire vacciner, c’est faire diminuer les dépenses de santé des ménages, quand on sait que selon l’Enquête Démographique de Santé (EDS IV), les dépenses totales moyennes en santé, pour les ménages, s’élèvent à 15 249 FCFA par ménage. Cette dépense moyenne s’établit à 12.977 FCFA pour un malade, pour le premier et le deuxième recours.

Quoi qu’il en soit, les femmes ont intérêt à se faire vacciner : il y va de leur propre santé et du bien-être de leurs familles. Avec la cherté de la vie, où bon nombre de chefs de famille fuient leurs responsabilités.
Aussi, quelle est l’importance de faire beaucoup d’enfants si l’on n’a pas les moyens de les prendre en charge? Alors, que les femmes aillent se faire vacciner.

Et pour leur information, si personne ne veut les empêcher de faire des enfants, ce vaccin est administré non seulement pour protéger leurs futures grossesses, mais surtout contre les injections de la fièvre jaune qui a fait tant de victimes au cours des années précédentes.

Mariétou KONATE

16 avril 2008.