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Cette année, la campagne pour l’élection présidentielle tombe en plein dans le mois de ramadan. Les partis politiques ne vont donc pas chômer durant le mois sacré des musulmans. Sûr que les campagnes s’inviteront dans les mosquées et les prêches.

Si autrefois lors des élections présidentielle, législatives et communales, les partis politiques organisaient des meetings sur fond de musique, offraient à boire et à manger aux militants, cette année, en raison du mois de ramadan qui a débuté hier, la présidentielle du 28 juillet sera fortement influencée.

Le mois de ramadan qui se traduit généralement dans notre pays par un regain de piété se traduisant par la multiplication des prêches, la fréquentation assidue des mosquées et une volonté de se surpasser dans les œuvres pieuses et les actions de grâce aura certainement une influence sur la coutume de campagne de nos politiciens.

Pour certains d’entre eux, comme Housseini A. Guindo de la Codem, les lieux propices à la campagne cette année c’est les mosquées, les lieux de prêches et les champs (l’hivernage aussi s’est invité à la danse). Au cours de son lancement, le conseil qu’il a donné à ses militants et sympathisants c’est de se rendre dans les lieux les plus fréquenté par la majorité musulmane afin de récolter leurs suffrages le jour du scrutin.

« D’ordinaire, le mois saint n’est pas propice à l’activité politique, bien que les lieux de culte doivent rester à l’écart des campagnes et des débats politiques, nous pensons que nous irons vers nos compatriotes, car nous ne promettons rien que nous ne pussions tenir« , ajoutera-t-il.

La presse et Internet

Pour d’autres, il faut batailler pour dénicher des espaces de meeting qui restent ouverts la nuit et ensuite pour réunir un maximum de leurs militants. Une autre porte à frapper : celle de la télévision. Pendant le mois saint, celle-ci enregistre ses plus forts taux d’audience, notamment entre la rupture du jeûne et 22 h.

« Il faudrait dans ce cas se faire programmer entre deux feuilletons, ou bien se faire inviter le plus de fois possible au journal télévisé. En tout cas, il est hors de question de se retirer de la scène et de laisser le champ libre à ceux que le calendrier de l’Hégire favorise, du moins sur le papier« , explique Madou Traoré de la MPR.

Il y a aussi la presse écrite et Internet, qui reste pour beaucoup un passe-temps. Les journées ramadanesques sont longues à passer, c’est pourquoi beaucoup de Maliens achètent ou lisent régulièrement plus d’un journal et surfent sur Internet. Multiplier donc les interviews, les scoops, les annonces chocs, voire même les provocations peut être très prometteur pour les candidats.

L’essentiel étant de se faire connaître un peu plus et de gagner quelques sympathisants, tout en sachant néanmoins que les partis rivaux opteront pour la même tactique et ne renonceront pas facilement aux aubaines journalistiques et aux réseaux sociaux comme Facebook, Twitter, Skype, etc.

C’est la première fois dans l’histoire de notre pays, que le ramadan survienne en plein campagne électorale.

Sory I. Konaté

(stagiaire)

Les Échos du 11 Juillet 2013